‹ Les doctrines médicalesChapitre 44 sur 70 · LES THÉORIES SUR ^HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

LES THÉORIES SUR ^HÉRÉDITÉ

uns (Leeuvenhoeck, Audry, qui avaient eu pour précurseurs Erasistrate, Diogène de Laerte, Galien), dans l’œuf par les autres (Harvey, de Graaf, Swammeidan, Malpighi, Haller, Spallanzani).

La théorie de l'Epigénèse , au contraire, proposée par Wolf (1733-1794) estime que les organes se développent les uns après les autres et apparaissent comme des parties complètement nouvelles.

Kant (1785) soutenait une sorte de Syngénèse spiritualiste intermédiaire à l’animisme et à 1 évolutionnisme. Les générations futures existent spirituellement, potentiellement dans le progéniteur.

III. Le micromérisme, (dont l’origine peut être attribuée à Héraclite, Démocrite, Hippocrate, Aristote qui furent les précurseurs de Darwin dans la conception des gemmules et de la Pangénèse), imagine des particules initiales qui seraient les éléments initiaux constitutifs de toute substance vivante : A. Les particules seraient universelles, immortelles et consisteraient en des molécules organiques (Buffon) en des microzymas(Béchamp). B. Pourd autres, ces particules se détruiraient après la mort ; toutes seraient de même nature et exerceraient, à titre égal, leur influence sur la détermination de toutes les parties actives : 1° par leur polarité (Polarigénèse de Spencer)-, 2° par leur forme et leurs forces moléculaires (gemmes et gemmaires (Haacke) ; 3° par leurs mouvements vibratoires (atomes annulaires) (Dolbear.) Dans ce même groupe de théories rentrent la Périgénèse et ses variantes (conservation et périgénèse des plastitudes, circonscription des germes (His), cinétogénèse et catagénèse, bathmisme et catagénèse (Cope), action morphogène de fonctionnement habituel. (Orr.)

C. Une troisième série de théories admet des particules se détruisant après la mort, mais appartenant à des espèces différentes et chargées de fonctions

diverses. Elles se divisent en non représentatives et représentatives. Les -premières comprennent" de simples molécules chimiques actives pour les uns et des agrégats d’ordre plus élevé pour les autres. Wiesner croit même que les particules initiales sont douées de propriétés vitales. Les secondes (représentatives) se subdivisent en théories : A, des plasmes ancestraux (Weismarm) et B, en théories : 1“ des gemmules et de la pangénèse proprement dite (Ch. Darwin ; 2° des germes représentatifs des organes; 3° des stirpes- 4° des gemmules odorantes; 5° des germes femelles et gemmules mâles; 6° des cytozoaires. Enfin. C. un troisième groupe comprend les théories des micelles de 1 idioplasme (Nœgeli), de l’idioplasme nucléaire (Kolliker), de la pangénèse intra-cellulaire (de Vries), des idioblastes (O. Hertwig.)

j ^ O1 qanicisme croit, au contraire, au concours d’une détermination modérée et des forces ambiantes non comme condition d’activité, mais comme élément essentiel de la détermination vital'e.

A cet ordre d’idées appartient la théorie de Descartes (1662“), le promoteur de la bio-mécanique, qui est également admise par von Bar, His, Bichat, Claude Bernard.

Enfin Roux (1881) a attiré l’attention sur l’autodififérenciation des cellules et des organes et sur l’autodétermination des fonctions. Driesch et O. Hertwig sont partisans de cette théorie.

Delage (/oc. cit.') fait une critique serrée de ces trop nombreuses opinions auxquelles s’ajoutent celles des néo-Darwiniens et des néo-Lamarkiens. « On doit, dit-il, se faire une idée plus simple de la structure de la cellule et des éléments sexuels, et on s’explique mieux ainsi la fécondation, l’ontogénèse, l’hérédité, la variation, l’origine des espèces et surtout l'adaptation qui se divise en phylogénétique et ontogénétique. »

les théories sur l'hérédité

Dans les êtres organisés, l’adaptation est surtout ontoglétigue et s’explique par l’excitation fonctionnelle et les autres facteurs similaires.

« La phylogénèse , dit-il, crée des organes sans écrard à^la fonction; l’ontogénèse tire parti, co mm elle peut de ces organes et les adapte aux onc 1

nécessaires. Dans la phylogénèse , tait la fonction ; dans Vmtogenes, e, c est la toncUO m nui fait l’organe. En d’autres termes, d apres Vei worn, la série du développement phylogénétique ou développement de la lignée organique , embrasse les modifications des formes de la matière vivante dans son ensemble durant le développement du globe La série du développement ontogénetique ou développe ment du germe comprend les modifications de form que parcourt un être, pris isolément pendant sa vie individuelle. Le développement phylogénétique dirigé par Y hérédité avec la transmission des caractères acquis et l 'adaptation phylétique dont Darwin (1859) a montré la nature, le mécanisme et l’évolution d’après la sélection naturelle, la variabilité mdivi duelle, la lutte pour l’existence(« struggle for lile »). » La série du développement ontogénétique s explique par l’adage de Harvey : « Omne vivum ex ouo », amplifié par Virchow : « Omnis cellula e cellula * Le spermatozoïde et l’ovule renferment, en effet, les deux éléments essentiels de la cellule : le protoplasma et le novau dont la fécondation établit l’union et la tusion. 11 en résulte que dans la segmentation consécutive de l’œuf fécondé, chaque moitié reçoit des matériaux des deux cellules, tant en protoplasma qu’en substance nucléaire. Du reste, d’après la loi biogénétique fondamentale de Haeckel, le développement du germe esi un abrégé du développement de la souche, et 1 histoire de l’individu est sous tous les rapports l’histoire de l’accroissement individuel. (Karl Ernst, von Baer.)

« Dans l'hérédité, ajoute Verworn, la substance

vivante doit être transmise avec les relations d’échanges qui lu. sont propres, et cette transmission de toutes les parties essentielles de la chaîne des échanges ne peut être faite que par une cellule entière avec la substance nucléaire et le protoplasma.

D après Delage, l’ontogénèse ne comporte pas seulement le développement, la séparation, l’accentuation des tendances évolutives, mais aussi une formation progressive de parties et de propriétés vraiment nouvelles, et la constitution initiale de l'œuf n’est qu’une des conditions indispensables de leur production « L’individu développé, dit-il, est le produit de nombieux facteurs, tous également indispensables et importants. La constitution du plasma germinatif n’est qu’un de ces facteurs. Les autres sont les tropismes et les tactimes, l’excitation fontionnelle. l’action des ingesta et des egesta de la nutrition et les conditions ambiantes de tout ordre. Les variations plasmatique et somatique sont transmises héréditairement. Les conditions de la vie, l’alimentation, le climat, 1 usage, la désuétude, les maladies influent sur les variations somatiques au point de vue de leurs conséquences et de leur transmission. »

D’après Bouchard, le secret de l’hérédité est dans la généalogie ininterrompue des différentes parties de la cellule : sphères directrices, filament nucléaire, protoplasma du spermatozoïde et de l’ovule; chacune de ces parties a un rôle déterminé : le filament nucléaire fait la forme et règle les fonctions ; aux sphères directrices appartiennent la multiplication, la génération ; enfin la vie est alimentée par le protoplasma. Parmi les transmissions des caractères acquis, l’hérédité de 1 immunité est fort importante au point de vue médical. « L’immunité est un attribut cellulaire qui passe du père au fils. Donc, l’hérédité, à certains égards, est également un attribut de la cellule. » (Gharrin.) Elle peut aider à la défense de l’organisme.

Page 1