‹ Les Doctrines catholiques; ou, exposition des vérités enseignées dans l'église réunie, depuis Nicée jusqu'à la ive session du VatinChapitre 65 sur 98 · AU SAINT CONCILE ŒCUMP^NIQUE · texte numérisé non relu

AU SAINT CONCILE ŒCUMP^NIQUE

Les Pères soussig7ics demandent très liumhlemeyit et avec instance au saint Synode œcuménique du Vatican , qu'il veuille bien affirmer par un décret , en termes formels et qui excluent toute possibilité de douter, que l'autorité du Pontife romain est souveraine , et , par suite , exempte d'erreur , lorsqu'il prononce sur les choses de la foi et des mœurs , et qu'il enseigne ce qui doit être cru et tenu, ce qui doit être rejeté et condamné par tous les fidèles de Jésus-Christ.

RAISONS DE l'opportunité ET DE LA NÉCESSITÉ DE LA PROPOSITION.

Les saintes Écritures attribuent très clairement au Pontife romain , successeur de saint Pierre , la primauté de juridiction et par conséquent de suprême enseignement à l'égard de l'Église universelle.

La tradition générale et constante de l'Église, exprimée soit par les faits , soit par les sentences des saints Pères , soit par le langage et la conduite de plusieurs Conciles même œcuméniques , enseigne que les jugements du Pontife romain, dans les choses qui touchent à la foi et aux mœurs , sont irréformables.

Les grecs et les latins se sont accordé à formuler, dans le deuxième Concile de Lyon, une profession de foi où il est déclaré c( que les controverses qui regardent la foi doivent être jugées et définies par le Pontife romain. »

Le Concile de Florence , de son côté , a défini que le Pontife romain est le vrai Vicaire de Jésus-

Christ, le Chef de toute l'Église, le Père et le Docteur de tous les chrétiens , et que, dans la personne de Saint-Pierre, Jésus-Christ lui a donné la pleine puissance de paître, de régir et de gouverner PÉglise. »

Du reste , la saine raison enseigne elle-même , avec évidence, que celui-là ne peut demeurer en communion de croyance avec l'Eglise catholique qui n'est pas d'accord avec son Chef, attendu qu'il est impossible de séparer, même par la pensée, l'Église de son C^hef.

Il y a eu cependant des hommes , et il y en a encore, qui , se glorifiant du nom de catholiques et se servant de ce nom pour altérer la foi des faibles, osent enseigner qu'à l'égard des décrets relatifs à la foi et aux mœurs qui émanent de l'autorité du Pontife romain, il est permis de se contenter d'un silence obséquieux sans aucun assentiment intérieur, ou d'une acceptation provisoire, jusqu'à ce qu'il conste de l'assentiment ou du dissentiment de l'Église.

Or, il n'est personne qui ne voie que cette doctrine perverse détruit l'autorité du Pontife romain, brise l'unité de foi, ouvre à l'erreur un vaste champ et lui donne le temps d'étendre au loin ses ravages..

C'est pour cela que les évoques, gardiens et défenseurs de la vérité catholique , se sont efforcés, surtout dans ces derniers temps, d'établir la souveraine autorité doctrinale du Siège apostolique par

leurs décrets synodaux et par des témoignages collectifs '

M. Le Concile provincial de Cologne, tenu en 1800, et qui fut signé par cinq Evoques , sans compter rEminentissime Cardinal- Archevêque de Cologne , Jean de Geissel, enseigne formellement que le Pontife romain est le père et le docteur de tous les chrétiens, et que son jur/emcnt dans les questions de foi est de soi irréformahle.

2. Les Evèques réunis en 1865 dons le Concile d'Utrecht disent du Pontife romain : Nous croyons fermement que son jugement dans les clioses qui regardent la foi et les mœurs est infaillible.

3. Le Concile de Colocza, célébré en 1860, établit: « De môme que Pierre était... le maître irréfragable de la doctrine en ce qui regarde la foi , pour qui le Seigneur lui-même a prié , afin que sa foi ne défaille pas..., de même ses légitimes successeurs sur la chaire de Pierre..., conservent le dépôt de la foi par leur oracle souverain et irréfragable... C'est pourquoi, les propositions du clergé gallican, émises en 168'2, et qui ont déjà été publiquement proscrites dans cette même année par George , de pieuse mémoire^ archevêque de Strigonie , et par les autres Évêques de Hongrie, nous les rejetons de nouveau, nous les proscrivons et nous faisons défense à tous les fidèles de cette province, d'oser les lire , les retenir, et combien moins les enseigner.

4. Le Concile plénier de Baltimore , réuni en 1866 , dans des décrets qu'ont signé 44 Archevêques et Evêques, enseigne, entre autres choses , ceci: « L'autorité vivante ei infaillible ^ n'existe que dans cette Église qui, bâtie par Notre-Seigneur Jésus-Christ sur Pierre, Chef, Prince et Pasteur de toute l'Église dont il a promis que la foi ne faillirait jamais, conserve toujours ses Pontifes légitimes, tirant leur origine sans interruption de Pierre lui-même, placés sur sa chaire, héritiers et vengeurs de Tautorité, de la dignité, de l'honneur et de la puissance de Pierre. Et parce que, où est Pierre, là est l'Église, que Pierre parle parle Pontife romain, qu'il vit toujours et qu'il exerce ses jugements dans ses successeurs et qu'il donne la vérité de la foi à ceux qui la demandent , il faut recevoir les paroles divines dans le sens qu'a tenu et cjide tient cette chaire romaine du bienheureux Pierre, laquelle. Mère et Maîtresse de toutes les Églises, a toujours conservé intacte et inviolable la foi qui lui a été livrée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et l'a apprise aux fidèles, montrant à tous le chemin du salut et la doctrine de la vérité incorruptible.

5. Le premier Concile provincial de Westminster a fait en 1852 cette déclaration : «Comme le Seigneur nous exhorte par ces paroles : Regardez vers la pierre d'où vous avez été tirés; regardez vers Abraham votre père; il est juste que nous qui avons reçu immédiatement du

Mais plus la vérité catholique était ouvertement affirmée, plus elle était vivement attaquée, soit par des brochures, soit par les journaux; et les auteurs de ces écrits ont fait ce qui était en leur pouvoir pour aliéner de la saine doctrine l'esprit des fidèles, et pour détourner, par la crainte , le Concile du Vatican de porter à ce sujet une définition.

De Là il résulte que cette définition, dont pluplusieurs avaient pu , jusqu'à ces derniers temps , révoquer en doute l'opportunité, paraît en ce moment indispensable. Les arguments dont on se sert

Siège apostolique la foi, le sacerdoce et la vraie religion, lui soyons liés plus que tous les autres par les chaînes de l'amour et de Tobéissance. Nous posoyis donc comme fondement de la foi véritable et de l'ordre^ ce que Notre Seigneur Jésus-Christ a voulu poser d'une façon inébranlable , à savoir la chaire de Pierre, mère et tnditresse de tout l'univers^ la Sainte Église Romaine. Tout ce qui a été une fois défini par elle, nous le tenons pour ratifié et certain. Nous embrassons de tout cœur et nous vénérons ses traditions, ses rites, ses pieux usages et toutes les constitutions apostoliques qui regardent la discipline. Enfm^ nous professons d'esprit notre obéissance et notre respect envers le Souverain Pontife comme étant le Vicaire de Jésus-Christ et nous adhérons très étroitement à lui dans la communion catholique. 6. Près de cent Évêques rassemblés de toutes les parties du monde dans cette grande cité , en 1867, pour le centenaire solennel du martyre de saint Pierre et de saint Paul, n'ont pas hésité à s'adresser au Souverain Pontife Pie IX en ces termes : « Convaincus que Pierre a parlé par la bouche de Pie , tout ce qui a été dit , confirmé et publié par Yous^ nous le disons aussi, nous le confirmons et nous l'annonçons ; nous rejetons aussi d'une même bouche et d'un mèm.e esprit tout ce que Vous avez jugé devoir être rejeté et repoussé comme opposé à la foi divine , au salut des âmes et au bien de la société humaine. Car elle est vivante et profondément enracinée dans nos esprits, cette vérité que les Pères de Florence ont définie dans le décret d'union, en disant : « Le Pontife Romain, vicaire de Jésus- Christ, est le chef de toute l'Église. 11 est le Père et le Docteur de tous les chrétiens. »

pour attaquer ce point de la doctrine catholique, sont précisément ceux dont se servaient, jadis, des hommes qui se sont condamnés eux-mêmes par les excès auxquels leurs faux principes les ont conduits. Il suffit, en effet, de presser ces arguments pour en faire sortir le renversement de la primauté du Pontife romain et de rinfaillihilité de l'Église. Déjà, du reste, on môle à ces arguments les calomnies les plus outrageantes pour le Siège apostolique, et l'on a vu les agresseurs soi-disant catholiques de la doctrine catholique, pousser l'audace jusqu'à nier l'œcuménicité du Concile de Florence, qui a déclaré en termes si clairs l'autorité du Pontife romain.

Si donc le Concile du Vatican ainsi provoqué se taisait , et omettait de rendre témoignage à la vérité catholique, le peuple catholique commencerait à regarder la vraie doctrine comme douteuse , et les novateurs triomphants ne manqueraient pas de dire que le Concile a été réduit au silence parla force de leurs arguments. Bien plus, ils ne cesseraient plus de se prévaloir de ce silence pour refuser d'obéir aux décrets du Siège apostolique relatifs à la foi et aux mœurs, en soutenant que dans ces décrets le Pontife romain peut se tromper.

L'intérêt général de l'Église semble donc demander que le saint Concile du Vatican, renouvelant et expliquant le décret du Concile de Florence relatif au Pontife romain, établisse, par les paroles claires et inaccessibles au doute , que l'autorité du Pontife

romain est souveraine , et par conséquent exempte d'erreur, lorsque, dans les questions qui touchent à la foi et aux mœurs , il définit et ordonne à tous les fidèles ce qu'ils doivent croire et tenir, rejeter et condamner.

Il en est , nous le savons , qui pensent qu'il est plus prudent de s'abstenir de cette définition, afin, de ne pas éloigner davantage de l'Église les schismatiques et les hérétiques. Mais il faut remarquer d'abord que le peuple catholique a le droit d'apprendre du Concile œcuménique ce qu'il doit croire dans une question si grave et attaquée naguère avec tant d'acharnement; ce serait violer ce droit que de permettre aune erreur pernicieuse de corrompre beaucoup d'àmes simples et exposées à ses pièges. Aussi les Pères de Lyon et de Trente ne se dispensèrentils pas d'établir la vraie doctrine parce qu'ils pouvaient craindre de blesser les schismatiques et les hérétiques. Tous ceux parmi ces hommes trompés qui cherchent la vérité dans la sincérité de leur cœur, bien loin d'être éloignés, seront attirés au contraire, quand on montrera le fondement principal sur lequel s'appuient l'unité et la solidité de l'ÉgUse. Que si la définition de la vraie doctrine par le Concile général devait être suivie de la défection de plusieurs catholiques, ce ne pourrait être qu'autant que ces hommes , en petit nombre , auraient déjà perdu la foi, et que, déjà séparés intérieurement de l'Église, ils ne chercheraient plus qu'un pré-

texte pour se séparer d'elle extérieurement. Ce sont précisément ces faux catholiques qui ne cessent de troubler les vrais fidèles et de leur tendre des pièges ; le Concile du Vatican ne saurait trop prémunir contre ces embûches les enfants de la sainte Église. Quant au peuple vraiment catholique, accoutumé dès longtemps à prêter la plus complète obéissance de cœur et de bouche aux décrets du Saint-Siège , il recevra avec joie et fidélité la décision du Concile du Vatican sur fautorité infaillible du Pontife romain. »

Le 10 janvier, une neuvième congrégation générale a lieu à la basilique vaticane. Plusieurs Pères ont pris la parole. Après le dernier discours, le cardinal de Angelis , présidant l'assemblée , l'a informée qu'on allait distribuer le bulletin pour y inscrire les noms des membres proposés pour la commission du rite oriental.

Cette commission devra traiter non-seulement de tout ce qui regarde les Églises d'Orient , mais aussi de ce qui a trait aux missions et à la propagation de la foi.

A la dixième congrégation, le 14 janvier, l'on a commencé la discussion relative aux schemata de la discipline ecclésiastique.

Le cardinal de Angelis a prévenu l'assemblée des Pères du Vatican qu'on allait procéder à la nomination des membres de la commission des rites

orientaux, ainsi que cela avait été annoncé à la séance précédente.

Cette commission est la dernière des quatre grandes délégations prescrites par le Bref apostolique Multiplices inter.

Voici les noms des membres qui sont sortis de l'urne , d'après l'ordre des suffrages obtenus :

NN. SS

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