LE NATURISME MODERNE EN THÉRAPEUTIQUE
« Alors que nos ancêtres n’apercevaient que des effets, alors que pour eux, les symptômes des maladies représentaient les maladies tout entières, nous voyons les lésions, mais encore et surtout nous distinguons l’agent pathogène d’où procèdent toutes choses. Il ne faut pas oublier ce fait qui domine la thérapeutique symptomatique tout entière : bon nombre de symptômes représentent des actes défensifs de l’organisme et, ainsi, non seulement ils ne , doivent pas être combattus, mais respectés et même favorisés. Au dernier congrès international de médecine, on traita la question suivante : Doit-on combattre la fièvre? et l’on conclut qu’il fallait respecter une fièvre modérée liée aux réactions défensives de l’organisme qui conduisent à la guérison. Si tout
Extrait de la Thérapeutique générale , par Gii.beut et Boinet, Traité de Pathologie générale de Pouchard, tome vi.
symptôme doit être combattu quand il est défavorable ou menace l’existence, il doit être respecté quand il est favorable. Aussi le bon médecin se reconnaît-il surtout à ce qu’il sait ne pas contrarier les voies de la nature dans ses manifestations favorables et réserver tous ses moyens d’action pour combattre les symptômes défavorables. Il est aisé de concevoir qu’en se substituant à l’empirisme traditionnel, la notion scientifique nouvelle de la valeur des symptômes ait pu, sur de nombreux points, modifier les indications et les contre-indications de la thérapeutique symptomatique ; il est aisé de concevoir, de même, que l’effet d’une connaissance plus exacte des causes et du mécanisme des symptômes, la thérapeutique ad valorem puisse être amenée à corriger elle-même ses précédentes et hâtives indications et contre-indications. Prenons comme exemple l’inflammation : Qui dit inflammation dit infection de l’organisme par les bactéries, réaction de l’organisme, mise en état de défense, lutte, victoire ou défaite. Dès le début de l’infection, le sang se charge de leucocytes et de fibrine ; il prend ainsi à la saignée l’aspect couenneux que connaissaient bien les anciens ; en même temps s’allume la fièvre. Sur les points attaqués par les agents infectieux, les vaisseaux se dilatent pour favoriser la décharge fibrineuse et l’exode leucocytique ; ainsi naissent les quatre symptômes cardinaux de l’inflammation décrits depuis longtemps : rubor, tumor , calor , dolor. La fibrine capte les microbes dans ses mailles, les leucocytes les attaquent et les dévorent. C’est le jeu du rétiaire armé du filet et du poignard, qui assure à l’organisme la victoire. Cependant un certain nombre de leucocytes succombent ordinairement dans la lutte et le pus est composé de leurs cadavres. Tous ces phénomènes : leucocytose, hyperinose, sang couenneux, fièvre, d’une part, dilatation vasculaire, décharge