‹ Les dix soirées malheureusesChapitre 5 sur 53 · XIV AVIS PRELIMINAIRE · texte numérisé non relu

XIV AVIS PRELIMINAIRE

lamisme. Des professeurs, payés sur les fonds immenses que possède la mosquée , y enseignent toutes les sciences connues dans l'Orient , et dés étudians de tout âge y accourent continuellement de toutes les contrées musulmanes. J'y en ai vu plusieurs qui étaient venus de Maroq, d'Astrakhan et de l'Inde.

Le jeune êl-Mohdy suivait avec ardeur les leçons des cheykhs : il ne tarda pas à être reçu cheykh lui-même, et dès ce mo-

ment il commença à prendre une grande influence dans l'administration civile et religieuse de la ville. Il fut alors nommé katem-ser elDiwan (secrétaire du Divan); et , à l'arrivée des Français , il fut conservé dans ce poste par le général en chef1.

Quels que pussent être ses préjugés religieux et son habitude du régime des

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mamlouks , il parait qu'il avait eu des sujets de mécontentement à l'égard de leur gouvernement , et qu'il s'attacha sincèrement à la cause des Français , auxquels il rendit , en plus d'une occasion , de grands services a.

J'ai parlé de ses préjugés religieux; et, en effet, nous nous figurons les musulmans de l'Orient comme étant tous d'un fanatisme outré , et d'une crédulité aveugle : cependant là , comme partout , on trouve, dans la classe des gens instruits, des philosophes dont l'esprit juste aime à consulter les lumières de la raison , et qui n'attachent pas plus d'importance qu'ils ne le doivent aux pratiques superstitieuses et aux rits purement cérémoniels , qui trop souvent sont tout pour le vulgaire.

Je ne puis me refuser à raconter deux

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