‹ Les dix soirées malheureusesChapitre 11 sur 53 · XXII AVIS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XXII AVIS PRÉLIMINAIRE

le général Desaix > avec l'élite des troupes , marchait, infatigable, à. leur poursuite : tout faisait croire que les restes de leur puissance y trouveraient inévitablement leur tombeau.

Un nouveau divan avait été créé : on y remarquait le cheykh el-Bekvy , qui possédait i'éminente dignité de Nakib el-âchraf (Chef du corps des chérifs ou nobles descendans du prophète), le cheykh êl-Mohdy en était secrétaire ; les autres membres avaient été choisis parmi les cheykhs de toute l'Egypte les plus remarquables par leur zèle7 leur mérite personnel, et leur influence. Cette influence était d'autant plus utile , que le divan était un corps intermédiaire entre les Français et les habiîans, sanctionnant les dispositions administratives et financières des premiers à

DTJ TRADUCTEUR. XXIII

l'égard de leurs nouveaux sujets : ceux-ci n'auraient obéi peut-être qu'avec répugnance aux ordres immédiats de leurs vainqueurs , tandis qu'ils se seraient crus coupables de ne pas suivre aveuglément les directions d'une administration prise parmi leurs compatriotes et leurs coreligionnaires : aussi leur soumission et leur confiance étaient-elles entières pour ce corps de magistrature , composé de personnages qu'ils avaient l'habitude de vénérer et de regarder comme leurs supérieurs naturels, tant sous le rapport civil que

sous le rapport religieux, ces deux systèmes se mêlant et se combinant toujours ensemble chez tous les peuples de l'Orient.

Tout paraissait donc tranquille, et tout paraissait devoir l'être; le présent semblait un sûr gage de l'avenir , quand tout-à-coup

Digitize

Page 1