‹ Les Doctrines catholiques; ou, exposition des vérités enseignées dans l'église réunie, depuis Nicée jusqu'à la ive session du VatinChapitre 67 sur 98 · Gharles Poirier ;, Évêque de Roseau (Indes-Orientales · texte numérisé non relu

Gharles Poirier ;, Évêque de Roseau (Indes-Orientales

Les congrégations générales continuent activement leurs séances.

Le Concile est une œuvre sérieuse. C'est un labeur consciencieux. Les discussions s'engagent successivement sur les points les plus importants.

Les 15, 19, 21 , 22, 24 et 25 janvier, ont lieu des congrégations générales qui ont discuté des matières de discipline ecclésiastique. Chaque séance a duré plus de trois heures. A la lin de la séance du 21 janvier, on a distribué aux Pères du Concile un schéma sur le dogme. Ce schéma doit être étudié avec soin et soumis plus tard à la discussion des juges dans la foi.

Les délibérations continuent. En une semaine nous voyons quatre con^Tégations se succéder : le 3, 4 , 7 et 8 février.

Dans le même mois, trois autres congrégations générales ont encore lieu. On y a discuté la question du petit catéchisme.

D'importantes modifications sont faites au règlement du Concile.

Dans la cone^réiration du 22 février, tous les Pères ont reçu une ordonnance signée des cinq présidents. Elle indique l'ordre à suivre désormais dans la discussion des schemata.

Voici cette ordonnance :

c( Par Lettres apostoliques du 27 novembre de l'année dernière , commençant par ces mots : MuUi' 2:)lices inter, le Souverain Pontife a déterminé l'ordre général qui doit être observé dans la célébration du Concile, et il a donné notamment certaines règles formelles concernant la manière dont les Pères doivent discuter.

Mais aujourd'hui Notre Très-Saint Seigneur, désirant atteindre plus facilement la fm qu'il se propose et tenant compte des demandes qui lui ont été plusieurs fois adressées par la plupart des Pères du Concile, sur ce que la suite des discussions conciliaires se prolonge plus que de raison , a résolu , dans sa sollicitude apostolique , de donner quelques règles particulières pour les discussions des Congrégations générales, règles qui, tout en maintenant

Tordre général précédemment établi, et en concervant entière la liberté de discussion, telle qu'elle convient à des Evoques de l'Église catholique, permettraient dans les discussions et les délibérations d'examiner les questions et de les traiter d'une manière plus expéditive et plus complète.

C'est pourquoi, ayant tenu conseil avec les Cardinaux présidents des Congrégations générales , et ayant , en outre , pris l'avis des Pères de la Congrégation particulière instituée pour recevoir et examiner les propositions des Évêques , Notre Très-Saint Seigneur a ordonné que l'on publierait et que l'on observerait les dispositions suivantes :

I. Un projet de Constitution ayant été distribué aux Pères du Concile, les Cardinaux présidents des Congrégations générales fixeront un temps convenable dans lequel les Pères qui croiront devoir faire des observations sur le projet devront les remettre par écrit.

II. Les observations devront être rédigées dans l'ordre suivant: l'écrit contiendra d'abord celles qui concernent le projet considéré dans son ensemble, soit intégralement pris , soit divisé d'après les indications des présidents ; ensuite celles qui se rapportent à chacune des parties du projet, en gardant l'ordre même de ce projet.

III. Ceux des Pères qui croiront devoir apporter des observations, soit sur les termes, soit sur les paragraphes du projet, présenteront de nouvelles

expressions ou une nouvelle rédaction de ces paragraphes, pour être substituées à la place de ce qui se trouve dans le premier projet.

IV. Les observations écrites de cette façon par les Pères du Concile, et munies de leur propre signature, seront remises au secrétaire du Concile , et transmises par ses soins aux députations respectives des Évêques.

V. Lorsque des observations de cette sorte auront été examinées dans une séance de la députation qui doit en connaître, le projet réformé sera distribué à chaque Père, avec un rapport sommaire, dans lequel mention sera faite des observations proposées.

YL Le projet ayant été communiqué simultanément avec ledit rapport aux Pères du Concile , les Cardinaux présidents fixeront le jour de la Congrégation générale dans laquelle s'ouvrira la discussion.

VIL La discussion portera d'abord sur le projet considéré en général , pris dans son intégralité , ou divisé d'après les indications des présidents et, celte discussion terminée, on abordera ensuite chacune des parties, et toujours dans la discussion de chaque partie, les orateurs auront à donner la formule à substituer à la phrase ou au paragraphe du projet discuté, laquelle formule sera remise par écrit au président, après le discours.

VIII. Ceux qui voudront parler sur le projet réformé, tout en ayant soin d'indiquer aux présidents leur intention de discuter , devront pareillement faire

connaître s'ils se proposent de parler sur tout le projet en général , ou sur ses parties en particulier; et, si c'est sur une partie, sur quelle partie.

IX. Il sera loisible aux Evêques de chaque députation, après en avoir obtenu l'autorisation des présidents, de répondre aux objections et aux observations des orateurs, de façon, cependant, qu'ils aient la faculté de parler aussitôt après le discours d'un orateur , ou de répliquer à la fois à plusieurs orateurs qui auraient discuté sur le même sujet, et cela le même jour ou un autre jour.

X. Les discours des orateurs se renfermeront dans les limites de la question engagée. S'il arrive que quelqu'un des Pères s'en écarte , il appartiendra aux présidents de le rappeler à la question.

XI. Si la discussion, après un examen suffisant, se prolonge outre mesure , les Cardinaux présidents, sur une demande écrite, présentée par au moins dix Pères, pourront demander à la Congrégation gmérale si elle veut que le débat continue. Après avoir pris les suffrages par assis et levé, ils mettront fin à la discussion, si tel est l'avis de la majorité des Pères présents.

XII. Quand, sur une partie du projet, la discussion sera terminée , les Cardinaux présidents, avant qu'il soit passé à une autre partie , recueilleront les suffrages de la Congrégation générale , d'abord sur les divers amendements proposés dans cette même discussion , ensuite sur l'ensemble du texte de la partie examinée.

XIII. Les suffrages, tant sur les amendements que sur le texte de chacune des parties, seront donnés par les Pères du Concile de telle façon que les présidents invitent à se lever successivement et séparément d'abord ceux qui donnent leur assentiment à l'amendement au texte , ensuite ceux qui y sont opposés. Les suffrages ayant été recensés, ce qui aura été agréé par le plus grand nombre de Pères sera décrété.

XIV. Quand les suffrages auront été portés de cette façon sur toutes les parties du projet, les Cardinaux présidents demanderont le sentiment des Pères sur le projet examiné. Leurs suffrages seront exprimés de vive voix , par les mots (( Placet ^) ou « Non placet )) ; cependant, ceux qui croiront devoir y ajouter quelque condition devront livrer leur suffrage par écrit.

Donné à Rome, le 20 février 1870.

Philippe card. de Angelis, président; Antonin card. de Luca, président; André card. Bizzarri, président; Louis card. Bilio, président; Annibal card. Capalti, président.

Joseph, Évêque de S. Pœlten , secrétaire. »

Depuis un mois, le Concile n'a plus tenu de congrégations générales ; mais toutefois les travaux ne cessent pas : les membres de la députation de la foi ont pour ainsi dire chaque jour des réunions sous la présidence du cardinal Bilio.

Le premier schéma sur la foi est élaboré et prêt à être soumis à la discussion générale.

Après un mois employé par les Pères à des études préliminaires , une nouvelle congrégation générale a lieu le 18 mars. La discussion du premier schéma touchant la foi est ouverte.

Le 22 mars, on termine cette discussion du premier schéma.

Le préambule et les premiers chapitres du décret sont ensuite soumis à l'examen des Pères.

La commission de fide a chargé Mgr Simor , primat de Hongrie , de répondre aux difficultés et objections qui pourront se présenter dans le cours de la discussion sur cette matière.

Les travaux préparatoires ont porté leurs fruits. A la congrégation générale du 29 mars, les suffrages sont recueillis , et tous les paragraphes du premier chapitre relatif ou schéma de la foi, votés et adoptés à une immense majorité.

Le 12 avril , la congrégation générale vote l'ensemble de la Constition dogmatique. Les Pères interpellés nominativement ont dû exprimer à haute voix leurs suffrages. Il ne suffisait pas que chaque

Père donnât son avis, par assis et levé, d'abord sur tous les amendements proposés, et ensuite sur l'ensemble de chaque chapitre ; il fallait encore que chacun émît son suffrage sur la Constitution entière.

Le sous-secrétaire était sur Tambon et appelait successivement les Pères en suivant l'ordre de leur dignité et promotion : Cardinaux , Archevêques , Évoques , généraux d'ordre. Ils donnaient leur assentiment à la Constitution dogmatique par la formule : Placet. Ceux qui l'auraient désapprouvé auraient répondu : Non placet. Quant à ceux des Pères qui désiraient introduire des modifications dans la Constitution dogmatique , ils avaient pleine liberté d'indiquer par écrit les changements ou corrections qu'ils jugeaient à propos.

La congrégation générale, au nombre de six cents, n'a pas prononcé un seul non placet. Tous les suffras^es ont été favorables. Environ une centaine de Pères ont proposé quelques restrictions à leur vote. La commission du dogme aura à examiner les divers amendements réclamés, et, à la prochaine réunion de la congrégation générale, sera présentée la rédaction définitive du décret. Un nouveau vote devra avoir lieu dans le sein de la congrégation, et enfin la troisième session publique du Concile n'aura plus qu'à ratifier et à proclamer solennellement ce vote. Il imposera alors k tous les fidèles de la chrétienté une croyance et une direction qui

dureront autant que l'Église militante , c'est-à-dire jusqu'à la fin des temps.

Peut-on voir un plus grand respect pour la liberté d'une discussion? Quelles mûres et sages délibérations !

Est-il possible de montrer plus d'égards pour les objections qu'il plaît à n'importe quel Père de la grande assemblée, fût-il le plus inconnu, de présenter aux consciencieuses méditations de ses confrères? Le règlement du Concile protège l'assemblée contre d'inutiles et infructueuses lenteurs , mais il la laisse libre de faire jaillir sur la vérité définie la plus pure et la plus resplendissante lumière.

DIX-NEU\IÉME CO^XILE ŒCUMÉNIQUE [Suite].

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