CHAPITRE II
LES MÉTHODES PHiLOSOPHIQUES DE BACON ET DESCARTES
La Renaissance en médecioe fut encore assurée pwl les iiiélliodes des philosophes Bacon et Descahtes.
Bacon. — Le grand chancelier Bacon (IBôl-lSSOy
dans son Novum Orijanum qu'il publia, en 1630, aprèi^ l'avoir recommencé douze fois, combat le syllogisme,-: lo raisonnement scolastique et les principes généram^ posés a priofi et empruntés à la tradition ou k une: autorité conventionnelle ou arbitraire. La scolastique ou la systématique ramène tout à un point de départ dont il ne doute jamais et qu'il soutient avec intolérance. Bacon préconise, au conirairc, {'expérimentalion et l'inductiffn. L'observation et l'expérience sont, dil-il, les clefa qui doivent ouvrir le temple de Itç, vérité et faire connaître les faits de la nature qui nepeuvent se déduire ni des dogmes théologiques ni des conceptions métaphysiques. « L'observation et l'expérience pour amasser les matériaux, l'induction et la déduction pour les élaborer, voilà les seules bonnes machines intellectuelles », disait Bacon, et il ajoutait. encore : n Toute médecine qui n'est pas fondée si la philosophie est quelque chose de bien faible. prédisait à, la médecine un grand avenir, prévoy^ti
llâTBADES Fh'.XOSOPHIQUES DE BACO» ET DB9CAIITES I
ses applications aux progrès de l'hygiène, de la civilisalion, ainsi qu'au perfectionnement social, physique et moral de l'homme; il espérait prolonger l'exiBlcnce en ralentissant la vie par te régime et l'usage de l'opium. 11 recommandait, enfin, les vivisections et l'étude de l'anatomie pathologique.
Mais Bacon n'a pas inventé la méthode expérimentale que Galilée et Torricelli ont admirablement pratiquée. D'après Claude Bernard, il n'en a pas compris te mécanisme, il n'a pas doté l'intelligence humaine d'un nouvel instrument, et son induction ne diffère guère du syllogisme ; enfin, le grand physiologiste fran- •;ais ajoute : <i Quand des philosophes, tels que Bacon ou a'ii'j'.res plus modernes, ont voulu entrer dans une syslémaûsation générale des préceptes pour la recherche scientifique, ils ont pu paraître séduisants aux personnes qui ne voient les sciences que de loin, mais de pareils ouvrages ne sont d'aucune utilité aux savants faits, et, pour ceux qui veulent se livrer à la culture des sciences, ils les égarent par une fausse simplicité des choses; de plus, ils les gênent en chargeant l'esprit d'une foule de préceptes vagues ou inapplicables, qu'il faut se hâter d'oublier, si on veut entrer dans la science de devenir expérimentateur... Lob sciences biologiques et la médecine expérimentale, en se soumettant â l'envahissement ou à la domination des systèmes, verraient disparaître leur fécondité et perdraient l'indépendance et la libert' d'esprit qui seront toujours les conditions essentielles de tous les progrès de l'humanité ».
» L'histoire de la médecine, avait déjà dit Brous- Bais, nous a prouvé que to tourment moral de l'homme est d'ignorer. C'est pour cela que les médecins ont constamment inventé ou supposé des faits , pour ajouter aux faits que leurs sens leur faisaient découvrir, alln de compléter et de régulariser la science de l'homme physique. En vain, Bacon les avertit u
LES DOCrUKBS NfeMCâUES
e la faule qa'îls commetlaieDt; il ne put leur
rooyen de n'y [iliis toinljer eL lui-t»(me susL fvf* U ualure au lieu de la chercher avec patience.^
- Descartes (1596-1650), cherche" unfl tbiloeofibie pratique par laquelle, connaissant la force •i les actions du feu. de l'eau, de l'air, des astros, des I et de tous les autres corps qui nous environlent, aussi distinctement que nous connaissions les U^tiers de nos artisans, nous pourrions les employer 'e Ik m^me façon à tous les ouvrages auxquels ilH lOot propres et omis rendre comme maîtres et pow besseurs de la naUire. »
» L'esprit, dit-il encore, dépend si fort du tempi rament et de la disposition des organes du corps qum Vil est possible de trouver quelque moyen qui puis»! rendre communément les hommes plus sages et plun tabiles qu'ils n'ont été jusqu'ici, c'est dans la niô< lecine qu'on doit le chercher. Je m'assure qu'eal sonnaissant mieuï la médecine, on se pourrait exempr d'une infinité de maladies tant du corps que de D'esprit, et même peut-être aussi de raifaibliaseraent Te la vieillesse. » Mécontent des docteurs et des livre»,!" | résolut de ne plus chercher la vérité qu'en luÛ mime et dans le grand livre de la nature.
: Quand Descartes, dit Claude Bernard, part (
loule universel et répudie l'autorité, il donne d^
^coptes bien plus pratiques pour l'expérimentateBa
bue ceux que donne Bacon pour l'induction. » "
i Deaeartes se vantait d'avoir fait autant d'expérienct
m'jl y a de lignes dans ses écrits, et, un jour, sotUj
lit par un gentilhomme, M. de Sorbière, qui désiraîfl
ojrsa bibliothèque, il entr'ouvre une tenture et InP
notre un superbe veau qu'il allait disséquer, en
Voilà ma bibliothèque, voilà l'étude k
jelle je m'applique le plus maintenant, n Mais,
àvM dit Claude Bernard, « Deseartes, toutentenanjl
I compt