‹ Les djebala du Maroc, d'après les travaux de M. Auguste MouliérasChapitre 5 sur 5 · LES DJKBALA DU MAROC · texte numérisé non relu

LES DJKBALA DU MAROC

nous placés, pour les raisons que nous avons indii^uéos, (juVi un point (le vue restreint et avons-nous écarté de notre analyse les riches et inédits documents intéressant la religion musulmane ; les renseignements c'oncernant l'instruction au Maroc ci la vie des étudiants, sujet que nous traiterons ailleurs ; les indications fournies par l'auteur sur l'organisation politique 'djemaà, etc.) et enfin les nombreux matériaux historiques. <ju'au prix d'un labeur pénible, l'auteur a extraits de la gangue informe des auteurs musulmans, pour les offrir à ses lecteurs, éclaircis et ordonnés. Il n'a point alTecté de se cantonner dans les sciences pures et il fl étudié les questions pratiques, celles qui intéressent le commerce, par exemple, avec aulant de soin et autanPde scrupules que les autres.

Par (juehiues comparaisons avec les renseignements consignés dans les auteurs éminents qui, en ces dernières années, ont étudié soit les Djebala, soit les autres régions marocaines, nooS avons essayé, dans le rayon trop court de nos faibles lumiciies, de montrer comment le livre de M. Mouliéras s'accorde avei* ses prédécesseurs et, (m se vérifiant ainsi lui-même, les complète merveilleusement. Mais il y a un autre moyen de vérilicalioii plus direct aucpiel nous convions très instamment toutes les personnes de bonne foi: cherchez un des nombreux Marocain|; (|ui, i'ï cett<^ époque de l'annéi», sillonnent nos villes et nos campagnes et, le livre en main, interrogez-le sur s^ tribu d'origine. Au bout de quelques minutes, quand vous aurez vu, devant la nomenclature des villages, des mar<'hés, des monts et des rivières de -sa patrie, la stupeur se peindre sur la face de votre Rifain ou Djebalien ; quand vous l'aurez entendu éclater de rire en entendant citer les dictons de son pays ; quand vous l'aurez vu, au nom du marabout vénéré de son village, porter dévotement sa mam à son front, puis à ses lèvres, votre conviction sera faite. Quant à la verv«^ du style, au coloris et ù la vivacité de la narration, à l'ordre qui règne dans Touvrage ; quant à la perfection de l'exécution typographique, qui faille plus grand honneur à l'imprimeur, d'autres, plus compétents que celui qui trace ces lignes, donneront leur appréciation dans les revues littéraires. Pour lui, il n'a voulu que tâcher à démontrer qu'il y a là un livre éminemment vrai et instructif qui aura sa place A la table de travail du savant, aux mains de l'homme du monde, à la bibliothè(iue de l'homme d'État, aussi bien que dans la sacoche de nos officiers, s'il leur est jamais donné de conduire un jour une colonne au Maioc. Il semble se former depuis quelques années en Algérie un groupe de savants qui feraient volontiers de l'empire des

chérif leur sujet préféré d'études. A Télranger également, en Allemagne surtout, l'activité scientifique se porte de plus en plus vers les étucles i^arocaines et il ne se passe pas d'années ou un savant allemand n'aille travailler au Maroc; nos pouvoirs publics se préoccupent vivement, nous le savons, de^jmoyens d'encourager les études de ce genre, et les Écoles supérieures d'Alger sont toutes désignées pour fournir ces missionnaires de la science ; nous souhaitons vivement que M. Mouliéras, réalisant enfin son rêve, puisse aller bientôt poursuivre sur place son immense et féconde enquête.

Tlemcen. 29 juin 18'J'^

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