CHANSON DU XV® SIÈCLE
l*auvre Tatare, retiens ton cheval ; l'auvre Tatare. sejTo-lui la bride;
Pauvre Tatare, quitte le rivage, Ne cherche pas à passer le Dniester.
Car, par le signe sacré de la croix, De vous deux, en deçà de la frontière. On ne retrouvera pas même la trace...
Pauvre Tatare, pauvre Tatare !
Pauvre Tatare, laisse-nous en paix ;
Pauvre Tatare, arrête, ne passe pas ;
Pauvre Tatare, ne me force pas
De te briser la tête en dix morceaux ;
Car, du haut de cette colline,
Si je lançais ma grande massue,
Vrai Dieu ! je pleurerais de pitié sur ton sort.
Pauvre Tatare, pauvre Tatare !
Pauvre Tatare, où est ton glaive?
Pauvre Tatare, où donc ton cheval ?
Pauvre Tatare, où donc ton orgueil ?
Ne t'ai-je pas dit de rester sur ton rivage? Hé! ne savais-tu pas, mon voisin.
Ce qu'est le Roumain en colère?...
Les corbeaux te divorent maintenant, Pauvre Tatare, pauvre Tatare !
CINEL-CINEL
Lé berger dit ci la jeune fille assise près de lui : Cinel- Cinell
(( Deux étoiles aux doux rayons ont abandonné le ciel plein de lumières divines et sont venues s'attacher à ton front.... Devine, ma toute chérie, ou, sinon, je les embrasse. »
Elle ne devina pas de suite, l'innocente enfant, et elle fut doucement embrassée sur les yeux.
Le berger dit encore à la tendre jeune fille assise près de lui : Cinel!
(( Quand elle est fermée, on voit une belle fleur rose; et sitôt qu'elle s'ouvre, on aperçoit des fleurs de muguet. Cette merveille a pris naissance sur ta figure.... Devine, ma toute chérie, ou, sinon, je t'embrasse. »
Elle ne devina pas de suite, la joyeuse enfant, et elle fut doucement embrassée sur la bouche.
Le berger dit de nouveau h la belle jeune fille assise près de lui : Cinel I
« Blanches et rondes, deux petites ailes s'élancenl continuellement comme pour s'envoler au ciel, mais toi lu les retiens captives à la place où elles ont poussé.... Devine, ma toute chérie, ou, sinon, je les embrasse. »
Elle ne devina pas tout de suite, la rose enfant, et elle fut doucement embrassée sur les seins.
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