‹ Les doctrines d'Israel: sermonsChapitre 27 sur 27 · MINISTRE OFFICIANT C0N8IST0RIAL A LYON · texte numérisé non relu

MINISTRE OFFICIANT C0N8IST0RIAL A LYON

(7 Juin 1889)

Mes Frères,

Nous ensevelissons aujourd'hui, au milieu de l'affliction et de l'estime générales, le vénéré et bien-aimé ministre officiant qui, pendant près d'un demi-siècle, a servi notre Communauté avec un zèle, un dévouement incessants ; et la présence, autour de ses restes mortels, de tous nos fidèles, qui ont tenu à honneur d'accompagner jusqu'à sa dernière demeure l'homme de bien qui n'est plus, prouve, mieux que ne pourront le faire mes paroles, l'étendue de sa perte et le vide qu'elle opère parmi nous.

Fidèle à la recommandation d'un de nos sages : « Rendez aux justes l'hommage suprême qui leur est dû », nous allons, mes

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frères, esquisser les traits principaux de cette longue carrière si dignement parcourue, vous dire quels ont été les vertus et les mérites du frère tant regretté dont la belle âme est remontée à son Créateur.

Un de nos docteurs a dit : « Le monde repose sur trois colonnes : la loi. le culte et la charité, rmasrn bsn rrnnn by tew dSwi ami nmSw by anon mbica b:n (1) »; notre frère, durant toute son existence, n'a eu qu'un but : travailler, dans la mesure de ses forces, à consolider ces trois bases fondamentales de Tordre religieux et social.

Né à Metz, élevé au sein d'une Communauté qui comptait autrefois parmi les foyers principaux de la science juive, notre frère y puisa, chez d'excellents maîtres, les éléments de cette érudition religieuse qui ne fit que se développer en lui avec les années. Versé dans la langue hébraïque qu'il parlait et écrivait avec facilité et élégance, il s'éprit, de bonne heure, d'une rare passion pour l'étude de notre sainte Thora, et, en fidèle disciple de la Loi, ne laissa pas s'écouler un seul jour de sa vie

(1) Aboth, 1, 2.

ÉLrtCE Nlflfcltht DE M: OLIIÏ CAHEÏ

livrer h la méditation des vérités qu'elle confient, à la recherche de .ses suhlimes leautés.

était bien jeune encore, quand il fut ,ppelé à exercer, dans notre Communauté, les 'onctions d'officiant. Mais il sut dès l'abord se :oncilier l'estime et les sympathies de tous par la correction de sa conduite, par la conscience absolue qu'il apportait dans l'exercice de ses fonctions, par la solennité remarquable qu'il imprimait, au service divin. II se pénétra, ; le principe, de la gravité de la mission ncombant à celui qui est chargé par les fidèles ; transmettre leurs prières à l'Éternel. Il ivait fait de son ministère un véritable sacer- >ce. Pendant quarante-cinq ans, conservant au fond du cœur ce feu sacré qu'alimentait sa piété profonde et éclairée, il a su donner à nos offices un caractère de grandeur, de majesté tarticulières. Avec quelle onction il priait dans ;es grands jours de fête où, s'oubliant Unième pour se livrer tout entier à la ferveur i l'animait, il était pour la Communauté un éritable sujet d'édification!

Mais il ne croyait pas que son ministère dût insister uniquement à réciter les prières, à

;i38 ÉLOGE FUNÈBKK DE M. OLRY CAHEN

faire la lecture de la Loi ni même à introduire, par la Milah, nos enfants dans l'alliance d'Abraham. Il savait qu'outre celles de la Loi et du culte, il est une troisième colonne, la charité, et cette vertu, base et fin du judaïsme, le défunt ne cessa de la cultiver. Considérant sa Communauté comme une grande famille, dont il devait partager les joies et les douleurs, il s'intéressa constamment à ses destinées. Il la vit peu à peu, de faible en nombre et divisée qu'elle était, quand il y entra, grandir et se développer pour devenir une des plus unies, des plus florissantes du judaïsme français. Avec quel bonheur il suivait ses progrès, comme il y contribuait et quelle large part il prit à ses diverses institutions de charité ! Que de services n'a-t-il pas rendus à tant de malheureux dont il s'efforça de soulager les misères secrètes ! Que de fois il alla frapper à la porte du riche en faveur du pauvre honteux ! La Société de secours mutuels, dont il était l'aumônier, le Comité de l'Alliance israélite dont il était le secrétaire ont reçu des preuves continuelles de son dévouement et de son amour de l'humanité.

Je viens de vous parler du vénérable offi-

ÉLOGE FUNÈBRE DE M. OLRY f.AÏÏEN H39

ciant, esclave du devoir, animé d'un zèle qui ne s'est jamais démenti; je vous ai présenté le ministre de Dieu vivant de la vie des fidèles, apportant aux affligés les consolations de la religion; il me reste à vous parler du chef de famille, de l'époux et du pore. Vous le savez comme moi, ce dévouement qu'il répandait au dehors se doublait quand il s'agissait d'assurer le bonheur de ceux qui l'entouraient. Quelle harmonie parfaite régna toujours entre notre frère et la digne compagne de sa vie, enlevée, il y a deux ans, à sa tendresse! Quel père aimant et dévoué il a été pour ses fils qu'il a élevés dans les plus nobles traditions de travail et d'honneur! Vous ne l'ignorez pas, la mort de son épouse chérie, celle d'un fils qu'il adorait, ont précipité sa fin plus encore que les terribles souffrances qu'il a supportées avec un stoïcisme admirable.

Brisé par les douleurs morales autant que par la maladie, accablé par la solitude que la mort avait opérée dans son foyer dévasté, il n'aspirait plus qu'à retourner à son céleste Père, qu'à aller rejoindre les êtres aimés qui l'avaient précédé dans l'immortalité.

Dieu a entendu sa prière et l'a exaucée. 11 l'a

rappelé à lui dans la sainte soirée de la Révélation, pour le transplanter dans ce monde supérieur où tant de problèmes que notre raison ne peut pénétrer lui seront expliqués. Qu'il jouisse là haut de la félicité due à ses mérites. Que les anges du Seigneur le reçoivent à la porte des cieux et lui disent : « Viens en paix, sois heureux, toi qui as toujours marché dans la droiture * : -jbin aniaawG S? im:* nbtr kw ■ntd:

O mon digne et regretté Frère, ton souvenir vivra dans les cœurs. Tu t'es montré un ministre suivant la volonté de l'Éternel. Notre Communauté ne cessera d'honorer ta mémoire bénie nstib pis ist.

Au nom de ta famille désolée, au nom de notre Consistoire et de l'Administration du Temple, au nom de nos Sociétés de charité et du judaïsme,

Adieu! Frère, adieu!

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