XXXIV SOURCES, ORIGINES
giorn. 1 1, nov. 2. Depuis, les nouvelliers italiens ont imité à l'envi la Nouvelle française. Voy. Notti de Straparolla, notte II, nov. 11 ; Malespini, Ducento Novelle, nov. 53; Bandello, Novelle, etc. Mais il est probable que le conteur des Cent Nouvelles tiouvelles avait en vue, dans son récit, un fait véritable qui s'était passé à la cour de France, et que Brantôme rapporte, en ces termes, dans ses Dames galantes (dise. I") :
(( Louis, duc d'Orléans, tué à la porte Barbette, à Paris, fut bien, au contraire, grand desbaucheur des dames de la cour, et toujours des plus grandes. Car, ayant avec luy couchée une fort belle et grande dame, ainsy que son mary vint en sa chambre pour luy donner le bonjour, il alla couvrir la teste de sa dame, femme de l'autre, du linceul, et luy descouvrit tout le corps, luy faisant voir tout nud et toucher à son bel aise, avec défense expresse, sur la vie, de n'oster le linge du visage ni le descouvrir aucunement, à quoi il n'osa contrevenir. Luy demandant par plusieurs fois ce qui luy sembloit de ce beau corps tout nud, l'autre en demeura tout esperdu et grandement satisfait...
« Et le bon fut de ce mary, qu'estant la nuict d'emprès couché avec sa femme, il luy dit que monseigneur d'Orléans luy avoit fait voir la plus belle femme nue, qu'il vit jamais; mais, quant au visage, qu'il n'en sçavoit que rapporter.