LX MANUSCRITS
ont été faites, en général, avec beaucoup de goût, sous l'œil des habiles réviseurs qu'Antoine Vérard employait d'ordinaire pour préparer ses éditions. De là des changements de phrase et de mots, de là un petit nombre de coupures, qui étaient alors nécessaires, sinon indispensables, car on ne saurait perdre de vue que les belles éditions de Vérard ont été faites spécialement pour les dames et les seigneurs de la cour de France.
M. Thomas Wright ne s'est pas arrêté à la date erronée qui figure au bas de la dédicace du manuscrit de Gaignat : De Dijon, l'an M. iiii^ XXXII ; il n'a pas cherché à la rectifier ni à l'expliquer. Nous eussions voulu la rattacher à un séjour de VActeur, Antoine de La Sale, dans la ville de Dijon, où le recueil des Cent Nouvelles nouvelles aurait été composé, non pas en 1482, mais en 1472 (m. iiii*= lxxii), pour être offert au duc Charles de Bourgogne. La fausse date n'est donc qu'une faute du copiste, qui en a fait bien d'autres, en transcrivant le manuscrit d'après un original aujourd'hui perdu ou égaré.
Les Cent Nouvelles nouvelles ont été réimprimées quinze ou seize fois depuis la première édition avec date, celle de i486. Voici le détail de ces éditions, jusqu'à celle que nous donnons aujourd'hui.