‹ Les Doctrines catholiques; ou, exposition des vérités enseignées dans l'église réunie, depuis Nicée jusqu'à la ive session du VatinChapitre 22 sur 98 · PIE ÉVÊQUE, SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU, EN PERPÉTUEL SOUVENIR · texte numérisé non relu

PIE ÉVÊQUE, SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU, EN PERPÉTUEL SOUVENIR

Dans l'excès d'amour qu'il nous a tém^oigné, pour déhvrer, dans la plénitude des temps, tout le genre humain du joug du péché, de la captivité du démon et des ténèbres des erreurs, dont le poids, par la faute du premier père, l'opprimait si misérablement et depuis si longtemps , le Fils unique du Père Éternel , descendant des demeures célestes sans s'éloigner de la gloire de son Père , et ayant pris de Tlmmaculée et très-sainte Vierge Marie, la nature mortelle, a révélé une doctrine et une règle de vie apportées du ciel ; il l'a rendue incontestable par des œuvres merveilleuses sans nombre , et il s'est livré lui-même pour nous, s'ofTrant volontairement en victime d'aoréable odeur à Dieu. Or, la

' Les motifs sur lesquels nous fondons notre espérance de voir s'ouvrir une ère nouvelle de rénovation religieuse , nous les avons exposés ailleurs : L'Église enseignante ^ pages 280 et suivantes.

mort vaincue, avant do monter triomphant dans le ciel pour s'asseoir à la droite du Père, il envoya ses Apôtres dans tout l'univers prêcher FEvangile à toute créature , et il leur donna le pouvoir de régir l'Église acquise par son sang et par lui constituée, qui est « la colonne et le soutien inébranlable de la vérité )) , qui, enrichie des trésors célestes, montre à tous les peuples le chemin assuré du salut et la lumière de la vraie doctrine , « voguant comme un navire sur la haute mer de ce siècle, afin de garder sains et saufs tous ceux qu'elle reçoit , pendant que le monde périt *. »

Et afin que le gouvernement de cette même Église se maintînt dans la voie droite et l'ordre, afin que tout le peuple chrétien persévérât toujours dans une même foi, doctrine , charité et communion , il a promis d'une part que lui-même serait perpétuellement avec elle jusqu'à la consommation des siècles, et, d'autre part, il a choisi entre tous le seul Pierre, le constituant Prince des Apôtres, son Vicaire sur la terre, chef, fondement et centre de l'Église, afin que jouissant d'une prérogative de rang et d'honneur, de la plénitude de l'autorité, puissance et juridiction souveraines, il pût paître les agneaux et les brebis, confirmer ses frères, gouverner toute rÉglise, être « le gardien des portes du ciel et l'arbitre de ce qui doit être lié ou délié, sa sentence

* Saint Maxime, serm. 89.

devant rester dans toute sa force , même dans le ciel '. )) Et parce que l'unité et l'intégrité de l'Église et son gouvernement, institué par le même Christ, doivent demeurer stables perpétuellement, le même pouvoir suprême de Pierre sur toute FÉglise, sa juridiction, sa primauté , persévèrent et demeurent en vigueur absolument et très-pleinement dans la personne des Pontifes romains, ses successeurs, placés après lui sur cette chaire romaine qui est sa chaire.

C'est pourquoi , usant avec soUicitude de la puissance de paître tout le troupeau du Seigneur dont le Christ lui-même leur a divinement confié la charge dans la personne du bienheureux Pierre, les Pontifes romains n'ont jamais cessé de s'imposer les plus grands travaux , de prendre toutes les mesures possibles , pour que , du levant au couchant, les peuples , les races , les nations , puissent tous connaître la doctrine évangélique, et, marchant dans les voies de la vérité et de la justice , obtenir la vie éternelle. Tout le monde sait avec quels soins incessants les mêmes Pontifes romains ont veillé à maintenir hors de toute atteinte le dépôt de la foi , la discipline du clergé , son institution dans la sainteté et la science , la sainteté et la dignité du mariage ; à développer chaque jour de plus en plus l'éducation chrétienne de la jeunesse

' Saint Léon, serm. 2.

do Tim et de l'autre sexe ; à nourrir au sein des peuples la religion, la pieté, l'honnêteté des mœurs et à contribuer par tous les moyens à assurer la tranquillité, Tordre et la prospérité de la société civile elle-même.

Lorsqu'ils l'ont jugé opportun , surtout dans les temps de grandes perturbations et de calamités pour notre très-sainte religion et la société civile, les mêmes Pontifes n'ont pas négligé de convoquer des Conciles généraux, afin que, agissant avec les Évêques de tout l'univers catholique, <( que le Saint-Esprit a établis pour régir l'Église de Dieu » , conseils et forces mis en commun , ils adoptassent dans leur prévoyance et leur sagesse les moyens les plus propres à procurer principalement la définition des dogmes de la foi, à écraser les erreurs généralement répandues, à défendre, éclairer et développer la doctrine catholique, à protéger et à relever la discipline ecclésiastique et à corriger les mœurs chez les peuples qu'envahit la corruption.

Or, depuis longtemps tout le monde sait et constate quelle horrible tempête subit aujourd'hui l'Église et de quels maux immenses souffre la société civile elle-même. Car, TÉglise catholique et sa doctrine salutaire, sa puissance vénérable et la suprême autorité de ce Siège apostolique , sont attaquées et foulées aux pieds par les ennemis acharnés de Dieu et des hommes ; toutes les choses sacrées sont vouées au mépris , et les biens ecclésiastiques dila-

pidés ; les Évêques, les hommes les plus vénérarables consacrés au divin ministère , les personnages recommandables par leurs sentiments catholiques sont toiuTnentés de toutes manières ; on anéantit les coi'i orations rehgieuses ; les livres impies de toute espèce, des journaux pestilentiels et des sectes très-pernicieuses aux formes les plus variées se muliplient de toute part ; l'enseignement de la malheureuse jeunesse estpresque partout retiré au clergé, et ce qui est encore pire, confié en beaucoup de lieux à des maîtres d'erreur et d'iniquité. Aussi cà notre extrême désolation et à celle de tous les gens de bien, au préjudice des âmes, qu'on ne pourra jamais assez déplorer, l'impiété, la corruption des mœurs, une licence sans frein, la contagion des opinions perverses de tout genre , de tous les vices et de tous les crimes , la violation des lois divines et huniaines, se sont partout propagées à ce point que, non-seulement notre très-sainte rehgion , mais encore la société humaine sont plongées dans le trouble et la confusion d'une manière lamentable. Dans un tel concours de calamités, dont le poids accable Xotre cœur, le suprême ministère pastoral, -à Nous confié divinement, Nous impose le devoir de mettre en action de plus en plus toutes les forces pour réparer les ruines de l'Église, pour procurer le salut de tout le troupeau du Seigneur, pour arrêter les efforts, pour repousser la fuiie xlévastatrice de ceux qui travaillent d'un commun

accord à détruire jusque dans ses fondements l'Église elle-menne, si jamais cela pouvait se faire, et la société civile. Pour Nous, par le secours de Dieu , même à partir des premiers jours de Notre souverain pontificat, comme Nous y obligeait rigoureusement Notre charge , Nous n'avons jamais cessé, dans plusieurs de Nos Allocutions consistoriales et de Nos Lettres apostoliques , d'élever la voix , de défendre constammient, de toutes Nos forces, la cause de Dieu et de sa sainte Église à Nous confiée par le Christ Notre-Seigneur, de combattre pour le maintien des droits de ce Siège apostolique, de la justice et de la vérité, de signaler les pièges tendues par les hommes ennemis, de condamner les erreurs et les fausses doctrines, de proscrire les sectes d'impiété, de veiller et de pourvoir au salut de tout le troupeau du Seigneur.

De plus, suivant les traces glorieuses de Nos prédécesseurs. Nous avons jugé opportun de réunir en Concile général , ce que Nous désirions depuis longtemps , tous Nos Vénérables Frères les Évoques de tout l'univers catholique , appelés à partager Notre sollicitude. Entlammés d'un ardent amour pour l'Église catholique , remplis pour ce Siège apostolique d'une piété et d'un dévouement connus de tous , pleins de sollicitude pour le salut des âmes, doués à un haut degré de doctrine et science, et déplorant avec Nous l'affligeant état de la religion et de la société civile , ces Vénérables Frères désirent

par-dessus tout délibérer et se consulter avec Nous pour appliquer à tant de maux des remèdes efficaces. Car ce Concile œcuménique devra examiner avec le plus grand soin et déterminer ce qu'il convient de faire , surtout en ces temps si durs , principalement pour la plus grande gloire de Dieu, l'intégrité de la foi , la beauté du culte divin , le salut éternel des hommes ; pour la discipline du clergé régulier et séculier et son instruction salutaire et solide ; pour l'observance des lois ecclésiastiques , la réformation des mœurs, l'éducation chrétienne de la jeunesse, la paix commune et la concorde universelle. Il faudra aussi travailler de toutes nos forces, avec l'aide de Dieu , <à éloigner tout mal de l'Église et de la société civile ; à ramener dans le droit sentier de la vérité , de la justice et du salut les malheureux égarés; à réprimer les vices et cà repousser les erreurs, afm que notre auguste religion et sa doctrine salutaire acquièrent une vigueur nouvelle dans le monde entier, qu'elle se propage chaque jour de plus en plus , qu'elle reprenne l'empire , et qu'ainsi la piété , l'honnêteté , la probité, la justice, la charité et toutes les vertus chrétiennes se fortifient et fleurissent pour le plus grand bien de l'humanité. Car personne ne peut nier que l'influence de l'Église catholique et de sa doctrine, s'exerce non-seulement au profit du salut éternel des hommes, mais encore qu'elle contribue au bien temporel des peuples , à leur véritable prospérité ,

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au maintien do l'ordre et de la tranquillité, au progrès môme et à la solidité des sciences humaines , ainsi que les faits les plus éclatants de l'histoire sacrée et de l'histoire profane le montrent clairement, ouvertement, et le prouvent constamment et jusqu'à Tévidence. Et comme le Christ Noire-Seigneur Nous réconforte, Nous ravive et Nous console merveilleusement par ces paroles : (( Où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, là je suis avec eux » , Nous ne pouvons pas douter qu'il ne veuille bien lui-même Nous assister dans ce Concile par l'abondance de sa grâce divine, afin que Nous puissions faire tout ce qui intéresse , à divers points de vue , le plus grand bien de sa sainte Église. Donc , après avoir répandu nuit et jour, dans Fhumilité de Notre cœur, Nos plus ferventes prières devant Dieu, père des lumières , Nous avons pensé qu'il fallait absolument convoquer ce Concile.

A ces causes , Nous fondant et Nous appuyant sur l'autorité même de Dieu , Père , Fils et Saint- Esprit, et des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, autorité que , Nous aussi , Nous exerçons sur la terre , de l'avis et avec l'assentiment de Nos Vénérables Frères les Cardinaux de la sainte Église romaine , Nous indiquons, par les présentes Lettres, annonçons , décrétons et convoquons un saint Concile œucuménique et général, lequel se tiendra l'année prochaine 1869 , dans Notre illustre ville de Rome et dans la basilique Vaticane; s'ouvrira le 8 dé-

cembre, jour de la fête de l'Immaciilée-Conception de la Vierge Marie, Mère de Dieu, pour être continué et terminé, avec l'aide du Seigneur, à la gloire de Dieu et pour le salut de tout le peuple chrétien. En conséquence, Nous voulons et ordonnons que, de toutes leurs résidences , Nos Vénérables Frères les Patriarches , les Archevêques , les Évêques , ainsi que Nos chers Fils les Abbés , et tous autres appelés par le droit ou par privilège à siéger et à donner leur avis dans les Conciles généraux, viennent à ce Concile œcuménique convoqué par Nous , les requérant, exhortant et avertissant à cet effet, et néanmoins prescrivant et enjoignant absolument, en vertu du serment qu'ils ont prêté à Nous et à ce Saint-Siège, et de la sainte obéissance, et sous les peines dérivant du droit ou de la coutume qu'il est d'usage de porter et de proposer durant la célébration des Conciles contre les absents , afin qu'ils soient tenus de venir et d'assister en personne , à moins qu'ils ne soient arrêtés par quelque juste empêchement , ce qu'ils auront d'ailleurs à prouver au Concile par de légitimes fondés de pouvoirs.

Nous avons Tespoir que Dieu , qui tient le cœur des hommes en sa main , écoutera favorablement Nos vœux et fera, par sa grâce et ineffable miséricorde, que les souverains et les chefs de tous les peuples, particulièrement les Princes catholiques, connaissant chaque jour davantage les très-grands biens qui découlent en abondance de l'Église catho-

lique SLir la sociùté humaine, et sachant que cette Éghse est le plus solide fondement des empires et des royaumes, non-seulement n'empêcheront d'aucune manière Nos Vénérables Frères les Évêques, et les autres personnes ci-dessus mentionnées , de venir au Concile, mais qu'ils se plairont, au contraire, à les favoriser , à les aider et à coopérer avec le plus grand zèle , comme il convient à des Princes catholiques , à tout ce qui peut contribuer à la plus grande gloire de Dieu et au bien du môme Concile.

Et afin que Nos présentes Lettres et leur contenu parviennent à la connaissance de tous ceux à qui il appartient, de telle sorte que personne ne puisse prétexter cause d'ignorance ; surtout comme le moyen de les faire parvenir à tous ceux à qui elles devraient être notifiées nominativement n'est peut-être pas sûr. Nous voulons et ordonnons que lesdites Lettres soient lues publiquement et à haute voix , par les messagers de Notre cour, ou par quelques notaires publics, dans les basiliques patriarchales deLatran, du Vatican et Libérienne , où la multitude du peuple a coutume de se rassembler pour les offices divins, et, après cette lecture , nous voulons qu'elles soient affichées aux portes des mêmes églises, cà celles de la Chancellerie apostohque et dans le champ de Flore, à l'endroit ordinaire, ainsi que dans les autres lieux accoutumés, où elles devront rester appendues durant un certain temps, afin que tout le monde puisse les lire et en prendre connaissance ; lorsqu'on les en

retirera, on devra néanmoins en laisser des copies affichées en ces divers endroits. Car, en vertu de ces lecture, publication et affichage, Nous voulons que tous, et chacun de ceux que concernent Nos présentes Lettres, soient, après un délai de deux mois, à partir de la publication et de l'affichage , liés et obligés comme si elles leur avaient été lues et notifiées à eux-mêmes en personne. Nous voulons et statuons, en eiïet, que toute copie de ces Lettres, écrites ou signées d'un notaire public, et revêtues du sceau d'un ecclésiastique constitué en dignité, soit regardée comme certaine et incontestable.

Qu'il ne soit donc permis à personne d'annuler cette page de Notre indiction, annonce, convocation, statut, décret, ordre, précepte et instance, ou d'avoir la téméraire audace de s'y opposer. Si quelqu'un ose l'essayer, qu'il sache qu'il encourra l'indignation de Dieu tout-puissant et des bienheureux Apôtres Pierre et Paul.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, Fan 4868 de l'incarnation de Notre-Seigneur , le troisième jour des calendes de juihet, et de Notre Pontificat la vingttroisième année.

f Moi pie,

ÉvÊQUE DE l'Église catholique.

[Suivent les signatures des Eminentissimes Cardinaux présents à Rome.

Pie IX ne se contente pas de faire appel aux catholiques, il adressa des lettres apostoliques d'abord à tous les évoques des Églises du rite oriental qui no sont pas en communion avec le Saint-Siège , puis à tous les protestants ou autres non-catholiques.

Voici ces deux lettres :

A TOUS LES ÉVÊQUES DES ÉGLISES DU RIT ORIENTAL QUI NE SONT PAS EN COMMUNION AVEC LE SIÈGE APOSTOLIQUE, PIE IX , PAPE.

Placé , par un secret dessein de la Providence divine , bien que sans aucun mérite de Notre part , sur cette Chaire sublime comme héritier du Bienheureux Prince des Apôtres, qui est, « selon la prérogative qui lui a été conférée par Dieu, la pierre ferme et très-solide sur laquelle le Sauveur a édifié l'Église , » Nous sentons vivement la sollicitude de la charge qui Nous est imposée , et Nous désirons très-ardemment étendre Nos soins à tous ceux qui portent le nom de chrétiens, dans quelque contrée du monde qu'ils habitent, les inviter tous à recevoir les embrassements de Notre charité paternehe ; Nous dirigeons en ce sens nos efforts. Nous ne pouvons , d'ailleurs , sans un grave danger pour notre âme, négliger aucune portion du peuple chrétien qui, racheté par le très-précieux sang de Notre Sauveur, et introduit par les eaux sacrées du baptême dans le troupeau du Seigneur , a droit ainsi à toute notre vigilance. C'est pourquoi, comme Nous

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devons sans cesse appliquer tous Nos soins , toutes nos pensées à procuier le salut de tous ceux qui reconnaissent et qui adorent Jésus-Christ, Nous tournons Nos regards et Notre cœur paternel vers ces Églises qui, étroitement unies autrefois à ce Siège apostolique parle lien de l'unité, brillaient si glorieusement par la sainteté et la céleste doctrine, produisaient des fruits abondants pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes, et qui, maintenant, par suite des criminels artifices et des machinations de celui qui a le premier excité le schisme dans le ciel, restent, à Notre grande douleur, éloignées et séparées de la communion de la sainte Église romaine, qui est répandue dans tout Tunivers.

C'est pour cela que, dès les premiers jours de Notre avènement au suprême Pontificat, Nous vous avons adressé, avec toute l'affection de Notre cœur, des paroles de paix et de charité. Quoique ces paroles n'aient pas obtenu le succès que nous désirions si vivement, jamais cependant Nous n'avons perdu l'espérance de voir Nos humbles et ferventes prières exaucées par l'Auteur très-clément et trèsbon du salut et de la paix, a qui a opéré le salut au milieu de la terre, et qui, venu d'en haut pour montrer dans son éclat la paix qu'il aime et qu'il veut voir aimée de tous. Fa annoncée dès sa naissance par le ministère des Anges aux hommes de bonne volonté, l'a enseignée, en demeurant parmi les hommes , et l'a prèchée par son exemple. »

Comme nous avons dernièrement, de l'avis de Nos Vénérables Frères les Cardinaux de la sainte Église romaine , annoncé et convoqué un Concile œcuménique pour être célébré à Rome, l'année prochaine, au jour qui est consacré, le 8 du mois de décembre, à la Conception immaculée de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, nous élevons encore une fois Notre voix vers vous, et, de toutes les forces de Notre âme. Nous vous prions, Nous vous avertissons et Nous vous conjurons de venir à ce même Concile, de même que vos ancêtres vinrent au deuxième Concile de Lyon , tenu par notre Prédécesseur, le bienheureux Grégoire X, de glorieuse mémoire , et au Concile de Florence , tenu par notre prédécesseur Eugène IV, d'heureuse mémoire, afin que les lois de l'ancienne affection soient renouvelées , que la paix de Nos Pères , ce don céleste et salutaire de Jésus-Christ que le temps a affaibli, reprenne une nouvelle vigueur, et qu'ainsi brille aux yeux de tous, après une longue nuit d'affliction et après les noires ténèbres d'une division prolongée , la lumière sereine de l'union désirée.

Que ce soit là le fruit très-agréable de bénédiction par lequel Jésus-Christ, le Seigneur et le Rédempteur de nous tous , console , en ces temps malheureux, son épouse immaculée et très-chère, FÉglise catholique, tempère ses larmes et les essuie, afin que toute division étant entièrement effacée, les

voix, auparavant discordantes, se mettent à louer, avec une parfaite unanimité d'esprit , Dieu qui ne veut pas que des schismes existent entre nous, mais qui nous a ordonné, par la bouche de l'Apôtre , de n'avoir qu'une même parole et qu'un même sentiment; et afm que d'immortelles actions de erràces soient rendues au Père des miséricordes par tous ses Saints, et surtout par ces très-glorieux et anciens Pères et docteurs des Églises orientales, si, du haut du Ciel, ils voient restaurée et rétablie l'union avec ce Siécfe apostolique , qui est le centre de la vérité catholique et de l'unité , cette union qu'ils ont travaillé avec tant d'ardeur et avec un infatigable zèle à entretenir et à procurer par leur doctrine et par leur exemple pendant leur vie terrestre , le Saint- Esprit ayant répandu dans leurs cœurs la charité de Celui qui a renversé le m^ur de séparation , qui a tout réconcilié et pacifié par son sang, qui a voulu que l'unité fût le signe auquel se reconnaîtraient ses disciples , et qui a adressé à son Père cette prière: « Je prie pour que tous soient un, comme Nous aussi sommes un. »

Donné à Rome , près Saint-Pierre , le 8 septembre de l'année 1868, de Notre Pontificat la vingt-troisième.

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