SES
se gradation entre les êtres. — Nous ferons même aux matérialistes cette concession, que l’on pourrait admettre à la rigueur, s'ils le veülent, que Dieu a formé le corps de l’homme en prenant le corps de l’animal le plus rapproché de lui et en le perfectionnant pour en faire le corps de cet être nouveau. Cette assertion serait toute gratuite, sans preuve péremptoire; mais enfin elle ne trancherait aucunement la question de nos origines. Car il s’agit d'expliquer dans cet être corporel qui s’appelle homme, la présence d’une âme simple, intelligente, libre, telle qu’aucun animal n’en présente de semblable ni d’analogue.
En effet, voici le grand point où l’on ne peut plus, absolument plus, soutenir la descendance de l’homme par rapport à d’autres animaux et où il faut admettre l'intervention du Dieu Créateur. — Car, si l’homme est animal par son corps, c’est-à-dire matière organisée, il est esprit par son âme, c’est-à-dire qu’il y a en lui au-dessus du principe vital et sensitif, un principe plus noble, d’un ordre bien supérieur, le principe de la vie intellectueiis: l’âme spirituelle.
Seul entre les êtres animés de l’univers, l’homme exerce des opérations dont aucun animal ne donne d’exemple. Il pense, il réfléchit, il appelle au tribunâl de sa pensée toutes les réalités d’ici-bas, et même les simples possibilités d’être, il compare, il juge, il extrait des contingences les lois universelles et les idées les plus abstraites; il connaît l’art, la vérité, la vertu, le devoir, choses absolument immatérielles; il se détermine lui-même à agir librement; et il connaît sa raison d’être et sa fin dernière. — En un mot, l’homme exerce par son âme une série d'opérations absolument irréductibles aux forces de la matière et dont aucun être matériel en-dehors de lui n’offre d’exemple. Qu'est-ce à dire, sinon qu’il y a entre l’homme raisnnnable et l’animal une différence radicale, un abime infranchissable. — Et l’on voudrait ne faire de cet homme qu’un singe perfectionné?.... L’on tenterait d’expliquer l’âme aux opérations si élevées, si immatérielles, par une simple fonction vitale de la matière; l’on oserait dire sans sourciller qu’elle n’est qu’une résultante de certaines secrétions cérébrales et que l’homme pense cemil digère! — Oh! vraiment i] faut avoir un esprit bien animalisé pour soutenir, sans rire, une telle doctrine de singe! Voilà, pourtant où des êtres intelligents peuvent en arriver, à la suite des matérialistes épais comme Haeckel, Huxley, et compagnie. C’est bien le cas de répéter la parole de nos Saints Livres: “L'homme, créé esprit par Dieu et élevé si haut dans l’échelle des êtres, a préféré descendre au rang des bêtes: comparatus est jumentis insipientibus et similis factus est illis.” Quel mystère que l’homme! quel être incompréhensible!
Mais je soupçonne un autre dessous aux doctrines matérialistes et positivistes qui veulent tout ramener à la matière et tout expliquer par elle.
En mettant Dieu à l’écart, en l’ignorant pour ainsi dire, l’homme ne fait qu’obéir à son incommensurable orgueil, il se proclame indépendant du Maitre Suprème. En rejetant les données de la révélation il revendique insolemment les droits absolus et illimités de sa raisnn.
Mais surtout, en niant la spiritual‘té de son âme, et en revendiquant une origine animale, ce qu’il veut, r’est supprimer les grandes vérités qui fondent la morale, le devoir, la vertu. 11 se fait animal par définition efin de vivre en animal, et s’il revendique une descendance simienne c’est afin de n’avoir plus qu’une morale de singe! — Voi-
acceptant les doctrines évolutionistes pour expliquer les espèces inférieures, acceptent à l'origine la création de Dieu, cause première et directrice des êtres, et rattachent à lui seul la création de l’homme, Darwin lui-même se déclarait déiste et admettait l'intervention de Dieu dans l'univers; Spencer, son ami, admettait la cause première, l’Absolu, Dieu, qu’il appelait l’Inconnaissable, et que saint Thomas appelle plus justement l’Incompréhensible, 11 faut venir à Haeckel et à Huxley pour décheoir et tomber dans un abject matérialisme qui ne s’explique que par la passion anti-religieuse: “Soyons évolutioniste, disait ce dernier, uniquement pour ennuyer les pasteurs et l’Eglise!”
Avis à nos modernes matérialistes: combien d’entre eux pourraient dire comme Huxley! Mais est-ce là oeuvre sérieuse, oeuvre scientifique?
Voilà, M. le Docteur, les systèmes que votre brochure a voulu com- ! battre; vous méritez, de ce chef, l’approbation reconnaïissante de tous les honnêtes gens. Ah! s'ils étaient plus nombreux parmi nous ceux É qui savent lutter et défendre leurs croyance: ‘es mécréants qui souvent ne sont forts que de notre silence, crier: ent moins fort et tromperaient moins d‘âmes. — Quand on étudie les systèmes matérialistes, j ainsi que les raisons qu’opposent à la foi chrétienne nos modernes libres-penseurs qui ont toujours à la bouche le mot de Science, on eët étonné de la faiblesse de leurs raisons aussi bien que de l’audace de leurs affirmations; et l’on se rappelle la parole de Pasteur, un adversaire du transformisme: “Peu de science éloigne de la foi, beaucoup de science y ramène.”