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LA MÉDECINE AU TEMPS D’ARISTOTE

La vie (anima, psyché ), est analogue au principe vital des Vitalistes. Ce principe est placé dans le corps vivant, comme le pilote sur le vaisseau. L’anima , la ps]jché , le principe vital, telle est la cause de la vie. L'âme proprement dite (nous ou intellect), c’est-àdire l’entendement avec la raison, est distincte de la Psyché irraisonnable et végétative, principe recteur de la vie.

Aristote place dans le cœur le siège de l’Ame qui se divise, d’après ses fonctions, en Ame végétative , sensitive et raisonnable . Cette dernière est propre à l’homme. L ’entéléchie est l’âme d'un être vivant. La connaissance de l’âme lui parait essentielle dans l’étude de la nature.

Fils de médecin et médecin lui-même par occurrence, possesseur à un moment donné d’une officine, Aristote pensait que l’art commence, lorsque d’un certain nombre de notions fournies par l’expérience se forme une seule conception générale qui s’applique à tous les cas semblables. « La plupart, dit-il, de ceux qui s’occupent de la science de la nature, et, parmi les médecins, ceux qui comprennent le plus philosophiquement leur art, arrivent les uns finalement à la médecine, les autres de l’étude de la nature à la même discipline. »

Aristote distinguait quatre espèces de causes : matérielles, formelles, efficientes et finales.

Partisan des causes finales, il estimait que la nature ne fait rien en vain, que la fin est la perfection de l’acte, que l’évolution se fait graduellement vers le meilleur. « Rien, dit-il, ne se produit contrairement à la nature, éternelle et nécessaire. »

Grand naturaliste, il a montré les progrès incessants dans la gradation des êtres (minéraux, végétaux et animaux). Il fut le créateur de l’histoire naturelle, de l’anatomie et de la physiologie comparées. 11 n’autopsia jamais un cadavre humain.

Sa doctrine basée sur l’observation et l’expérience, sa méthode a 'posteriori pour arriver par la déduction des faits, à la connaissance de la vérité, convenaient bien mieux aux médecins que la philosophie idéaliste, a priori , et peu accessible de Platon. Ils sortirent de l’Ecole d’Aristote, comme de l’officine de tous les arts, pour employer l’expression de Cicéron.

« 11 appartient, dit Aristote, au naturaliste de connaître quels sont les premiers principes de la santé et de la maladie. » L’expérience et l’observation sont les principes de toute science. La connaissance des faits particuliers doit précéder tout essai d'explication et de théorie scientifique. La meilleure façon d’établir une théorie scientifique, c’est d’observer les choses dans leur origine et leur développement. La méthode reste toujours la même, qu’on l’applique soit à la philosophie, soit à l’art, soit à la science. Aristote joignait à la méthode analytique la méthode historique ou de développement pour tous les ordres d’études. Il conseillait de diviser le composé jusqu’à ce qu’on arrive à des éléments simples. « Quant aux causes finales , elles ne sont, écrit Laplace, aux jeux du philosophe que l’ignorance où nous sommes des causes véritables. »

La doctrine d’Aristote qui est bien étudiée par Soury (/oc. cit.). inspire Galien, et ces deux grands noms créent une unité scientifique qui règne tyranniquement sur tout le Moyen-Age.

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