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Les doctrines évolutionistes [microforme]

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai lu le beau travail dont le Devoir du 11 janvier m'a apporte ici le résumé. Je vous félicite d’avoir fait oeuvre saine, féconde et opportune en le publiant et en faisant jouir le public, je veux dire, la classe instruite et pensante, du fruit de vos études.

Quel sujet occupe plus les esprits, de nos jours, que la question de “nos origines”? Si l’on voulait s’en tenir aux données de la révélation chrétienne, corroborées et complétées par une saine philosophie, lu question recevrait une solution claire et précise qui, tout en laissant à la libre discussion une foule de détails, fixerait du vins les grands points du problème. — Bien que la s“ience en effet puisse apporter des données utiles et inappréciables sur ce sujet, il n’en reste pas moins vrai que le problème de nos origines comme de nos de:tir ‘es relève avant tout de l’enseignement théologique et philosophique, et que l’on ne trouvera jamais au fond des cornues de nos laburatoires, ou des couches de l'écorce terrestre, ni le principe vital, ni la finalité et lu raison d’être de l’homme.

C’est pour oublier cela, que trop d’esprits s’égarent dans un maté rialisme abject que votre travail a eu pour bnt de combattr. dans no tre milieu canadien.

Je dis: dans notre milieu canadien, er je dis bien; car il me semble que les doctrines matérialistes n’ont que trop de cours et de crédit chez nous, dans la classe qui -e prétend dirigeante. A ce point de vue là, laissez-moi vous dire, M. le Docteur, que notre monire retarde un peu, comme sur bien d’autres points, et que nous accueillons avec faveur comme des nouveautés et comme des progrès, des doctrines qui commencent à avoir fait leur temps dans les milieux intellectuels du Vieux-Monde. Qui ne sait combien on en revient de l'engouement avec lenuel on avait accueilli d’abord les théories de Darwin et de Lamark, d. puis que les nouvelles données de la science leur ont porté un coup mortel? Je ne parle pas des masses populaires ni du monde primaire où les erreurs les plus grossières n’ont que trop d’adeptes; mais il est en France bien des milieux cultivés où l’on n’oserait plus aujourd’hui se dire matérialiste ou darwiniste sur la grande question des origines de Ja vie, sur l’âme et ses destinées. — Pourquoi donc alors a-t-on reçu comme une nouveauté, rhez nous, un livre récemment paru sur la vie,

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qui ressasse des arguments cent fois réfutés depuis 50 ans et démodés au-delà des mers? N'est-ce pas que nous sommes habitués à trop juger sur la surface et que souvent ros connaissances manquent de s0lidité et de profondeur?

Une chose, du reste, m'a toujours frappé chez les partisans plus ou moins avérés des üvctrines matcrialistes, et cette chose vous la remarquez vous-même, Docteur, dans votre travail, quand vous dites: “Le savant qui ne croit pas à Ja révélation est naturellement incliné au matérialisme et à l'athéisme, 1] dédaigne les principes directeurs de causalité, d'ordre, de finalité,” — Oui Je matér'aliste se cantonne dans la matière, dans l'expérientation physique: pour lui tout est là et il refuse obstinément de lever le nez plus haut Pour voir si par hasard il n'y aurait pas plus hant que les phénomènes qu'il constate, une cause suprême directrice, un ordre harmonieux qui trahii une intelligence, une fin générale à laquelle tend tout l'univers. — 11 n’a pa; trouvé Dieu ni les causes, ni la fin, ni l'esprit, ni l'âme dans son laboratoire: donc il n’existe pas. Je n’ai rien vu: donc il n'y a rien! — N'est-ce pas que le procédé est facile?

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Autre chose non moins lamentable! Le matérialiste, de quelque nom qu'on l'appelle, darwiniste, évolutioniste, etc, — acceptera les yeux fcimés les affirmations les plus osées, et Parfois les pires absurdités que lni proposeront ses chefs, un Huxley, un Haeckel, un Berthelot, etc. et il n’aura que des sourires de dédain pour les affirmations autrement raisonnables et sûres du dogme chrétien. — Vous lui dites, avec la révélation et la saine Philosophie, qu’à l’origine des êtres il faut admettre la causalité de l’Etre suprême, qui a produit les premiers éléments de l'être et la vie. Allons donc; il n’y a pas de Dieu: c’est la matière qui s’est faite seule, vous répondra-t-il; le monde n’est que le résultat des combinaisons d’atomes qui se sont rencontrés par hasard! — La vic? — Mais c’est bien simple: elle est sortie d’un germe inanimé, fs. condé par la chaleur d’un rayon de soleil; ou bien, c’est une particule de matière inanimée qui, un beau jour, s’est sentie animée à force de désirer les fonctions vitales; ou bien encore, “c’est une monère primitive, substance marine appelée le Bathybius, qui a été fécondée au sein de l’océan.” (Huxley). — N'est-ce Pas que c’est simple et clair; et si avec cela vous n’êtes pas cor ‘ents, eh bien! allez-y voir! — Mais d'un Dieu créateur des p. 2rs êtres et seule cause originaire du principe vital, d’une cause première qui a créé ou le premier alome matériel ou la première cellule vitale, ou l'oeuf ou la roule comme cn dit vulgairement avec un grand bon sens ; d’un Dicu sage, organisateur et régul-teur de l'univers, fixant à chacun sa raison d’être et sa fin et établissant ainsi cette harmonie splendide des êtres, de cela nos matérialistes ne veulent pas: c’est bien trop sen-

sé pour eux, et surtout c'est l'Eglise qui l'enseigne! Alors, vous comprenez... on n’est plus des enfants!

La formation de l'univers! est-ce que la science géologique et pa-

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léontolagique ne démontre pas qu'elle a exigé des centaines de nt et des millions ‘l’années pour expliquer les admirables phénomènes -elevés dans l'écorce terrestre et les divers règnes végétaux et animaux ensevelis dans ses couches? Et pourtant, vous disent-ils trion : ins, est-ce que la Genèse ne parle pas de six jours seulement pour cette oeu vre?...… Allez donc, après cela, croire à la révélation!

Et on a beau leur présenter à ces beaux esprits, la vraie doctrine révélée telle qu'enseignée par l'F glise sa dépositaire; on a beau leur expliquer que le mot jour emple : par la Genèse veut dire, en hébreu, période indéfinie, et que l'E: 1e n'a jamais fait sien l'enseignement de certains théologiens qui ou :. explig'ié la Créatir en six jours de 24 heures, bien que Dieu eût pu la faire parfa: <..:vt dans ce laps de temps, s’il l’eût voulu; on a beau leur rappeler ‘1e les plus belles et les plus sûres conclusions de la science corrobore... de plus en plus le récit mosaïque ainsi que l’ont avou“ les savants les plus incrédules quand

‘s ont vouu être sincères; rien de cela ne les convainc. Pour eux il n’y a qu'une chose importante: battre en brèche la révélation; se moquer de la foi au nom d’une prétendue science de surface, et mettre Dieu en dehors de la formation de l'univers. C’est là leur marotte: que voulez-vous, il faut bien que chacun ait sa toquade!

Mais remarquez, je vous prie, combien nos prétendus iibres-penseurs, qui reprochent avec dédain aux chrétiens d’être des dogmatiques, c’est-à-dire de croire sux données de la foi, sont eux-mêmes terriblement dogmatiques à leur façon; ils croient les yeux fermés les affirmations les plus absurdes et les moins démontrées d’une prétendue science.

Et nous voici arrivés à , trande question qui fait particulièrement les délices de Messi :r; tes ratérialistes: celle de l’origine de l'homme. C'est ici qu'ils s'<a drunent à coeur-joie.

Inutile de dire {it d’abord que Dieu est ici encore tenu complètement à lait de la f ration de l’homme. Que voulez-vous? Dieu est vraiment :.:> gênant! -- Et alors, il faut bien s’arranger pour expliquer sans lui nos origines. C’est bien simple, du reste, extrêmement simple : l’homme n'est qu'un animal un peu plus perfectionné que les autres; et c’est tout. N'ayant pas Dieu pour auteur, il a pour père... un singe, et pour mère... une guenon. Ni plus ni moins!

Vous vous récri:z: “Mais enfin, pourquoi le singe plutôt qu’un autre animal? — C’est, vous répondent-ils, qu’il y a entre le singe et l'homme des analogies frappantes: il a un squelette qui ressemble un peu au nôtre; il a une face qui rappelle la figure... de singe de cer-

sion d’une certaine atelligence par la facilité avec laquelle il imite et il... singe l’homme, c’est le cas de le dire.—I} y a bien la queue: le singe en a une, et l’homme n’en a pasi— Mais on ne se gène pas pour si peu; écoutez l'explication: c’est l’homme qui a usé sa queue à force de s’assoir...

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