A TOUS LES PROTESTANTS ET AUTRES NON-CATHOLIQUES
Vous savez déjà qu'élevé , malgré Notre indignité, à cette Chaire de Pierre, préposé, par conséquent, au gouvernement suprême de toute l'Église catholique et à sa garde, qui Nous a été divinement confiée par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même. Nous avons jugé à propos de convoquer près de Nous Nos vénérables Frères les Evoques de toute la terre, et de les réunir pour célébrer avec Nous, l'année prochaine, un Concile œcuménique, afin que , de concert avec ces mêmes Vénérables Frères appelés à partager Notre sollicitude. Nous puissions prendre toutes les résolutions qui paraîtront les plus opportunes et les plus nécessaires, soit pour dissiper les ténèbres de tant d'erreurs funestes qui dominent cbaque jour de plus en plus, et se déchaînent , au grand détriment des âmes ; soit pour établir de plus en plus chaque jour , et pour accroître , parmi les peuples chrétiens confiés à Notre vigilance, le règne de la vraie foi, de la justice et de la véritable paix de Dieu. Fortement appuyé sur le pacte étroit et cher de l'union qui rattache si admirablement à Nous et à ce Saint- Siège ces mêmes Vénérables Frères , lesquels n'ont jamais cessé , pendant tout le temps de Notre suprême pontificat , de Nous donner à Nous et à ce Saint-Siége les plus éclatants témoignages de foi, amour et respect. Nous avons le ferme espoir
^ue le Concile œcuménique , convoqué par Nous dans le siècle présent , produira , sous Tinspiralion de la grâce divine , comme les autres Conciles généraux dans les siècles passés, des fruits abondants et consolants pour la plus grande gloire de Dieu et le salut éternel des hommes.
C'est pourquoi, soutenu par cette espérance, exité et pressé par la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ , qui a livré sa vie pour la salut de tout le genre humain, Nous ne pouvons Nous empêcher, à l'occasion du futur Concile , d'adresser Nos paroles apostoliques et paternelles à tous ceux qui, bien que reconnaissant le même Jésus-Christ pour Rédempteur et se glorifiant du nom de chrétiens , cependant ne professent pas la vraie foi de Jésus- Christ et ne suivent pas la communion de l'Église catholique. Et nous faisons cela pour les avertir, principalement les conjurer et les supplier de toute l'ardeur de Notre zèle et en toute charité , de vouloir bien considérer et examiner sérieusement s'ils suivent la voie tracée par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur et qui conduit au salut éternel.
Personne ne j^eut nier ni mettre en doute que Jésus-Christ lui-même , atin d'appliquer les fruits de sa rédemption à toutes les générations humaines, . a bâti sur Pierre en ce monde son unique E]glise , c'est-à-dire l'Église une, sainte, catholique, apostolique, et qu'il lui a donné toute la puissance nécessaire pour que le dépôt de la foi fût conservé
inviolable et intact, et que la même foi fût enseignée à tous les peuples , à toutes les races et à toutes les nations ; pour que tous les hommes devinssent par le baptême des membres de son corps mystique , et qu'en eux fût toujours conservée et rendue plus parfaite cette vie nouvelle de la grâce, sans laquelle personne ne peut aucunement mériter et obtenir la vie éternelle ; enfin , pour que cette même Église , qui constitue son corps mys~ tique , demeurât toujours stable et immobile dans sa propre nature jusqu'à la consommation des siècles, pour qu'elle vécût florisante et fût en état de fournir à tous ses enfants tous les movens de faire leur salut.
Or, quiconque veut examiner avec soin et méditer la condition où se trouvent les diverses sociétés religieuses divisées entre elles et séparées de l'Eglise catholique, qui, depuis Notre-Seigneur Jésus-Christ et ses Apôtres, a toujours exercé par ses pasteurs légitimes et exerce encore maintenant le pouvoir divin qui lui a été donné par le même Notre-Seigneur, celui-là devra se convaincre facilement que ni aucune de ces sociétés , ni toutes ensemble ne constituent en aucune façon et ne sont cette Église une et catholique que Notre-Seigneur a fondée et bâtie, et qu'il a voulu créer. Et l'on ne peut pas dire non plus en aucune façon que ces sociétés soient ni un membre ni une partie de cette môme Église , puisqu'elles sont visiblement séparées de
l'imité catholique. Car des sociétés pareilles étant dépourvues de cette autorité vivante et établie par Dieu qui enseigne surtout aux hommes les choses de la foi et la discipline des mœurs , et qui les dirige et gouverne en tout ce qui regarde le salut éternel , elles ont constamment varié dans leurs doctrines , et cette mobilité et instabihté dans ces sociétés ne cessent jamais. Chacun même comprend parfaitement, voit clairement et manifestement que cela est en opposition complète avec l'Église instituée par Notre-Seigneur , dans laquelle la vérité doit toujours demeurer stable et inaccessible à tout changement, étant un dépôt confié à cette môme Église et qu'elle doit conserver absolument intact et pour la garde duquel la présence et le secours du Saint-Esprit lui ont été promis à toujours. 11 n'est personne non plus qui ignore que ces dissensions de doctrines et d'opinions ont donné naissance à des schismes nationaux, qui ont enfanté eux-mêmes des communions et des sectes sans nombre , lesquelles se propagent tous les jours, au grand détriment de la société chrétienne et civile.
En effet , quiconque reconnaît que la religion est le fondement de la société humaine ne peut méconnaître et nier avec quelle puissance cette division de principes , cette opposition et cette lutte de sociétés religieuses entre elles, agissent sur la société civile , et avec quelle violence cette négation de l'autorité étabhe par Dieu pour gouverner les
LES DOGÏUINES CATHOLiQUES. 191
croyances de l'esprit humain et pour diriger les actions de l'homme, aussi bien dans sa vie privée que dans sa vie sociale , a soulevé , propagé et entretenu ces changements déplorables des choses et des temps, ces troubles qui bouleversent et accal)lent aujourd'hui presque tous les peuples.
Que tous ceux donc qui ne possèdent pas « l'unité et la vérité de l'Église cathohque (S. Aug.)», saisissent l'occasion de ce Concile, où l'Église catholique , à laquelle appartenaient leurs pères , montre une nouvelle preuve de sa profonde unité et de son invincible vitalité, et que, satisfaisant les besoins de leur cœur, ils s'efforcent de sortir de cet état dans lequel ils ne peuvent être rassurés sur leur salut. Et qu'ils ne cessent point d'offrir les plus ferventes prières au Dieu des miséricordes , afm qu'il renverse le mur de division , qu'il dissipe les ténèbres des erreurs , et qu'il les ramène à la sainte Mère l'Église , dans le sein de laquelle leurs pères ont trouvé les salutaires pâturages de la vie, dans laquelle seule se conserve et se transmet entière la doctrine de Jésus-Christ , et se dispensent les mystères de la grâce céleste.
Pour Nous, à qui le même Christ Notre-Seigneur a confié la charge du suprême Ministère apostolique, et qui devons, par conséquent, remplir avec le plus grand zèle toutes les fonctions d'un bon pasteur, et aimer d'un amour paternel et embrasser dans Notre charité tous les hommes ré-
pandus sur la terre, Nous adressons cette Lettre à tous les chrétiens séparés de Nous, et Nous les exhortons et conjurons itérativement de revenir en hâte au bercail du Christ , car Nous désirons ardemment et de tout Notre cœur leur salut en Jésus-Christ , et Nous craignons d'avoir un jour à lui rendre un compte redoutable , à lui qui est Notre Juge , si Nous ne leur montrons pas, si Nous ne leur donnons pas , autant qu'il est en Nous , le moyen assuré de reconnaître la voie qui conduit au salut éternel. Dans toutes Nos prières et supplications accompagnées d'actions de grâces , Nous ne cessons, ni le jour ni la nuit, de demander pour eux humblement et avec instance au Pasteur éternel des âmes l'abondance des lumières célestes et des grâces. Et comme , malgré Notre indignité , Nous sommes son Vicaire sur la terre , les mains étendues , Nous attendons avec le désir le plus ardent le retour de Nos fils errants à l'Église catholique , afm de pouvoir les recevoir avec amour dans la maison du Père céleste et les enrichir de ses inépuisables trésors. Car de ce retour si désiré à la vérité , et à la communion avec l'Église catholique , dépend non-seulement le salut des individus, mais encore celui de toute la société chrétienne ; le monde entier ne peut jouir de la paix véritable , s'il n'y a pas un seul troupeau et un seul pasteur. Donné à Rome, près Saint-Pierre , le 13 septembre 18G8 , de Notre Pontificat la vingt- troisième année.
Nous donnons également deux Brefs du Souverain Pontife, adressés à rArchevêque de Westminster. Ils expliquent les conditions auxquelles les dissidents pourraient prendre part au Concile.
A NOTRE VÉNÉRABLE FRÈRE HENRI-ÉDOUARD , ARCHEVÊQUE DE WESTMINSTER. PIE IX, PAPE.
Vénérable Frère , salut et bénédiction apostolique.
Nous avons vu, d'après les feuilUes publiques, que le docteur Gumming, d'Ecosse, s'est informé près de vous si, dans le Concile qui approche, il serait permis aux dissidents de présenter les arguments qu'ils croient pouvoir être allégués à l'appui de leurs propres opinions ; et que ce même docteur Nous a écrit à ce sujet, d'après la réponse par vous donnée , que c'est la une question dont la solution appartient au Saint-Siège.
Or, si celui qui vous consulte sait quelle est la foi des catholiques touchant l'autorité enseignante donnée par Notre divin Sauveur à son Église , et , par conséquent , touchant l'infaillibilité de cette Église dans la décision des points relatifs au dogme et à la morale, il doit savoir que l'Église ne peut souffrir qu'on remette en discussion des erreurs qu'elle a soigneusement examinées, jugées et condamnées.
Nos Lettres ne peuvent insinuer autre chose ; car lorsque Nous avons dit : « Il ne saurait être nié
^ OU mis en doute que Jésus-Christ lui-même, afin » d'appliquer à toutes les générations des hommes j) les fruits de sa rédemption , ait construit ici-bas » sur Pierre son Éghse unique , c'est-à-dire l'Église » une, sainte, catholique, apostolique, et qu'il lui » ait donné toute la puissance nécessaire pour con- » server dans son intégrité et dans son inviolabilité » le dépôt de la foi , et pour dispenser cette même » foi à tous les peuples , races , nations. » En parlant ainsi , Nous avons voulu dire que la primauté , non-seulement d'honneur, mais encore de juridiction, conférée à Pierre et à ses successeurs par le fondateur de l'Église, est placée en dehors des hasards de la discussion.
C'est là, certes, le pivot sur lequel tourne toute la question entre les catholiques et les dissidents , quels qu'ils soient, et de cette dissidence découlent, comme de leur source, toutes les erreurs des non-catholiques. « Car ces sociétés séparées , étant » dépourvues de cette autorité vivante et d'institu- » tion divine, qui enseigne aux hommes tout spé- » cialement les choses de la foi et la règle des )!> mœurs , qui les dirige et les gouverne dans tout )) ce qui a rapport au salut éternel, ont varié dans » leurs doctrines , et dans leur sein le changement » et l'instabilité ne cessent jamais. » Si, par conséquent , celui qui vous a questionné veut bien considérer soit la croyance que maintient l'Église par rapport à l'infaillibilité de son propre jugement dans
la définition de tout ce qui touche à la foi et aux mœurs, soit ce que Nous-meme Nous avons écrit disant que la primauté et le magistère de Pierre ne doivent point être remis en doute, il apercevra tout de suite que l'on ne saurait donner place dans le Concile à aucune défense d'erreurs condamnées; et que nous pouvions inviter les non-catholiques à une discussion , mais que Nous les avons simplement pressés « de profiter de ce Concile , dans lequel » l'Église catholique , à laquelle appartenaient leurs » ancêtres, donne une nouvelle preuve de son intime » unité et de son invincible vitalité, et de satisfaire » aux besoins de leurs âmes en se retirant d'un » état où ils ne peuvent être sûrs de leur salut. »
Si, par l'inspiration de la grâce divine, ils aperçoivent leur propre danger, s'ils cherchent Dieu de tout leur cœur, ils se dépouilleront facilement de toute opinion adverse et préconçue ; et , mettant de côté tout désir de discussion , ils reviendront au Père loin duquel ils se sont malheureusement égarés depuis longtemps. Quant à Nous, Nous irons joyeusement à leur rencontre, et, les embrassant avec Tamour d'un père , Nous serons heureux de recevoir les félicitations de toute l'Église de ce que Nos enfants qui étaient morts seront ressuscites, et ceux qui étaient perdus auront été retrouvés. Oui , c'est là ce que Nous demandons instamment à. Dieu ; et vous, Vénérable Frère, joignez vos prières aux Nôtres. En attendant , comme gage de la faveur
divine et indice de Notre bienveillance particulière.
Nous vous donnons en toute afTecdon, à vous et à
votre diocèse, Notre bénédiction apostolique.
Donné à Pvome , près Saint-Pierre , ce IV® jour
de septembre 1869, dans la XXIV^ année de Notre
Pontificat.
PIE IX, Pape.
A NOTRE VÉNÉRABLE FRÈRE HENRI-EDOUARD , ARCHEVÊQUE DE WESTMINSTER. PIE IX, PAPE.
Vénérable Frère , salut et bénédiction apostolique.
Dans la lettre que Nous vous avons adressée , le 4 septembre dernier , Vénérable Frère , Nous vous disions que les matières, déjà examinées et décidées par un Concile œcuménique, ne peuvent plus être mises en question, que, par conséquent, on ne peut donner place, dans un nouveau Concile, à aucune apologie des erreurs déjà condamnées et que, pour cette raison. Nous n'avions pu inviter les non-catholiques à une discussion. Nous apprenons maintenant que quelques dissidents ont compris ces paroles de manière à croire qu'il ne leur reste aucun moyen d'exposer les difficultés qui les tiennent séparés de l'Église catholique , et que tout accès auprès de Nous leur est à peu près fermé.
Nous , qui sommes sur la terre , malgré Notre indignité, le Vicaire de Celui qui est venu pour sauver ce qui était perdu , Nous sommes si loin de les repousser d'aucune manière que , au contraire ,
Nous allons au-devant d'eux et que Nous n'avons pas de plus vif désir que de pouvoir tendre les bras, avec un amour paternel, à quiconque revient. Jamais, certes. Nous n'avons voulu imposer silence à ceux qui, égarés par une mauvaise éducation et se croyant dans la vérité , pensent que leur dissidence avec Nous repose sur des arguments puissants qu'ils voudraient, à cause de cela, faire sérieusement exammer par des hommes sages et prudents. Bien que cela ne puisse se faire dans le sein du Concile , il ne manquera point d'hommes versés dans les sciences divines et désignés par Nous, auxquels ils pourront ouvrir leur àme , et exposer avec confiance tous les motifs de leurs propres sentiments, de telle sorte que, du choc d'une discussion entreprise seulement dans le désir de découvrir la vérité, ils soient à même de recueillir une lumière plus abondante qui les guidé vers elle.
Puisse- t-il y en avoir un grand nombre qui prennent cette ligne de conduite, et qui la suivent avec bonne foi! Car cela ne saurait se faire sans qu'il en ressorte de grands avantages et pour eux-mènnes et pour les autres : pour eux-mêmes d'abord, parce que Dieu montrera sa face à ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et il leur donnei'a ce à quoi ils aspirent; ensuite, pour les autres, parce que nonseulement l'exemple d'hommes éminents ne saurait manquer d'avoir son efficacité, mais encore parce
que plus ceux-ci auront travaillé avec ardeur à obtenir le bienfait de la vérité , plus ils déploieront de zèle et d'efforts pour le communiquer aux autres.
Tandis que Nous prions instamment la divine clémence d'amener cet heureux résultat , recevez. Vénérable Frère , la bénédiction apostolique , que Nous accordons à vous et à tout votre diocèse comme signe de la faveur d'en-haut et comme gage de Notre affection spéciale.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 30 octobre 1869, la vingt-quatrième année de Notre Pontificat.
PIE IX, Pape.
Nous donnons également la traduction du P)ref apostolique, annonçant à la chrétienté un jubilé à l'occasion du Concile œcuménique.
A TOUS LES FIDÈLES DU CHRIST QUI VERRONT LES PRÉSENTES , PIE IX, PAPE, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE.
Personne n'ignore que Nous avons convoqué un Concile œcuménique qui doit être ouveit dans notre basilique du Vatican le 8 décembre prochain , jour consacré à la Conception Immaculée ti"ès-Sainte de la Vierge Mère de Dieu. C'est pourquoi, en ce temps-ci surtout , Nous ne cessons , dans Ihumilité de notre cœur, d'adresser de très-ferventes prières et supplications au très-clément Père des lumières et des miséricordes, de qui découle tout don excellent et parfait, afin qu'il envoie du ciel où il siège, pour
Nous assister, sa sagesse, et qu'elle soit avec Nous, travaille avec Nous , et que Nous sachions ce qu'il a pour agréable. Et afin que Dieu prête plus facilement l'oreille à nos vœux et à nos prières. Nous avons résolu d'exciter la religion et la piété de tous les fidèles du Christ, pour que, joignant nos prières, nous itnploi'ions le secours de la droite du Tout- Puissant et sa céleste lumièi'e , et nous puissions décider dans ce Concile toutes les choses qui ont rapport au salut commun du peuple chrétien tout entier, à l'utilité, à la plus grande gloire et félicité et surtout à la paix de l'Église catholique. Et comme il est manifeste que les prières des hommes sont plus agréables à Dieu lorsqu'ils se présentent à lui avec un cœur pur , c'est-à-dire l'àme exempte de toute faute, Nous avons résolu d'ouvrir à cette occasion, aux fidèles du Christ, avec une hbérahté apostolique, les trésors célestes des indulgences confiés à notre distribution, afin que, embrasés d'ardeur pour une vraie pénitence et purifiés des taches de leurs péchés par le sacrement de pénitence , ils abordent avec plus de confiance le trône de Dieu, et obtiennent le secours opportun de sa miséricorde et de sa grâce.
C'est dans cette intention que Nous annonçons au monde catholique l'indulgence ad instar Juhilœi. A cet effet, fort de la miséricorde du Dieu toutpuissant et de l'autorité de ses Apôtres les bienheureux Pierre et Paul ; par ce pouvoir de lier et de
délier que le Seigneur Nous a confié malgré notre indiî?nité; à tous les fidèles du Christ de l'un et l'autre sexe qui demeurent dans notre bonne ville de Rome ou s'y rendent, et qui, à pnrtir du l^^^" juin prochain jusqu'au jour de la clôture du Concile que Nous avons convoqué , visiteront les basiliques de Saint- Jean-de-Latran, de Saint-Pierre et de Sainte-Maiie- Majeure ou deux fois l'une d'elles, y prieront dévotement pendant quelque temps pour la conversion de tous ceux qui sont malheureusement dans Terreur , pour la propagation de la très-sainte foi et pour la paix, la tranquillité et le triomphe de l'Église catholique, et en outre jeûneront non-seulement aux Quatre-Temps de l'année, mais encore trois jours, même non continuels, soit le mercredi, le vendredi et le samedi, et, dans le même espace de temps se confesseront, recevront avec respect le sacrement de l'Eucharistie, et feront quelque aumône aux pauvre selon ce que sa dévotion suggérera à chacun ; et aux autres fidèles domiciliés hors de Piome, en quelque lieu que ce soit, qui visiteront pendant le même laps de temps les églises désignées sur lecture de ce Bref par les évoques, leurs vicaires ou officiaux , ou ceux qui, délégués par eux ou en leur absence, exercent la charge des âmes, ou deux fois une de ces églises, en accomplissant les autres œuvres prescrites. Nous accordons miséricordieusement dans le Seigneur, par les présentes, l'indulgence plénière et la rémission de tous leurs péchés.
comme on a coutame de l'accorder, l'année du Jubilé, à ceux qui visitent certaines églises de Rome ou hors de Rome, et cette indulgence pourra être appliquée per modum suffragii aux âmes qui ont quitté cette vie unies à Dieu dans l'amour.
Nous accordons aussi que les personnes en voyage sur mer ou sur terre puissent gagner cette môme indulgence aussitôt qu'elles seront de retour dans leurs domiciles respectifs, en accomplissant les œuvres susdites et en visitant deux fois l'église cathédrale ou principale ou leur église paroissiale. Quant aux religieux de l'un et l'autre sexe , à ceux qui vivent dans une clôture perpétuelle, à tous les autres , laïques , séculiers ou réguliers , ainsi qu'à ceux qui sont en prison ou en esclavage ou empêchés par la maladie ou toute autre raison, et ne pouvant accomplir les œuvres susdites ni quelques unes d'entre elles , Nous accordons aussi qu'un des confesseurs approuvés par l'évêque diocésain commue ces œuvres en autres œuvres de piété, les ajourne à un autre temps ou en fixe que les pénitents puissent accomplir, avec la faculté de dispenser de la communion les enfants qui n'ont pas encore été admis à la première communion.
En outre, à tous les fidèles séculiers et réguliers de quelque ordre ou institut que ce soit, même de ceux qui doivent être nommés spécialement. Nous accordons la faculté de se choisir à cet effet pour confesseur tout prêtre séculier ou régulier approuvé
comme tel parFordinaire (faculté dont jouiront aussi les religieuses, novices et autres femmes vivant dans les monastères, pourvu que ce confesseur soit approuvé pour les religieuses), lequel les puisse absoudre au for de la conscience et cette fois seulement des sentences et censures d'excommunication, de suspense et autres ecclésiastiques, infligées par le droit ou par Thomnie pour quelque cause que ce soit, à Fexception de celles exceptées ci-dessous, et de tous les péchés, excès, crimes et délits, quelque graves et énormes qu'ils soient, même réservés spécialement aux ordinaires, ou à Nous et au Saint-Siège, et dont l'absolution d'ailleurs quelque ample que ce soit ne serait pas censée accordée, et puisse, quant aux vœux quelconques, même jurés et réservés au Saint-Siège (excepté toujours ceux de chasteté, de religion et d'obligation acceptés par un tiers ou bien où il s'agit du préjudice d'un tiers, si ces vœux sont parfaits et absolus, et excepté aussi les peines qui sont appelées préservatives du péché, à moins que la commutation future ne soit conçue de façon à ne pas moins empêcher de commettre le péché que la première matière du vœu) les commuer, en en dispensant , en autres œuvres pies et salutaires, en leur enjoignant à tous, quels qu'ils soient, dans toutes les matières susdites , une pénitence salutaire et d'autres choses au choix du confesseur.
Nous accordons en outre la faculté de dispenser de l'irrégularité provenant de la violation des cen-
sures , pourvu qu'elle ne soit ni publique ni de nature à le devenir facilement. Nous n'entendons, cependant, par les présentes, ni dispenser de toute autre irrégularité ex delicto ou ex defectu, publique ou occulte , ou de toute note , incapacité ou inhabilité encourue d'une façon quelconque, ni accorder quelque pouvoir d'en dispenser, d'habiliter et de rétablir in pristinum statum , même au for de la conscience , ni déroger à la Constitution Sacramentum Pœnitentice publiée par notre vénérable prédécesseur Benoit XIV , avec des déclarations spéciales quant à l'inhabilité à absoudre le complice et à Fobhgation de la dénonciation, ni établir que les présentes puissent ou doivent être en faveur de ceux qui ont été par Nous et le Saint-Siège par quelque prélat ou juge ecclésiastique, excommuniés nominatim , suspendus , interdits ou déclarés tombés sous le coup d'autres sentences et censures, ou dénoncés publiquement, à moins qu'ils n'aient satisfait dans le temps prescrit et ne se soient entendus avec les parties. S'ils n'ont pu satisfaire au gré du confesseur dans te temps prescrit , Nous accordons qu'on les absolve dans le for de la conscience à cette seule fm de leur faire gagner les indulgences du jubilé, et en leur imposant l'obhgation de satisfaire aussitôt qu'ils le pourront.
C'est pourquoi , en vertu de la sainte obéissance , Nous prescrivons et commandons strictement par les présentes à tous les ordinaires et à leurs vicaires
'204 LES DOCTPxINES CATHOLIQUES.
et officiaux et, à leur défaut, à ceux qui ont charge d'àmes , que , aussitôt après avoir reçu la copie ou un exemplaire imprimé des présentes, le plus tôt qu'ils le jugeront à propos dans le Seigneur selon les temps et les lieux , ils publient ou fassent publier les présentes dans leurs Églises et diocèses, provinces , villes , bourgs et localités , et désignent au peuple convenablement préparé autant que possible par la prédication de la parole de Dieu, l'église ou les églises à visiter pour le présent jubilé.
Et ce, nonobstant les constitutions et prescriptions apostoliques , surtout celles qui réservent la faculté d'absoudre de certains cas y exprimés au Pontife Romain régnant, de sorte que des indulgences et des pouvoirs semblables ou non ne peuvent être accordés à personne s'il n'est fait mention expresse ou dérogation spéciale à ce sujet ; nonobstant la règle de non concedendis Indulgentiis ad instar; nonobstant les statuts et coutumes, privilèges et induites confirmés par serment, sanction apostolique ou autrement , des ordres , congrégations ou instituts quelconques , et accordés , approuvés et renouvelés par lettres apostoliques aux mêmes ordres , congrégations et instituts et à leurs personnes : toutes choses auxquelles , lors même qu'il faudrait faire d'elles et de leur teneur entière une mention ou toute expression spéciale , spécifique , expresse et individuelle , mais non par des clauses générales emportant le même effet , ou bien obser-
ver pour cela une forme particulière, tenant leur teneur pour suffisamment exprimée par les présentes, et leur forme pour gardée, Nous dérogeons cette fois spécialement, nominatim et pour l'effet que dessus, nonobstant toutes autres choses contraires.
Nous commandons en outre que, à partir du l^^juin jusqu'au jour où le synode œcuménique sera clos, dans le monde catholique tout entier, les prêtres de l'un et l'autre clergé ajoutent chaque jour à la messe l'oraison du Saint-Esprit, et que la messe du Saint-Esprit soit célébrée outre la messe conventuelle ordinaire, dans toutes les églises patriarcales , basiliques et collégiales de Rome , ainsi que dans toutes les cathédrales et collégiales du monde par leurs chanoines, et dans toutes les églises des religieux des diverses familles religieuses qui sont tenus à célébrer la messe conventuelle ; cette messe du Saint-Esprit sera célébrée le jeudi , quand une fête de première et de seconde classe ne tombera pas ce jour-là, sans que, néanmoins, cette messe ait aucune obligation d'application.
Comme les présentes ne peuvent être portées partout et afin qu'elles parviennent plus facilement à la connaissance de tous , Nous voulons que , dans tous les pays, on ajoute la même foi à leurs copies ou exemplaires imprimés, revêtus de la signature d'un notahe public ou du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique, qu'aux pré-
^ sentes elles-mêmes si elles étaient exhibées ou
montrées.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, sous l'Anneau du Pêcheur, le 11 avril 1869, de notre pontificat la XXIIP année.
N. Gard. Paraccl\ni-Glarelli.
Après que le Souverain Pontife eut ainsi annoncé au monde les grandes assises de TÉglise réunie , et ouvert aux fidèles les trésors des miséricordes célestes , il choisit de savants théologiens , chargés de préparer les principales questions qui allaient faire l'objet des délibérations conciliaires.
Les règles, suivies dans les travaux préparatoires du Concile du Vatican , sont celles qui furent observées à l'époque du Concile de Trente.
Les évêques de la catholicité avaient été invités à répondre aux questions qui leur avaient été posées par le cardinal Caterini au nom du Saint-Siège.
Voici ces questions précédées de la lettre du cardinal-préfet de la congrégation du Concile :
Illustrissime et révérendissime Seigneur,
Notre Très-Saint Père le Pape Pie IX a été donné de Dieu à la maison d'Israël et placé au faîte du ministère apostolique pour veiller à tout ce qui la regarde. C'est pourquoi, dès qu'une occasion opportune se présente de travailler à la vraie félicité du peuple chrétien , ou de constater soit les
maux dont il subit déjà les atteintes, soit ceux dont il n'est encore que menacé, le Saint-Père s'empresse de la saisir, afin de pourvoira tout avec zèle et dévouement par sa prévoyance et son autorité , et d'appliquer avec ardeur les remèdes les plus efficaces.
Jugeant que dans les temps si durs où nous vivons, c'est par une grâce particulière de Dieu qu'il lui est donné , à l'occasion de la prochaine solennité du Centenaire célébré en mémoire du glorieux martyre des Saints Apôtres Pierre et Paul , et accompagné de la canonisation d'un si grand nombre de héros de la religion chrétienne , de voir réunis autour de son trône, non-seulement les Cardinaux de la sainte Église romaine, mais encore tant de Révérendissimes Évêques venus de toutes les parties de la terre, le Saint-Père a résoUi, dans sa sagesse, de mettre à profit leur pésence, qui lui est si douce, et leur coopération. En conséquence, il a ordonné que certaines questions relatives à des points plus particulièrement graves de la discipline ecclésiastique fussent propossées aux Evêques présents à Rome, afin qu'une fois informé avec certitude du véritable état des choses en ce qui touche ces questions , il puisse prendre en temps opportun les mesures qu'il jugera convenables selon Dieu.
Des points de disciphne sur lesquels par ordre de Sa Sainteté cette Sacrée-Congrégation du Concile demande à Votre Grandeur un rapport et un
avis en ce qui touche votre diocèse, sont clairement exposés dans le SyUahus que nous joignons à cette lettre.
S'il y avait encore quelque autre chose qui ressente l'abus ou qui amène de graves difficultés dans l'exécution rigoureuse des sacrés canons, vous serez entièrement libre de l'exposer et de le déclarer, car , sans aucun doute le Saint-Siège , après un mûr examen, s'empressera d'y pourvoir autant que le permettront la nature des choses et les circonstances des temps.
Pour que Votre Grandeur ait tout le temps nécessaire pour faire ce rapport avec soin et d'une manière complète , il vous est accordé trois et même quatre mois , s'il est nécessaire , à partir de la date de cette lettre. Vous aurez soin , d'alleurs , d'envoyer ce rapport ou à Sa Sainteté elle-même ou à cette Sacrée Congrégation.
En attendant , j'exprime du fond du cœur à Votre Grandeur mes sentiments dévoués , et demande pour elle au Seigneur tout ce qu'elle peut souhaiter d'heureux et de salutaire.
De Votre Grandeur , etc.
Donné à Rome, à la Sacrée Congrégation du Concile , le 6 juin 1867.
P. Card. Caterini, préfet.