DES
'ensuit la table de ce présent livre des Cent nouvelles nouvelles, lequel en soy con- 1^1 tient Cent chapitres ou hystoires ou pour mieulx dire nouveaux comptes à plaisance.
La Première nouvelle traicte d'ung qui trouva façon de jouyr de la femme de son voisin, lequel il avoit envoyé dehors pour plus aiséement en jouyr; et luy, retourné de son voyaige, le trouva qui se baignoit avec sa femme. Et non saichant que ce fust elle, la voulut veoir ; et permis luy fut de seulement en veoir le derrière : et alors jugea que ce luy sembla sa femme, mais croire ne l'osa. Et sur ce, se partit et vint trouver sa femme à son hostel, qu'on avoit boutée hors par une poterne de derrière, et luy compta l'imaginacion qu'il avoit eue sur elle, dont il se repentoit.
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La Seconde nouvelle traicte d'une jeune fille qui avoit le mal de broches, laquelle creva, à ung cordelier qui la vouloii mediciner, ung seul bon oeil qu'il avoit; et aussi du procès qui s'ensuyvit puis après.
La Troisiesme nouvelle , de la tromperie que fist ung chevalier à la femme de son musnier, à laquelle bailloit à entendre que son c. luy cherroit s'il n'estoit recoigné; et ainsi par plusieurs fois le luy recoigna. Et le musnier, de ce adverty, pescha puis après dedans le corps de la femme dudit chevalier ung dyamant qu'elle avoit perdu en soy baignant ; et pescha si bien et si avant qu'il le trouva, comme bien sceut depuis ledit chevalier, lequel appela le musnier pescheur de dyamans, et le musnier luy respondit en l'appellant recoigneur de c...
La Qçàtriesme nouvelle , d'ung archier Escossois qui fut amoureux d'une belle et gente damoiselle, femme d'un eschoppier, laquelle, par le commandement de sonmary, assigna jour audit Escossois, et, de fait, garny de sa grande espée, y comparut et besoigna tant qu'il voulut, présent ledit eschoppier, quide paour s'estoit caiché en la ruelle de son lit, ei tout povoit veoiret ouyr plainement ; et la complainte que fist après la femme à son mary.
La Cinquiesme nouvelle racompte de deux jugemens de Monseigneur Thalebot, c'est assavoir d'ung François qui fut prins par ung Anglois soubz son sauf-conduit, disant que esguillettes estoient habillemens de guerre; et ainsi le fist armer de ses esguillettes sans aultre chose, encontre le François, lequel d'une espée le frappoit, présent Thalebot; et l'aultre, qui l'Eglise avoit robée, auquel il fist jurer de jamais plus en l'Eglise entrer.
La SixiESME nouvelle, d'ung yvroingne qui, par force, au prieur des Augustins de La Haye en Hollande se voulut confesser; et après sa confession, disant qu'il es-
toit en bon estât, voulut mourir. Et cuida avoir la teste trenchée et estre mort, et par ses compaignons fut emporté, lesquelz disoient qu'ilz le portoient en terre.
La Septiesme nouvelle, d'ung orfèvre de Paris qui fist couchier un charreton, lequel luy avoit amené du charbon, avec luy et sa femme; et comment ledit charreton par derrière se jouoit avecques elle, dont l'orfèvre s'apperceut et trouva ce que estoit ; et des parolies qu'il dist au charreton.
La HuiTiESME nouvelle parle d'ung compaignon picart, demourant à Brucelles, lequel engrossa la fille de son maistre ; et, à ceste cause, print congié de haulte heure et vint en Picardie soy marier. Et tost après son partement, la mère de la fille s'apperceut de l'encoleure de sadicte fille, laquelle, à quelque meschief que ce feust, confessa à sa mère le cas tel qu'il estoit; et sa mère la renvoya devers ledit compaignon pour luy deffaire ce qu'il lui avoit fait. Et du refîuz que la nouvelle mariée fist audit compaignon, et du compte qu'elle luy compta; à l'occasion duquel d'elle se départit incontinent et retourna à sa première amoureuse, laquelle il espousa.
La Neufviesme nouvelle racompte et parle d'ung chevalier de Bourgoigne, lequel estoit tant amoureux d'une des chamberieres de sa femme, que c'estoit merveille ; et cuidant couchier avec ladicte chamberiere, coucha avec sa femme, laquelle s'estoit couchée au lit de sadicte chamberiere. Et aussi comment il fist ung aultre chevalier son voisin, par son ordonnance, couchier avec sadicte femme, cuidant véritablement que ce fust la chamberiere, de laquelle chose il fut depuis bien mal content, ja soit que la dame n'en sceust oncques riens, et ne cuidoit avoir eu que son mary, comme je croy.
La Dixiesme nouvelle , d'ung chevalier d'Angleterre ,
lequel, depuis qu'il fut marié, voulut que son mignon, comme par avant son mariaige faisoit, de belles filles luy fist finance; laquelle chose il ne voulut faire, car il pensoit qu'il luy souffisoit bien d'avoir une femme; mais ledit chevalier à son premier train le ramena, par le faire tousjours servir de pastez d'anguilles, au disner et au soupper.
La Onziesme nouvelle, d'ung paillart jaloux qui, après plusieurs offrandes faictes à plusieurs sainctz, pour le remède de sa maladie de jalousie, lequel offrit une chandelle au dyable qu'on paint communément dessoubzsainct Michel ; et du songe qu'il songea, et de ce qu'il luy advint à son reveillier.
La Douziesme nouvelle parle d'ung Hollandois qui, nuyt et jour, à toute heure, ne cessoit d'assaillir sa femme au jeu d'amours; et comment d'adventure il la rua par terre, en passant par ung bois, soubz ung grant arbre sur lequel estoit ung laboureur qui avoit perdu son veau. Et, en faisant inventoire des beaux membres de sa femme, dist qu'il veoit tant de belles choses et quasi tout le monde; à qui le laboureur demanda s'il veoit pas son veau qu'il cherchoit, duquel il disoit qu'il luy sembloit en veoir la queue.
LaTreiziesme nouvelle, comment le clerc d'un procureur
d'Angleterre deceut son maistre pour luy faire accroire qu'il n'avoit nulz collions, et, à ceste cause, il eut le gouvernement de sa maistresse aux champs et à la ville, et se donnèrent bon temps.
La Quatorziesme nouvelle, de l'hermite qui deceut la fille d'une pauvre femme, et luy faisoit acroire que sa fille auroit ung fils de luy, qui seroit pape ; et adonc, quant vint à l'enfanter, ce fut une fille ; et ainsi fut l'embusche du faulx hermite descouverte, qui à cestecause s'enfouyt du pays.
La QyiNZiESME nouvelle, d'une nonnain que ungmoyne cuidoit tromper, lequel en sa compaignie amena son compaignon, qui devoit bailler à taster à elle son instrument, comme le marchié le portoit, et comme le moyne mist son compaignon en son lieu, et de la response que elle fist.
La Seiziesme nouvelle, d'ung chevalier de Picardie, lequel en Prusse s'en alla ; et tandis ma dame sa femme d'ung autre s'accointa ; et, à l'heure que son mary retourna, elle estoit couchée avec son amy, lequel, par une gracieuse subtilité, elle le bouta hors de sa chambre, sans ce que son mary le chevalier s'en donnast garde.
La Dix et septiesme nouvelle, par Monseigneur, d'ung président de parlement qui devint amoureux de sa chamberiere, laquelle, à force, en buletant la farine, cuida violer, mais, par beau parler, de luy se desarma et luy fist affubler le buleteau de quoy elle tamissoit, puis alla quérir sa maistresse qui en cet estât son mary et seigneur trouva, comme cy après vous orrez.
La Dix et huitiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de la Roche, d'ung gentil homme de Bourgoigne, lequel trouva façon, moyennant dix escuz qu'il fist bailler à la chamberiere, de coucher avecques elle; mais, avant qu'il voulsist partir de sa chambre, il eut ses dix escuz et se fist porter sur les espaulles de ladicte chamberiere par la chambre de l'oste. Et, en passant par ladicte chambre, il fist ung sonnet tout de fait advisé, qui tout leur fait encusa, comme vous pourrez ouyr en la nouvelle cy dessoubz.
La Dix neuvième nouvelle, par Phelippes Vignieu, d'ung marchant d'Angleterre, duquel la femme, en son absence, fist ung enfant, et disoit qu'il estoit sien ; et comment il s'en despescha gracieusement : comme elle luy
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avoit baillé à croire qu'il esioit venu de neige, aussi pareillement au soleil comme la neige s'estoit fondu.
La ViNGTiESME nouvelle, par Phelippe de Laon, d'ung lourdault Champenois^ lequel, quant il se maria, n'avoit encores jamais monté sur beste crestienne, dont sa femme se tenoit bien de rire. Et de l'expédient que la mère d'elle trouva ; et du soubdain pleur dudit lourdault, à une feste et assemblée qui se fist depuis après qu'on luy eust monstre l'amoureux mestier, comme vous pourrez ouyr plus à plain, cy après.
La Vingt et uniesme nouvelle, racomptée par Phelippe de Laon, d'une abbesse qui fut malade par faulie de faire cela que vous sçavez, ce qu'elle ne voulait faire, doubtant de ses nonnains estre reprouchée; et toutes luy accordèrent de faire comme elles ; et ainsi s'en firent toutes donner largement.
La Vingt et deuxiesme nouvelle, racomptée d'ung gentil homme qui engrossa une jeune fille, et puis en une armée s'en alla. Et avant son retour, elle d'ung autre s'accointa , auquel son enfant elle donna. Et le gentil homme, de la guerre retourné, son enfant demanda; et elle luy pria que à son nouvel amy le laissast, promettant que le premier qu'elle feroit, sans faulte, luy donneroit, comme cy dessoubzvous sera recordé.
La Vingt et troisiesme nouvelle^ d'ung clerc de qui sa maistresse fut amoureuse, laquelle à bon escient s'y accorda, pour tant qu'elle avoit passé la raye que ledit clerc luy avoit faicte ; ce voyant, son petit fîlz dist à son père, quant il fut venu, qu'il ne passast point la raye, car, s'il la passoit, le clerc luy feroit comme il avoit fait à sa mère.
La Vingt et quatriesme nouvelle , dicte et racomptée
par Monseigneur de Fiennes, d'ung conte qui une trèsbelle jeune et gente fille, l'une de ses subjectes, cuida décevoir par force ; et comment elle s'en eschappa par le moyen de ses houseaux : mais depuis l'en prisa tresfort, et l'aida à marier, comme il vous sera declairé cy après.
La Vingt et cinquiesme nouvelle, racomptée et dicte par Monseigneur de Saint Yon, de celle qui de force se plaignit d'ung compaignon, lequel elle avoit mesmes adrecié à trouver ce qu'il queroit ; et du jugement qui en fut fait.
La Vingt et sixiesme nouvelle, racomptée et mise en terme par Monseigneur de Foquessoles, des amours d'ung gentil homme et d'une damoiselle, laquelle esprouva la loyaulté du gentil homme par une merveilleuse et gente façon, et coucha troys nuytz avec luy, sans aucunement scavoir que ce feust elle, mais pour homme la tenoit, ainsy comme plus à plain pourrez ouyr cy après.
La Vingt et septiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de Beauvoir, des amours d'ung grant seigneur de ce royaulme, et d'une gente damoiselle mariée, laquelle, affin de bailler lieu à son serviteur^ fist son mary bouter en ung bahu par le moyen de ses chamberieres, et leans le lîst tenir toute la nuyt, tandis qu'avec son serviteur passoit le temps ; et des gaigeures qui furent faictes entre elle et sondit mary, comme il vous sera recordé cy après.
La Vingt et huitiesme nouvelle, dicte et racomptée par Messire Michault de Changy, de la journée assignée à ung grand prince de ce royaulme par une damoiselle servante de chambre de la royne ; et du petit exploit d'armes que fist ledit prince, et des faintises que ladicte damoiselle disoit à la royne de sa levriere, laquelle estoit tout à propos enfermée dehors de la chambre de ladicte royne, comme orrez cy après.
La Vingt et neufviesme nouvelle^ racomptée par Monseigneur, d'ung gentil homme qui dés la première nuyt qu'il se maria et après qu'il eut heurté ung coup à sa femme, elle luy rendit ung enfant; et de la manière qu'il en tint, et des parolles qu'il en dist à ses compaignons qui lui apportoient le chaudeau. comme vous orrez cy après.
La Trentiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de Beauvoir, François, de trois marchans de Savoye alans en pellerinage à sainct Anthoine, en Viennois, qui furent trompez et deceuz par trois cordeliers , lesquelz couchèrent avec leurs femmes, combien qu'elles cuidoient estre avecques leurs mariz ; et comment, par le rapport qu'elles firent, leurs marys le sceurent, et de la manière qu'ilz en tindrent, comme vous orrez cy après.
La Trente et iwiesme nouvelle, mise en avant par Monseigneur, de l'escuier qui trouva la mulette de son compaignon, et monta dessus, laquelle le mena à l'huis de la dame de son maistre ; et fist tant l'escuier, qu'il coucha leans où son compaignon le vint trouver ; et pareillement des parolles qui furent entre eulx, comme plus à plain vous sera declairé cy dessoubz.
La Trente et deuxiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de Villiers, des cordeliers d'Ostellerie en Castelongne, qui prindrent le disme des femmes de la ville ; et comment il fut sceu, et quelle punicion par le seigneur et ses subjetz en fut faicte, comme vous orrez cy après.
La Trente et troisiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur, d'ung gentil seigneur qui fut amoureux d'une damoiselle, dont se donna garde ung aultre grant seigneur qui luy dist; et l'aultre tousjours plus luy celoit et en estoit tout affolé ; et de l'entretenement depuis d'eulzdeux envers elle, comme vous pourrez ouyr cy après.
La Trente et quatriesme nouvelle, racomptée par Mon-
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seigneur de la Roche, d'une femme mariée qui assigna journée à deux compaignons, lesquelz vindrent et besoingaerent ; et le mary tantost après survint; et des paroUes qui après en furent et de la manière qu'ilz tindrent, comme vous orrez cy après.
La Trente et cinquiesme nouvelle, par Monseigneur de Villiers, d'ung chevalier duquel son amoureuse se maria, tandis qu'il fut en voyaige ; et, à son retour, d'aventure la trouva en mesnage, laquelle, pour couchier avec son amant, mist en son lieu couchier avec son mary une jeune damoiselle sa chamberiere ; et des parolles d'entre le mary et le chevalier voyaigeur, comme plus à plain vous sera recordé cy après.
La Trente et sixiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de la Roche, d'ung escuier qui vit sa maistresse, dont il estoit moult féru, entre deux aultres gentilz hommes, et ne se donnoit garde qu'elle tenoit chascun d'eulx en ses laz; et ung aultre chevalier, qui sçavoit son cas, le luy bailla à entendre, comme vous orrez cy après.
La Trente et septiesme nouvelle, par Monseigneur de la Roche, d'ung jaloux qui enregistroit toutes les façons qu'il povoit ouyr ne sçavoir, dont les femmes ont deceu leurs marys le temps passé; mais, à la fin, il fut trompé par l'orde eaue que l'amant de sadicte femme getta par une fenestre sur elle, en venant de la messe, comme vous orrez cy après.
La Trente et huitiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur le Seneschal de Guyenne , d'ung bourgois de Tours qui acheta une lamproye qu'à sa femme envoya pour appointer, affin de festoier son curé, et ladicie femme l'envoya à ung cordelier son amy; et comment elle fist coucher sa voisine avec son mary, qui fut bastue, Dieu sçait comment, et de ce qu'elle fist accroire à sondit mary, comme vous orrez cy dessoubz.
La Trente et neufviesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de Saint Pol, du chevalier qui, en attendant sa dame, besoigna trois fois avec la chamberiere qu'elle avoit envoyée pour entretenir ledit chevalier, affin que trop ne luy ennuyast; et depuis besoigna trois fois avec la dame, et comment le mary sceut tout par la chamberiere, comme vous orrez.
La Quarantiesme nouvelle, par Messire Michault de Changy, d'ung Jacopin qui abandonna sa dame par amour, une bouchiere, pour une aultre plus belle et plus jeune, et comment ladicte bouchiere cuida entrer en sa maison par la cheminée.
La Quarante et uniesme nouvelle, par Monseigneur de la Roche, d'ung chevalier qui faisoit vestir à sa femme ung haubregon quant il luy vouloit faire ce que sçavez, ou compter les dens , et du clerc qui luy apprint aultre manière de faire, dont elle fut à peu prés par sa bouche mesmes encusée à son mary, se n'eust esté la glose qu'elle controuva subitement.
La Quarante et deuxiesme nouvelle, par Meriadech, d'ung clerc de villaige qui, estant à Romme, cuidant que sa femme fust morte, devint prestre et impetra la cure dt sa ville; et quant il vint à sa cure, la première personne qu'il rencontra, ce fut sa femme.
La Quarante et troisiesme nouvelle, par Monseigneur de Tiennes, d'ung laboureur qui trouva ung homme sur sa femme, et laissa à le tuer, pour gaingner une somme de blé ; et fut la femme cause du traictié, affin que l'aultre parfist ce qu'il avoit commencé.
La Quarante et quatriesme nouvelle , par Monseigneur de la Roche, d'ung curé de villaige qui trouva façon de marier une fille dont il estoit amoureux, laquelle luy avoit promis, quant elle seroit mariée, de faire
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ce qu'il vouldroit; laquelle chose le jour de ses nopces il luy ramenteust; ce que le mary d'elle ouyt tout à plain, à quoy il mist provision, comme vous orrez.
La Quarante et cinquiesme nouvelle, par Monseigneur de la Roche, d'ung jeune Escossois qui se maintint en habillement de femme l'espace de quatorze ans, et par ce moyen couchoit avec filles et femmes mariées, dont il fut puny en la fin, comme vous orrez cy après.
La Quarante et sixiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de Thienges, d'ung Jacopin et de la nonnain qui s'estoient boutez en un preau pour faire armes à plaisance dessoubz ung poirier où s'estoit caiché ung qui sçavoit leur fait, tout à propos, qui leur rompit leur fait pour ceste heure, comme plus à plain vous orrez cy après.
La Quarante et septiesme nouvelle, par Monseigneur de la Roche, d'ung président qui, saichant la deshonneste vie de sa femme, la fist noyer par sa muUe, laquelle il fist tenir de boire par l'espace de huit jours; et pendant ce temps luy faisoit bailler du sel à mengier, comme il vous sera recordé plus à plain.
La Quarante et huitiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de la Roche, de celle qui ne vouloit souifrir qu'on la baisast, mais bien vouloit qu'on lui rembourrast son bas, et abandonnoit tous ses membres, fors la bouche, et de la raison qu'elle y mettoit.
La Quarante et neufviesme nouvelle, racomptée par
Pierre David, de celuy qui vit sa femme avec ung homme auquel elle donnoit tout son corps entièrement, excepté son derrière, qu'elle laissoit à son mary, lequel la fist habiller ung jour, presens ses amys, d'une robbe de bureau, et fit mettre sur son derrière une belle pièce d'escarlate ; et ainsi la laissa devant tous ses amys.
La Cinquantiesme nouvelle, racomptée et dicte par An-
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thoine de la Sale, d'ung père qui voulut tuer son filz pource qu'il avoit voulu monter sur sa mère grand, et de la response dudit filz.
La Cinquante et imiESME nouvelle, racomptée par l'Acteur, de la femme qui departoit ses enfans au lit de la mort, en l'absence de son mary, qui siens les tenoit; et comment ung des plus petitz en advertit son père.
La Cinquante et deuxiesme nouvelle , racomptée par Monseigneur de la Roche, de trois enseignemens que ung père bailla à son filz, luy estant au lit de la mort, lesquelz ledit filz mist à effet au contraire de ce qu'il luy avoit enseigné ; et comment il se deslya d'une jeune fille qu'il avoit espousée, pource qu'il la vit couchier avec le prestre de la maison la première nuyt de leurs nopces.
La Cinquante et troisiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur l'Amant de Brucelles, de deux hommes et deux femmes qui attendoient pour espouser à la première messe bien matin ; et pource que le curé ne veoit pas trop cler, il print l'une pour l'autre, et changea à chascun homme la femme qu'il devoit avoir, comme vous orrez.
La Cinquante et quatriesme nouvelle, racomptée par Mahiot, d'une damoiselle de Maubeuge qui se abandonna à ung charreton et refusa plusieurs gens de bien , et de la response qu'elle fist à ung noble chevalier, pource qu'il lui reprouchoit plusieurs choses, comme vous orrez.
La Cinquante et cinquiesme nouvelle, par Monseigneur de Villiers, d'une fille qui avoit l'epidimie, qui fist mourir trois hommes pour avoir la compaignie d'elle; et comment le quatriesme fut saulvé et elle aussi.
La Cinquante et sixiesme nouvelle, par Monseigneur de Villiers, d'ung gentil homme qui attrapa, en un piège
qu'il fist, le curé, sa femme et sa chamberiere, et ung loup avec eulx; et brûla tout là dedans, pource que le dit curé maintenoit sa femme.
La Cinquante et septiesme nouvelle, par Monseigneur de Villiers, d'une damoiselle qui espousa ung bergier, et de la manière du traictié du mariage, et des parolles qu'en disoit ung gentil homme frère de ladicte damoiselle.
La Cinquante et huitiesme nouvelle, par Monseigneur le Duc, de deux compaignons qui cuidoient trouver leurs dames plus courtoises vers eulx, et jouèrent tant du bas mestier que plus n'en pouvoient; et puis dirent, pource qu'elles n*^ tenoient compte d'eulx , qu'elles avoient comme eulx joué du cymier, comme vous orrez cy après.
La Cinquante et neufviesme nouvelle, par Poncelet, d'ung seigneur qui contrefîst le malade pour couchier avec sa chamberiere, avec laquelle sa femme le trouva.
La Soixantiesme nouvelle, par Poncelet, de trois daraoiselles de Malines qui accointées s'estoient de trois cordeliers qui leur firent faire couronnes et vestir l'habit de religion, affin qu'elles ne fussent apperceues, et comment il fut sceu.
La Soixante et uniesme nouvelle, par Poncelet, d'ung marchant qui enferma en sa huche l'amoureux de sa femme; et elle y mist une asne secrètement, dont le mary eut depuis bien à souffrir et se trouva confus.
La Soixante et deuxiesme nouvelle, par Monseigneur de Commesuram, de deux compaignons dont l'ung d'eulx laissa ung dyamant au lit de son hostesse et l'aultre le trouva, dont il sourdit entre eulx ung grant débat que le mary de ladicte hostesse appaisa par tresbonne façon.
La Soixante et troisiesme nouvelle, d'ung nommé Montbleru, lequel à une foire d'Envers desroba à ses
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compaignons leurs chemises et couvrechiefz qu'ilz avoient baillés à blanchir à la chamberiere de leur hostesse; et comme depuis ilz pardonnèrent au larron; et puis ledit Montbleru leur compta le cas tout au long.
La Soixante et quatriesme nouvelle, par messire Michault de Changy, d'ung curé qui se vouloit railler d'ung chastreur nommé Trenchecouille ; mais il eut ses genitoires coupez par le consentement de l'oste.
La Soixante et cinquiesme nouvelle, par Monseigneur le Prévost de Vuatenes. de la femme qui ouyt compter à son mary que ung hostellier du mont Sainct-Michiel faisoit raige de ronciner; si y alla, cuidant l'esprouver, mais son mary l'en garda trop bien, dont elle fut trop mal contente, comme vous orrez cy après.
La Soixante et sixiesme nouvelle, par PhelippedeLaon, d'ung tavernier de Sainct-Oraer qui fist une question à son petit filz, dont il se repentit après qu'il eut ouy la response, de laquelle sa femme en fut treshonteuse, comme vous orrez plus à plain cy après.
La Soixante et septiesme nouvelle, raccmptée par Philippe de Laon, d'ung chapperon fourré de Paris qui une courdouenniere cuida tromper; mais il se trompa luy mesmes bien lourdement, car il la maria à ung barbier ; et, cuidant d'elle estre despesché, se voulut marier ailleurs; mais elle l'en garda bien, comme vous pourrez veoir cy dessoubz plus à plain.
La Soixante et huitiesme nouvelle, d'ung homme marié qui sa femme trouva avec ung aultre, et puis trouva manière d'avoir d'elle son argent, ses bagues, ses joyaux et tout jusques à la chemise, et'puis l'envoya paistre en ce point, comme cy après vous sera recordé.
La Soixante et neufv'iesme nouvelle, raccmptée par Monseigneur, d'ung gentil chevalier de la conté de
Flandres, marié à une tresbelle et gente dame, lequel fut prisonnier en Turquie par longue espace, durant laquelle sa bonne et loyale femme, par l'amonestement de ses amys, se remaria à ung aultre chevalier; et, tantost après qu'elle fut remariée, elle ouyt nouvelles que son premier mary revenoit de Turquie, dont par desplaisance se laissa mourir, pource qu'elle avoit fait nouvelle aliance.
La Septantiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur, d'ung gentil chevalier d'Alemaigne, grant voyaigier en son temps, lequel, après ung certain voyaige par luy fait, fist veu de jamais faire le signe de la croix, par la trèsferme foy et credence qu'il avoit au sainct sacrement de baptesme, en laquelle credence il combatit le dyable, comme vous orrez.
La Septante et lniesme nouvelle, racomptée par Monseigneur, d'ung chevalier de Picardie qui en la ville de Saint-Omer se logea en une hostellerie où il fut amoureux de l'hostesse de leans, avec laquelle il fut tresamoureusement ; mais, en faisant ce que sçavez, le mary de ladicte hostesse les trouva, lequel tint manière telle que cy après pourrez ouyr.
La Septante et deuxiesme nouvelle, par Monseigneur de Commesuram, d'ung gentil homme de Picardie qui fut amoureux de la femme d'ung chevalier son voisin, lequel gentil homme trouva façon par bons moyens d'avoir la grâce de sa dame, avec laquelle il fut assiégé, dont à grant peine trouva manière d'en yssir, comme vous orrez cy après.
La Septante et troisiesme nouvelle, par maistre Jehan Lambin, d'ung curé qui fut amoureux d'une sienne paroissienne, avec laquelle ledit curé fut trouvé par ledit mary de la gouge, par l'advertissement de ses voisins; et de la manière comment ledit curé eschappa, comme vous orrez cy après.
La Septante et quatriesme nouvelle, par Phelippe de Laon, d'ung prestre boulenois qui éleva par deux fois le corps de nostre Seigneur en chantant une messe, pource qu'il cuidoit que Monseigneur le seneschal de Boulongne fut venu tard à la messe ; et aussy comment il refusa de prendre la paix devant Monseigneur le seneschal, comme vous pourrez ouyr cy après.
La Septante et cinquiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de Thalemas, d'ung gentil galant demy fol et non gueres saige, qui en grant aventure se mist de mourir et estre pendu au gibet, pour nuyre et faire desplaisir au bailly, à la justice et aultres plusieurs de la ville de Troyes en Champaigne, desquelz il estoit hay mortellement, comme plus à plain pourrez ouyr cy après.
La Septante et sixiesme nouvelle, racomptée par Phelippe de Laon, d'ung prestre chapellain à ung chevalier de Bourgoigne, lequel fut amoureux de la gouge dudit chevalier; et de l'adventure qui luy advint à cause de ses dictes amours, comme cy dessoubz vous orrez.
La Septante et septiesme nouvelle, racomptée par Alardin. d'ung gentil homme des marches de Flandres, lequel faisoit sa résidence en France ; mais, durant le temps que en France residoit, sa mère fut malade es dites marches de Flandres, lequel la venoit tressouvent visiter, cuidant qu'elle mourust, et des parolles qu'il disoit et de la manière qu'il tenoit, comme vous orrez cy dessoubz.
La Septante et huitiesme nouvelle, par Jean Martin, d'ung gentil homme marié, lequel s'avoulenta de faire plusieurs et loingtains voyaiges, durant lesquelz sa bonne et loyale preude femme de trois gentilz compaignons s'accointa, que cy après pourrez ouyr; et comment elle confessa son cas à son mary, quant desditz voyaiges fut retourné, cuidant le confesser à son curé ; et de la manière comment elle se saulva, comme cy après orrez.
La Septante et neufviesme nouvelle, par messire Michault de Changy, d'ung bon homme de Bourbonnois, lequel alla au conseil à ung saige homme dudit lieu pour son asne qu'il avoit perdu, et comment il croioit que miraculeusement il retrouva sondit asne, comme cy après pourrez ouyr.
La Huitantiesme nouvelle, par messire Michault d.e Changy, d'une jeune fille d'Alemaigne, qui, de l'aage de XV à XVI ans, ou environ, se maria à ung gentil galant, laquelle se complaignit de ce que son mary avoit trop petit instrument à son gré, pource qu'elle veoit ung petit asne qui n'avoit que demy an et avoit plus grand oustil que son mary, qui avoit XXIIII ou XXVI ans,
La Huitante et uniesme nouvelle, racomptée par Monseigneur de Vaulvrain , d'ung gentil chevalier qui fut amoureux d'une tresbelle jeune dame mariée, lequel cuida bien parvenir à la grâce d'icelle et aussi d'une aultre sienne voisine ; mais il faillit à toutes deux, comme cy après vous sera recordé.
La Huitante et deuxiesme nouvelle, par Monseigneur de Lannoy, d'ung bergier qui fit marchié avec une bergiere qu'il monteroit sur elle affin qu'il veist plus loing, par tel si qu'il ne l'embrocheroit non plus avant que le signe qu'elle mesmes fist de sa main sur l'instrument dudit bergier, comme cy après plus à plain pourrez ouyr.
La Huitante et troisiesme nouvelle, par Monseigneur de Vaulvrain, d'ung carme qui en ung vilaige prescha; et comment après son preschement il fut prié de disner avec une damoiselle ; et comment, en disnant, il mist grant peine de fournir et emplir son prepoint, comme vous orrez cy après.
La Huitante et quatriesme nouvelle, par Monseigneur le marquis de Rothelin, d'ung sien mareschal qui se maria
à la plus douce et amoureuse femme qui fust en tout le pays d'Alemaigne. S'il est vray ce que je dis, sans en faire grant serment, affin que par mon escript menteur ne soye réputé, vous le pourrez veoir cy dessoubz plus à plain.
La HuiTANTE ET ciNQUiESME nouvelle, d'ung orfèvre marié à une tresbelle, doulce et gracieuse femme, et avec ce tresamoureuse, par especial de son curé leur prochain voisin, avec lequel son mary la trouva couchée par l'advertissement d'ung sien serviteur, et ce par jalousie, comme vous pourrez ouyr.
La Huitante et sixiesme nouvelle racompte et parle d'ung jeune homme de Rouen qui print en mariaige une belle, gente et jeune fille, de l'aage de quinze ans ou environ, lesquelz la mère de ladicte fille cuida bien faire desmarier par Monseigneur l'official ds Rouen ; et de la sentence que ledit officiai en donna, après les parties par luy ouyes, comme vous pourrez veoir cy dessoubz plus à plain en ladicte nouvelle.
La Huitante et septiesme nouvelle racompte et parle d'un gentil chevalier, lequel s'énamoura d'une tresbelle, jeune et gente fille, et aussy comment il luy print une moult grande maladie en ung oeil; pour laquelle cause lui convint avoir ung médecin, lequel pareillement devint amoureux de ladicte fille, comme vous orrez; et des parolles qui en furent entre le chevalier et le médecin, pour l'emplastre qu'il luy mist sur son bon œil.
La Huitante et huitiesme nouvelle, d'ung bon simple homme paysant, marié à une plaisante et gente femme, laquelle laissoit bien le boire et le raengier pour aymer par amours; et, de fait, pour plus asseurement estre avec son amoureux, enferma son mary au coulombier par la manière que vous orrez.
La Huitante et neufviesme nouvelle, d'ung curé qui
oublia, par négligence ou faulte de sens, à annoncer !e karesme à ses parroissiens, jusques à la vigille de Pasques fleuries, comme cy après pourrez ouyr, et de la manière comment il s'excusa devers ses parroissiens.
La Nonantiesme nouvelle, d'ung bon marchant du pays de Braibant, qui avoit sa femme tresfort malade, doublant qu'elle ne mourut après plusieurs remonstrances et exorlacions qu'il lui fist pour le salut de son ame, luy crya mercy, laquelle luy pardonna tout ce qu'il povoit luy avoir meffait, excepté tant seulement ce qu'il avoit si peu besongné en son ouvrouer, comme en ladicte nouvelle pourrez ouyr plus à plain.
La Nonante et umesme nouvelle parle d'ung homme qui fut marié à une femme, laquelle estoit tant luxurieuse et tant chaulde sur potaige que je cuide qu'elle fit née es estuves ou à demye lieue prés du soleil de midy, car il n'estoit nul, tant bon ouvrier fust-il, qui la peust refroidir; et comment il la cuida chastier, et de la response qu'elle luy bailla.
La Nonante et deuxiesme nouvelle, d'une bourgeoise mariée qui estoit amoureuse d'ung chanoine, laquelle, pour plus couvertement aller vers ledit chanoine, s'accointa d'une sienne voisine ; et de la noyse et débat qui entre elles sourdit pour l'amour du mestier dont elles estoient, comme vous orrez cv après.
La Nonante et troisiesme nouvelle, d'une gente femme mariée qui faignoit à son mary d'aller en pellerinaige pour soy trouver avec le clerc de la ville son amoureux, avec lequel son mary la trouva; et de la manière qu'il tint quant ensemble les vit faire le mestier que vous sçavez.
La Nonante et quatriesme nouvelle, d'ung curé qui portoit courte rcbbe comme font ces galans à marier : pour laquelle cause il fut cité devant son juge ordinaire; et de
la sentence qui en fut donnée, aussi la deffense qui luy fut faicte ; et des aultres tromperies qu'il fist après, comme vous orrez plus à plain.
La Nonante et cinquiesme nouvelle, d'ung moyne qui faignit estre tresfort malade et en dangier de mort, pour parvenir à l'amour d'une sienne voisine, par la manière qui cy après s'ensuit.
La Nonante et sixiesme nouvelle, d'ung simple et riche curé de villaige qui par sa simplesse avoit enterré son chien ou cymitiere : pour laquelle cause il fut cité par devant son evesque ; et comme il bailla la somme de cinquante escuz d'or audit evesque ; et de ce que i'evesque luy en dit, comme pourrez ouyr cy dessoubz.
La Nonante et septiesme nouvelle, d'une assemblée de bons compaignons faisans bonne chiere à la taverne et beuvans d'autant et d'autel, dont l'ung d'iceulx se combatit à sa femme quant à son hostel fut retourné, comme vous orrez cy dessoubz.
La Nonante et huitiesme nouvelle, d'ung chevalier de ce royaulme, lequel avoit de sa femme une belle fille et tresgente damoiselle aagée de xv à xvj ans, ou environ ; mais, pource que son père la voulut marier à ung riche chevalier ancien, lequel estoit son voisin, elle s'en alla avecques ung aultre jeune chevalier, son serviteur en amours, en tout bien et en tout honneur; et comment par merveilleuse fortune ilz finirent leurs jours tous deux piteusement, sans jamais en nulle manière avoir habitacion l'ung avecques l'aultre, comme vous orrez cy après.
La Nonante et neufviesme nouvelle racompte d'ung evesque d'Espaigne qui par deffaulte de poisson mengea deux perdris en ung vendredy, et comment il dist à ses gens qu'il les avoit converties, par parolles, de chair en
poissons, comme cy dessoubz plus à plain vous sera recordé et compté.
La Centiesme et derremere de ces présentes nouvelles, d'ung riche marchant de la cité de Gennes qui se maria à une belle et gente fille, laquelle, par la longue absence de son mary et par son mesme advertissement, manda quérir ung saige clerc, jeune et royde, pour la secourir de ce dont elle avoit mestier; et de la jeusne qu'il luy fist faire, comme vous orrez cy après plus à plain.