QUESTIONS PROPOSÉES 'AUX ÉVÊQUES PAR LE SIEGE APOSTOLIQUE
1*^ Les prescriptions canoniques qui interdisent absolument d'admettre des hérétiques ou des schismatiques à remplir la fonction de parrain dans l'administration du baptême sont-elles observées soigneusement?
2<^ Dans quelle forme et par quelles garanties est prouvée la liberté d'état pour contracter mariage ? Le jugement touchant la liberté d'état de chaque contractant est-il réservé à l'Evoque ou à sa cour épiscopale ? Enfin que conviendrait-il de prescrire encore sur ce point en se remettant sous les yeux l'instruction du 21 août 1670 promulguée par l'autorité de Clément X de sainte mém.oire ^?
3° Quels remèdes peuvent être appliqués pour empêcher les maux provenant de ce qu'on appelle le mariage civil ?
4^ Dans plusieurs lieux où les hérésies se propagent impunément , les mariages mixtes sont permis parfois en vertu de dispenses du Souverain Pontife, mais sous la condition expresse que les garanties nécessaires et opportunes , celles surtout
* Cette instruction a pour titre dans le Bullaire : Instrvctio ^n'o examine illoruni testium qui inducnniiir 2^ro contraliendis tnalrimoniis etc., et indique les précautions à prendre pour s'assurer de l'exactitude des dépositions de ces témoins sur la liberté d'état des contractants, c'est-ià-dire sur la question de savoir s'ils sont libres de contracter mariage , si aucun empêchement canonique ne s'oppose à leur union.
qui sont requises pour de telles unions par le droit naturel et divin seront préalablement données. II n'est pas permis de douter que les ordinaires des lieux ne détournent et ne dissuadent les fidèles de contracter de telles unions, et qu'en appliquant, s'il y a de graves motifs , la permission apostolique de donner dispense de Tempêchement de religion mixte, ils ne veillent avec le plus grand soin et toute sollicitude à ce que les conditions qu'elle impose soient, comme il est juste, sûrement garanties ; mais cependant après qu'elles ont été promises, sont-elles habituellement remplies saintement et soigneusement, et quels remèdes pourrait-on prendre pour que personne ne s'affranchisse témérairement de l'accomplissement des promesses faites ?
5° Comment arriver à ce que dans la prédication de la parole de Dieu les discours sacrés aient toujours une telle gravité qu'ils se gardent purs de tout esprit de vanité et de nouveauté ; et encore , à ce que tout enseignement donné aux fidèles soit en réalité contenu dans la parole de Dieu , et, par conséquent, tiré comme il convient de l'Ecriture et de la tradition?
6° Il est souverainement regi'ettalile que les écoles populaires, ouvertes à tous les enfants de toutes les classes du peuple , ainsi que les institutions publiques destinées à l'enseignement plus élevé des lettres et des sciences et à l'éducation de la jeunesse soient généralement soustraites en
beaucoup de lieux à l'autorité modératrice de l'Église , à son action et à son influence ; qu'elles demeurent absolument soumises à l'arbitraire de l'autorité civile et politique , au bon plaisir de ceux qui gouvernent, et que tout s'y règle d'après les opinions communément reçues de nos jours. Que pourrait-on faire pour apporter un remède convenable à un si grand mal et assurer aux fidèles du
. Christ le secours d'une instruction et d'une éducation catholique?
7° Il est très important que les jeunes clercs soient instruits convenablement dans les lettres et les sciences. Que pourrait-on prescrire pour développer de plus en plus l'instruction du Clergé, et surtout pour que l'étude des lettres latines, d'une philosophie rationelle exempte de tout péril d'erreur, delà saine théologie et du droit canon, devienne de plus en plus florissante , surtout dans les séminaires diocésains?
8^ Par quels moyens pourrait-on exciter les clercs, surtout ceux qui sont déjà prêtres , à ne pas cesser de s'appliquer avec soin, leurs études scolaires terminées, à l'étude de la théologie et du droit canon? Que faudrait-il d'aiUeurs faire et statuer pour que ceux qui ont déjà été promus aux Ordres sacrés, et qui , doués de plus de moyens , se sont le plus distingués dans le cours de leurs études philosophiques et théologiques , pussent être plus profondément
. instruits dans toutes les sciences divines et sacrées,
et principalement dans celles des divines Écritures, des saints Pères , de l'histoire ecclésiastique et du droit sacré ?
9° Conformément à ce qui est prescrit parle Concile de Trente ' quiconque est ordonné doit être fixé à l'église ou au lieu pieux pour les besoins ou l'utilité desquels il est destiné , et y remplir ses fonctions de telle sorte qu'on ne le voie pas courir à l'aventure d'un endroit à un autre ; et s'il abandonne sans l'avis de rÉvêque le lieu qui lui est assigné, l'exercice des fonctions sacrées lui est interdit. Mais ces prescriptions ne sont pas pleinement ni partout observées. Comment les compléter, et que pourrait-on statuer pour que les clercs ne cessent jamais de faire leur service dans leur propre diocèse et de rendre à leur propre prélat le respect et l'obéissance qu'ils lui doivent ?
dQo II s'est formé et il se forme tous les jours un grand nombre de congrégations et d'instituts d'hommes et de femmes qui, liés par des vœux simples , s'adonnent à la pratique de diverses œuvres pieuses. Vaut-il mieux que les congrégations approuvées par le Siège Apostolique s'augmentent et s'étendent, plutôt que de voir s'en former ainsi et s'en constituer de nouvelles qui ont à peu près le même but?
li<^ Le siège épiscopal venant à vaquer par la
' C. X-, vers 23, de Reform.
mort, la démission ou la trarislalioii de l'Éveque, le chapitre de l'Église cathédrale jouit-il d'une entière liberté pour le choix du Vicaire capitulaire ?
12^ En quelle forme est indiqué et se fait le concours qui doit avoir lieu pour la provision des églises paroissiales, conformément au décret du Concile de Trente', et à la Constitution de Benoît XIV, de sainte mémoire, du 14 décembre 1742, commençant par ces mots : Cum ilhicl ?
43^ Comment conviendrait-il d'augmenter les nombreuses causes pour lesquelles les curés peuvent être, conformément au droit, privés de leurs églises? De quelle manière faudrait-il le faire? Et quelle forme plus large de procédure pourrait-on établir pour arriver à rendre ces mesures plus faciles, sans blesser la justice?
14° Comment dans la pratique est exécuté ce que le Concile de Trente a décrété sur les suspenses , appelées exinformaia conscientia' et y a-t-il quelque chose à décider sur le sens de l'application de ce décret?
15° Comment les Évoques exercent-ils le pouvoir judiciaire dont ils sont revêtus en ce qui concerne les causes ecclésiastiques , surtout les causes matrimoniales; et quelle marche suivent-ils , soit dans ces causes , soit pour les appels ?
16^ Quels maux proviennent du service que rem-
' Sess. 24, de Reform., ch. XVIII.
'^ C. I , sess. 14, de Reform.
plissent dans certaines familles catholiques , en qualité de domestiques, des personnes appartenant soit à des associations condamnées, soit à l'hérésie, ou même des personnes non baptisées, et quel remède efficace pourrait-on apporter à ces maux?
17° Qu'y a-t-il à remarquer touchant les cimetières sacrés ; quels abus se sont introduits en cette matière et comment pourrait-on les faire disparaître?
Les réponses des évêques ont été examinées avec soin par les diverses commissions des travaux préparatoires. Les résultats de cet examen devront être soumis aux délibérations des Pères ; mais ce serait une erreur de croire que les délibérations de l'assemblée œcuménique seront restreintes aux sujets préparés dans le sein des commissions. Chaque Père aura toujours le droit de saisir le Concile d'autres points de doctrine ou de discipline. L'organisation de la préparation du Concile a été contiée à une commission centrale ou directrice composée de six cardinaux dont chacun est président d'une commission spéciale. Le but de cette commission à laquelle sont adjoints de nombreux consulteurs, est de classer les -postulata ou les communications faites par les évêques du monde catholique ; puis de les transmettre aux commissions compétentes, d'examiner avec soin toutes les observations qui lui sont suggérées, et de les soumettre à une étude approfondie. Elle doit communiquer directement avec le vSouverain Pontife, et
LES DOCTRINES CATilÔLIQUES. 215
le mettre au courant de tous les objets qu'on juge devoir porter devant le Concile.
Les membres de cette commission centrale sont :