LE NATURISME' MODERNE EN THÉRAPEUTIQUE
fibrineuse ou séro-fibrineuse, diapédèse leucocytique et symptômes grossiers de l’inflammation, d’autre part, sont des phénomènes heureux, puisqu’ils correspondent à la mise de l’organisme en état de résistance, à la lutte, à la victoire. L’indication n’est donc pas de les combattre, mais de les respecter, ou même de les favoriser. La preuve en est que, lorsqu’ils font défaut, c’est que l’organisme se livre sans défense, résigné d’avance à la défaite. Les progrès effectués dans ces dernières années, notamment sous l’influence des découvertes bactériologiques mettent de plus en plus en évidence la fréquence des symptômes dus à la réaction de l’organisme, c’est-à-dire favorables et respectables.
La nouvelle médecine, après un long circuit, nous ramène donc ainsi à la conception traditionnelle longtemps oubliée de la Natura medicatrix.
La thérapeutique naturiste, dit Bouchard,' agit comme une armée de secours qui, incapable de débloquer une ville assiégée, se contente de lui faire passer des vivres et des munitions. La médication naturiste achève l’œuvre commencée par la nature ; elle puise ses indications dans les réactions produites ; elle stimule les réactions ou les réveille, si elles se sont endormies ; enfin elle exagère certains troubles fonctionnels (vomissements, diarrhée, etc.) et complète l’effort inachevé de la nature vers la guérison. Quo natura pergit eo ducendum est la règle hippocratique qui guide toujours le clinicien. Les doctrines modernes ont donné pour base à la thérapeutique l’étiologie et la pathogénie. La thérapeutique actuelle s’attaque de préférence aux conditions de la genèse des maladies qui lui fournit les indications en vue d’une action curative ; elle cherche surtout à atteindre la cause. La thérapeutique étiologique et pathogénique est la thérapeutique de l’avenir.