VOTÉS
toutes les contestations qui ont rapport au commerce. Cependant , dans les causes majeures, il y a appel de ses jugemens, soit au qady suprême de la ville, soit au divan même, suivant la riature du procès.
Son costume est assez remarquable. Chaque jour on le voit faire la police des marchés, toujours à cheval et revêtu d'une longue pelisse. Le turban qui le distingue, et que lui seul a droit de porter, le rend facilement reconnaissable. Au lieu de la forme généralement arrondie de toutes les coiffures des Orientaux, la sienne consiste dans une espèce de chapeau plat en-dessous , et s élevant en cône à peu près comme un pain <le sucre. Ce cône, non tronqué , est recouvert d'une mousseline de la plus grande blancheur et de la (inesse la plus recherchée, dont les plis minces et coordonnés, l'un auprès de l'autre , avec la plus exacte régularité, s'élèvent en spirales. On peut voir le dessin de cette coiffure au n° 4, planche F, du volume de la description de V Egypte déjà cité, où elle est donnée comme celle de YJgha du Kaire. Au reste, le costume entier du mohtesseb a été donné par moi au n° 4; planche K du même volume.
Kôtës. a 1 1
Le mohtesseb marche dans les rues de la ville entouré de ses gens , qui le plus souvent exécutent à l'instant et sous ses yeux les sentences qu'il prononce. L'un deux porte auprès de son maître différentes mesures et une énorme balance, d'après lesquelles il vérifie les mesures et les poids des marchands.
Ces poids ne sont pas d'une forme régulière et étalonnés par' ladministration , mais le marchand les forme lui-même avec le premier objet qui lui convient, une pierre, un morceau de plomb ou de fer, une brique ; tout peut servir de poids étant réduit à la pesanteur requise. Quelques marchands cependant se servent de poids fondus exprès pour Tu sage légal, et dont la forme n'offre ni un cube , ni un cylindre comme nos poids européens, mais une espèce de croissant renflé par son milieu , et se réunissant par les deux extrémités. La formé de ces poids les rend plus faciles à transporter enfilés les uns au-dessus des autres dans une corde.
Le mohtesseb interroge aussi les habitans qu'il rencontre portant du pain , de la viande ou quelques autres achats ; il s'informe du prixj
du poids ou de la mesure de la marchandise qui a été vendue. Après cette déclaration, cette marchandise est pesée ou mesurée d'après ses ordres. Si cet examen prouve la fraude, le faux poids ou la fausse mesure du vendeur, il est sur-le-champ condamné et puni avec une sévérité qui nous paraîtra bien extraordinaire.
On a vu plusieurs marchands, coupables de ces délits , cloués pendant un jour entier par loreille à la porte de leur boutique. Le supplice est encore plus grand pour les boucher^ qui ont vendu de la viande-çâtée; car, tandis qu'ils sont ainsi cloués par une oreille, on cloue aussi, assez près pour toucher leur visage , un mor ceau de cette même viande corrompue, et il faut que la décomposition fasse tomber ce morceau de lui-même, avant que l'oreille du% boucher coupable ne soit détachée du douloureux pilori. C'est à cause de ce genre de punition, que pour désigner un homme que, dans notre langue on accuse d'avoir la conscience larçe , on dit au Kaire , il a V oreille large.
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