DIX-NEUVIÉME CONCILE ŒCUMÉNIQUE
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QUATRIÈME SESSION DU CONCILE DU VATICAN , LE 18 JUILLET 1870. — DÉFINITION DU DOGME DE L'iNFALLIBILITÉ DU SOUVERAIN PONTIFE.
Le séance, comme les précédentes, a commencé par la messe du Saint-Esprit, célébrée par le Cardinal Barili. L'office terminé, le Souverain Pontife a fait son entrée dans la salle conciliaire ; il s'est avancé vers son trône au milieu de l'assemblée de ses frères inclinés sous la main bénissante du Vicaire de Jésus-Christ. Alors ont été récitées les admirales prières du Concile. Nous les avons fait connaître en décrivant les autres sessions.
L'Évangile choisi pour cette circonstance était celui de Saint-Matthieu où sont mentionnées les promesses que Jésus-Christ a faites au chef des Apôtres : « Tu es Pierre , sur cette pierre je bâtirai mon Église ; les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs dn royaume des cieux; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié
dans le ciel, et tout ce qui se délieras sur la terre sera délié dans le ciel! »
Ces paroles divines étaient biefi choisies pour le jour où elles allaient recevoir leur véritable et immuable interprétation dans l'Église enseignante.
Après l'Évangile, on a chanté le Veni Creator. Puis Mgr Valenziani , évêque de Fabriano , accompagné du secrétaire du Concile, est venu au trône pontifical. Le Souverain Pontife lui a remis le décret qui a été lu du haut de l'ambon.
PIE ÉVÊQUE, SERVrrEUR DES SERVITEURS DE DIEU, LE SAINT CONCILE APPROUVANT, EN PERPÉTUEL SOUVENIR.
Le Pasteur éternel et l'évêque de nos âmes , afin de rendre perpétuelle l'œuvre salutaire de sa rédemption, résolut d'édifier la sainte Église en laquelle , comme dans la maison du Dieu vivant , tous les fidèles sont unis par le lien d'une même foi et d'une môme charité. C'est pourquoi , avant qu'il ne fût glorifié , il pria son Père , non-seule-
PIVS EPISCOPVS SERVVS SERVORVM DEI , SACRO APPROBANTE CONCILIO, AD PERPETVAM REI MEMORIAM.
Pastor seternus et episcopus animariun nostrariim , ut fïalutiferum redemphonis opus perenne redderet , sanctam œdificare Ecclesiam decrevit, in qua veluti in domo Dei viventis fidèles omnes unius fidei et charitatis vinculo continerentur. Quapropter , priusqiiam clarificaretur, rogavit Patrem non pro Apostolis tantiim, sed et pro eis, qui credituri erant per verbiim eorum in ipsum , ut omnes unum
ment pour les Apôtres , mais aussi pour ceux qui par leur parole devaient croire en lui , afin que lous fussent un comme le Fils lui-même et le Père sont un. De même donc qu'il a envoyé les Apôtres (ju'il s'était choisis dans le monde , comme luimême avait été envoyé par son Père , de même il a voulu des pasteurs et des docteurs dans son Église jusqu'à la consommation des siècles.
Mais , afin que l'épiscopat demeurât un et indivisible , afin que la multitude de tous les croyants fût conservée dans l'unité de foi et de communion par des prêtres unis entre eux , plaçant le bienheureux Pierre au-dessus des autres Apôtres , il a institué en lui le principe perpétuel et le fondement visible de cette double unité , afin que sur sa solidité fût bâti le temple éternel , et que sur la fermeté de sa foi s'élevât l'édifice sublime de l'Église qui doit être porté jusqu'au ciel (Saint Léon-le-Grand)
essent, sicut ipse Filius et Pater unum sunt. Quemadmodum igitur Apostolos , quos sibi de mundo elegerat, misit, sicut ipse missus erat a Pâtre ; ita in Ecclesia sua Pastores et Doctores usque ad consummationem sœculi esse voluit. Ut vero episcopatus ipse unus et indivisus esset , et per cohaîrentes sibi invicem sacerdotes credentium multitudo universa in fidei et communionis unitate conservaretur ^ beatum Petrum caeteris Apostolis prœponens in ipso instituit perpetuum utriusque unitaUs principium ac visibilefundamentum, super cujus fortitudinem aîternum exstrueretur templum , et Ecclesia3 cœlo inferenda sublimitas in hujus fidei firmitate
LES DOCTULNES CATHOLIQUES. 409
et comme les portes de l'enfer se dressent de toutes parts, avec une haine chaque jour croissante, contre le fondement divinement établi de l'Église, afin de la renverser, si c'était possible. Nous jugeons, sacro approhante concilio , qu'il est nécessaire , pour la sauvegarde , le salut et l'accroissement du peuple catholique , de proposer pour être crue et tenue par tous les fidèles , conformément à l'ancienne et constante foi de l'Église universelle , la doctrine sur l'institution, la perpétuité et la nature de la sainte primauté apostolique, dans laquelle consiste la force et la solidité de toute l'Église, et de proscrire, et de condamner les erreurs qui lui sont contraires, erreurs si préjudiciables au troupeau du Seigneur.
consurgeret ' . Et quoniam portée inferi ad evertendam , si fieri posset, Ecclesiam contra ejus fundamentum divinitus positum majori in dies odio undiqueinsurgunt; Nosadcatholici gregis custodiam , incolumitatem , augmentum , necessarium essejudicamiis^ sacro approhante Concilio, doctrinam de institutione , perpetiiitate, ac natiira sacri Apostolici primatus, in quo totiiis Ecclesiaî vis ac soliditas consistit, cunctis lidelibus credendam et tenendam, secimdum antiquam atque ('onstantem universalis Ecclesiœ fidem , proponere , atque contrarios , dominico gregi adeo perniciosos , errores proscribere et condemnare.
* S. Léo M. serm. IV. (aL IIL) cap. 2. in die Natalis sui.