THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
lines qui s’appliquent, du reste, au traitement des maladies par nutrition retardante. On emploiera contre la gravelle et les dépôts tophacés de la goutte , les moyens qui diminuent la production de l’acide urique et qui en facilitent la dissolution. On essaiera, en premier lieu, d’augmenter l’acide hippurique et l’urée en utilisant les effets du régime, de l’acide benzoïque, de l’acide quinique, de l’eau chaude, des bains chauds, des bains salés.
Ces maladies de la nutrition sont surtout justiciables de la médication alcaline connue dès la plus haute antiquité. Elle se généralisa, dès qu’on s’aperçut que la vie élémentaire se passait en milieu alcalin. On invoqua en sa faveur les expériences de Claude Bernard ranimant avec des injections de soude des animaux sur le point de mourir par intoxication acide, ainsi que l’activité des oxydations in vitro sous l’influence des sels de soude et de potasse. Aux doses thérapeutiques, cette médication excite les fonctions sécrétoires et éliminatrices, active la sécrétion gastrique et biliaire, la diurèse, l’élimination des déchets toxiques qui. en s’oxydant mieux, deviennent moins nocifs. Le docteur Dufourt (de Vichy) a constaté expérimentalement l’augmentation du glycogène du foie sous l’intluence du bicarbonate de soude et on sait que la richesse en glycogène est proportionnelle aux fonctions antitoxique, uréopoïétique et à tous les modes d’activité du foie. Il a encore vu que le coefficient azoturique ou coefficient d’utilisation azotée augmentait sous l’influence du bicarbonate de soude, à haute dose. C’est un argument en faveur de la théorie de la nutrition retardante. Cette médication agit dans les diverses manifestations de l’arthritisme en favorisant le métabolisme nutritif, en éliminant dans la goutte les divers acides qui imprègnent les tissus, en restreignant la production d’acide urique et en augmentant l’urée à ses dépens, en diminuant
les dangers d’intoxication due à l'élaboration insuffisante de l’azote. D’après Pawlow, les alcalins ont une action inhibitrice sur le pancréas et sur l’estomac, surtout chez les hyperchlorhydriques et ne possèdent pas une influence excito-sécrétoire sur ces organes. Ce sont des agents d’inhibition pour ces glandes. Cependant, aux doses thérapeutiques, les alcalins excitent les fonctions sécrétoires et éliminatoires, activent les sécrétions gastrique, biliaire, rénale et facilitent ainsi la sortie des déchets toxiques; ils accroissent tous les modes d’activité hépatique et surtout les fonctions antitoxique et uréopoïétique ; ils contribuent à mieux oxyder et élaborer les produits toxiques qui, ainsi, deviennent moins nocifs. De là, les bons effets de la médication alcaline dans la nutrition retardante et les auto-intoxications. Pourtant, on a fait remarquer que l’urée diminuait sous l’influence du bicarbonate de soude ; mais M. Dufourt a montré, au contraire, qu’avec ce sel, le coefficient d’utilisation azotée augmentait. De plus, des animaux soumis aux acides comburent moins facilement le sucre injecté dans leurs tissus que ceux qui sont traités par des solutions sodiques. (Charrin.) La synthèse de l’acide hippurique est entravée par l’administration d’acides. (Desgrez et Adler.) La médication alcaline agit essentiellement en favorisant le métabolisme nutritif; et chez les goutteux, elle restreint la production de l’acide urique en augmentant l’urée à ses dépens ou le solubilise et rend son élimination facile; enfin, elle transforme en urée les corps puriques, les acides amidés et d’ammoniaque, ces produits plus toxiques dus à l’élaboration insuffisante de l’azote. L’heureuse action des eaux alcalines dans le diabète s’explique plutôt par leurs effets sur la nutrition que par la facilité plus grande qu’elles donnent à la combustion du sucre dans un milieu plus alcalin. Le bicarbonate de soude ne doit jamais être donné à