‹ Les Doctrines médicales: leur évolutionChapitre 17 sur 45 · LA PHYSIOLOGIE CELLULAIRE · texte numérisé non relu

LA PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

Doctrine des propriétés vitales de Bicbat. — Notre immortel Bichal (1771-1802) passe comme un météore, et après avoir publié deux chefs-d'œuvre VAnatomie générale et les Recherches sur la Vie et sur la Mort, il meurt à 31 ans. Deux auuées et demie avaient sufïl â cet immense labeur. D'après Bîchat, les orgaues peuvoul se réduire à viugt et un tissus élémentaires (osseux, musculaire, élastique, cellulaire, etc.). Chacun d'eux possède des propriétés vitales dilTérentes et représente une fonction particulière. Ce fut sa découverte des membranes synoviales qui le conduisit à l'élude des membranes et des tissus de l'organisme. Le principal but de ses recherches sur la vie était ta détermination des propriétés des tissus et l'analyse des phénomènes vitaux. La vie spéciale de chacun des organes s'explique par les propriétés vitales des tissus simples qui entrent dans leur composition. La sensibilité et la contractilité sont ^"^ [ualités fondamenlales de la matière vivante et de B nos tissus. Bichat substituait donc à la force

i MÉDICALES

vitale les propriétés vitales, c'est-à-dire une série de forcée vitales siégeant dans chaque tissu. C'était nue révolution analogue à celle que Lavoisier avait opérée quelques années avant dans l'étude des corps inorganiques. Ces propriétés vitales changeantes, éphémères, étaient opposées aux propriétés physiques constantes et permanentes se rencontrant, dit Claude Bernard, dans le corps animal comme sur un champ de bataille, luttant sans trôve ni repos, jusqu'au moment oii la victoire restant aux agents physiques, l'être vivant mourait.

Sa doctrine des propriétés vitales se résume dans les deux phrases suivantes: « La vie est l'ensemble des propriétés vitales qui résistent aux propriétés physiques ou bien la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort, n Les maladies ne sont que les altérations de ces propriétés vitales. Si les phénomènes physiques triomphent définitivement, la mort survient, et la guérison ne se produit que si les propriétés vitales reprennent le dessus. C'est do cette lutte que dépendent la santé et la maladie. Les médicaments doivent agir sur les propriétés vitales pour les ramener à leur type naturel. Cette doctrine remplaça l'iatro-mécanisme et l'iatrochimisme du xvni* siècle qui, malgré la part de vérité qu'ils renfermaient, périrent par leur exclusivisme et l'exagération de leur principe. Bichat distingua aussi la vie organique commune aux animaux et aux végétaux et la vie animale ou de relation propre aux animaux. La symétrie, l'harmonie, la continuité d'action sont les propriétés caractéristiques de la vie animale, tandis que l'asymétrie, la discordance, l'intermittence sont le propre des organes de la vie organique. Il existe deux sortes de contractilité : l'une volontaire, animale ou irritabilité ; l'autre involontaire, organique ou tonicité.

Bichat cherche à établir les difTéreuces générales de

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la vie animale et inorganique par rapport aux forces vitales, puis les difîérences des Forces vitales d'aï les lois physiques; eniln, les diftérences des propriétés vitales d'avec celles des tissus.

« Les propriétés vitales, dit Bichat, ayant ponr caractère essentiel l'instabilité, toutes les fonctions vitales étant susceptibles d'une ioule de variétés, on ne peut rien prévoir, rien calculer dans leurs pliénomënes. D'où il faut conclure que des lois absolument différentes président k l'une et l'autre classe de ces phénomènes. »

Cet indéterminisme, que Claude Bernard qualifie de négation scientiDque, était le résultat des théories vitalistes alors en honneur. L'erreur de Bichat fut de considérer les propriétés vitales comme opposées aux propriétés physiques, u Le génie de Bichat, ajoute-t-il, c'est d'avoir compris que la raison des phénomènes vitaux devait être cherchée comme la raison des phénomènes physiques dans les propriétés de la matière, au sein de laquelle s'accomplissent ces

H Sa conception reste une vue de génie, sur laquelle s'est fondée la physiologie moderne. Les applications de la doctrine de Bichat valent mieux que ses principes. »

Il a institué la méthode physiologique, en plaçant dans les propriétés des tissus et des organes les causes immédiates des phénomènes. Il décentralisa la vie et dispersa dans la matière vivante les propriétés vitales.

« Le vitattsme de Stahl et de Bichat se trouve, d'après Claude Bernard, en contradiction avec l'expérience et les faits de la physiologie. C'est une doctrine de transition qu'il faut rejeter sous la forme que lui a donnée Bichat. Elle est le dernier elfort et l'expression la plus adoucie du vitalisme. n B&CHAT fonda aussi, en France, {'Ecole Anatomo-

^^^^^Palhologique à laquelle appartiennent Broussais, soi ^^^radversaire Laënnec, Bayle, Andral, Cruveilhier. Dan^ ^^^ son ensemble, elle fut eolidienoe et organicienne. r - Elle procède de Biehat et des maîtres de l'an III, Elle I se développe pendant que Corvisart fonde la cliniqut

^^^ médicale illustrée par Laénnec, Andral, Bouillaud— ^^^^L Trousseau, etc., et que Desault crée la clinique (~ ' ^^^1 rurgicale où brillèrent Dupuytren, Nêlalon, etc. ^^^1 Laennbc (1781-1826) que Broussais traitait d'ot^ ^^^■-iireur de cadavres et à qui il ripostait par l'épithJâ ^^^Bde Paracelse moderne, découvre l'auscultation et foadjj ^^^p le diagnostic anatomo-pathologique. Il décrit le cal ^^^ cer, l'abcès, la gangrène du poumon, la pneumonie," r la pleurésie. Ce fut aussi un grand clinicien.

[ Il rétablit la nosologie et la matière médicale par

^^^ l'anatomie pathologique. Il considère les altérations ^^^^ comme primitivement et essentiellement spéciales^ ^^^■Avec lui, les maladies essentielles revivent et s'api ^^^Bpuieot sur cette base nouvelle et les médication^ ^^^K essentielles rentrent à leur suite. Il proclame l'unicité' ^^^B.de la tuberculose dont il fait une excellente étude. Il ^^^^■admet une sorte d'animisme pathologique paropposi- ^^^B tion à l'animisme physiologique de Broussais. Il fut P empirique par haine du physiologisme. Avec Bayle, il

inaugura cette brillante Ecole clinique française qu'illustrèrent Andral, Bouillaud, Bretonneau, Trousseau^ I Andral déclare la guerre à. l'inflammation, restaure

I l'humorisme, fait d'intéressantes recherches sur Je]

san^, inaugure l'hématologie qui vient de preodi une si grande importance et emploie avec artl'éclM ', tismc médical contre le système de Broussais.

I Ilasori, avec sa thérapeutique cotitro -stimulante

I négligeant les phénomènes locaux, allait au delà, ç'

^^^V ,par dessus, atteindre la dialhèie de Himulus, c'est-S ^^^wdire la toxi-infeclion génératrice. Mais Rasori avof ^^^^Kdevancé son époque et le six° siècle devait aeulem^ ^^^Và son déclin apporter la preuve des vues générale^

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U DOCTB[XB DES PROPRIÉTÉS VITALES DE BlCItAT 83

qu'il avait émi8cs à son aurore. Broussais marcha sur les traces de Rasori et eut recours à une thérapeutique pathogénique pour juguler ou combattre Vinflammatton au moyen de la médioaliort pklogistiqae.

La Médecine physiologique de Broussais. — Elle a pour point de départ l'irritabilité de Glisson et de Brown, et repose sur la physiologie.

Elève de Bichat, adonné aux travaux d'anatomie et de physiologie, Broussais (1773-1838) applique, eu quelque sorte, les idées de Brown à la maladie. L'irritabilité des tissus détermine les maladies; les irritants sont les seules causes morbifiques. L'inllammation est le (jrand fait anormal, initial et caractëristique qui domine la pathologie. 11 n'y a pas de EQaladies graves auxquelles la gastro- entérite ne prenne part. La lésion est le point ds départ primordial; les altérations sont le fait majeur et causal. Localisées dans leur principe, les maladies se généralisent par suite de réactions diverses. Les symptômes sont le cri de l'organe soufTrant. Les dîathèses ne sont que « des entités imaginaires, de ridicules ontologies ». Les maladies et les médicaments spécifiq[ues n'existent pas. L'indication causale consiste é, remettre les fonctions dans leur état physiologique et à éteindre l'irritation.

Broussais étudia les rapports qui existent entre les lésions et les manirestations morbides, car ni les forces ni les propriétés ne peuvent être considérées indépendamment des organes et des tissus. Il est donc indispensable que le médecin ait toujours la matière des organes présente à l'esprit. C'est avec celte médecine physiologique que Broussais tente de réformer l'ancienne médecine. Il conteste l'existence d'un principe immatériel indépendant de l'organisme, et pense que les facultés intellectuelles sont ie résultat de l'excitation de l'encéphale ou plutôt celte excita-

LES DOCTBINES «ÊDICALES

tion même. Il ne reconnaît k la matière vivante qne la contractilité résuUaul de l'irritabilité des tissus. Si l'excitation est trop Taible, la débilité se déclare; si elle est trop forte» l'irritalioa sunientet l'iullammalion se produit. Le rôle du médecin est d'éteindre d'emblée l'inllammation. Il est utile de prévenir les crises et imprudent de tes attendre. Il faut juguler l'inflammation, au début, en employant la médication pklogislique, qui consiste en saignées larges et répétées et en applications fréquentes et mulUpliëes de sangsues. La saignée était le moyen de prédilection de Broussais ; il faillit même en être victime. On a dit, avec exagération, qu'il fit couler presque autant de sang que Napoléon I". La médecine physiologique eut, à un moment donné, un grand succès; mais les mauvais résultats qu'elle donna pendant l'épidémie de choléra de 1832 achevèrent sa ruine. Ce qui fait la gloire de Broussais, dit Bouchard, ce n'est pas d'avoir édifié un système, c'est d'avoir porté la sape dans tous les systèmes et préparé ainsi l'écronlement de son propre édifice, c'est d'avoir affranchi la médecine. II a eu le tort, d'après Claude Bernard, de prendre un système de physiologie pour base d'un système de médecine. Il est probable que le système de Broussais sera le dernier système médical. Brous- Eais était de la race des grands réformateurs, il insistait sur l'étroitesse des j^apporis qui existent entre les manifestations de l'état normal et de l'état pathologique et avait fondé son système sur la physiologie; aussi fulminait-il contre la métaphysique : « La science (médicale), dit-il, n'est et n'aurait jamais dû être tributaire de la métaphysique; elle ne peut rien tirer d'elle et au lieu de recevoir la loi, elle doit seule la donner, mais comme à un enfant ingrat qui méconnaît et qui méprise sa mère. »

Saignée. — C'est le règne de la saignée qui est

tA HiDECITfB PHYEIOL001QUE DE BHOtISSAlS

lantdt déplétive, tantôt préventive, tantàt exploratrice. Avec Brouesais, elle atteint son apogée, malgré les abuB qu'on en flt sous Louis XIV. « bonne, i saincte, ô divine saignée, s'écrie Guy Patin, lorsque sa femme guérit après huit saignées des veines du bras et quelques saignées des veines du pied. » Il répéta treute-deux fois la saignée sur le même malade el lui-même se fit saigner sept fois pour un rhume. Louis XIV fut saigné largement trente-huil fois du pied et du bras, et, peut-être, dit un de ses médecins, m'a-t-il échappé quelque coup de lancette donnée à la dérobée. Lo Roi Soleil fut également gratifié de saignées ad kotiorem. Monsieur fut saigné trois fois pour une attaque d'apoplexie. Les passages de Molière relatifs à la saignée sont bien connus : « Quinze fois saigné? oui; et il ne guérit point? non. C'est signe que la maladie n'est pas dans le sang, etc. » Sganarelie dit aussi : a Comme on boit pour la soif â venir, il faut se faire saigner pour la maladie ^ venir, u La doctrine de firoussaisût pratiquer tellement de saignées qu'une réaction se produisit. « Je ne saigne plus mes malades aUeinls de pneumonie, disait Magendie, ils n'en guérissent pas moins. » Actuellemeut la saignée est réservée à certains cas de pneumonie, d'urémie, d'éclampsie, d'affections cardiaques, etc. Ce sont les abus de la médication phlogistique de Broussais qui contribuèrent au succëe de la doctrine d'Hahnemann. Sur ces entrefaites, apparut une nouvelle doctrine basée sur la similitude d'action entre le mal et le remède, l'Homéopathie.

L'Homéopathie. — Elle fut fondée, en 1821, par Hahnemann ; elle prit pour devise : Les semblahles sont gtiêris par les semblables. Sintilia similibvs curantw. Elle se rattache au vitalisme pur. Il n'y a que la i^ee vitale désaccordée qui produise les maladies. JiW corps ef lee mèdicamenta" possèdent anâ forc é

LIS DOCTIU.VIS MtDICAlBi

immaWrielle ; lajorçe médicamenlei mêmes ^ ^

guërisoD est obtenue par la substitutioD des maladies ui'casionnées par la force médiiramenteuse aux maladies ejigendrées par la force vitale.

D'après le prînciiie de la dilution, les mëdicameats sont des lorces immatérielles qui agissent, par coDséqueot,& des doses inflnitésiniaiesse traduisant par des millioDi^mes ; ils suscitent simplement des inouve metits organiques cur ateur s. Ce sont des a uxiliaires de la vis medicati-ix, et ils a e doivent jam ais avoir l'action perturbatrice. Les médicaments, matière divisible à l'infini, conservent, d'après cette doclrii'*" une ruelle activité dans leurs atténuations euccf sives.

A l'appui de cette oligodynamie, on a invoqué pli récemment la théorie des tons, les affinités des corps h l'état naissant, les propriétés du radium, l'action du mercure colloïdal à doses inQmes et non renouvelées contre les fermentations intestinales ou autres, les elfets empêchants de quantités infini tésimales de sels d'argent sur le développement de l'aspergiUus, le traitement pastorien de la rage, l'emploi de la luberculine, de la cantliaridine dans la tuberculose, les principes de la sérothérapie, enfin les ferments tnétalliques dont l'action se rapproche de celle des zymases et des levures.

L'homéopathie est donc basée sur la similitude d'action entre le mal et le remède, et sa" méthode' tliérapeu tique consiste à donner des remèdes capables do déterminer à, l'élat de santé des efTets se mblables aux eymptémes des maladies à soigner, k Dans l'état do santé, écrit Hahnemann, la force vitale qui anime dynamiquement la partie matérielle des corps exerce UD pouvoir illimité. Quand l'homme tombe malade.

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1^^^ cette force spirituelle, active par elle-même et partoy^^ ^^K présente dans le corps, esl au pTemVeT «.^tovdla. seiu^l

l'homéopathie 9.'!

qui ressente l'influeDce dynamique de l'agent hoslile à la vie. L'expérience, dit-il, nous apprend que tous les médicaments guérissent les malades dont les symptômes se rapprochent le plus possible des leurs et que parmi ces derniers il n'en est aucun qui ne leur cède. »

Ilahnemann ne s'attachait guère qu'au seul symptâme et il estimait que le médicament prescrit à des doses aussi faibles que possible n'avait pas d'action directe sur la maladie, mais suscitait simplement des mou vements organiques curateurs. C'est^ rorga n|snic vivan t qu i se guérit lui-même 3U moyen de \à jtaCure m^dicalrice dont les réactions sont favorisées, réveill ëes ou accrues par les forces immatérielles contenues . d ans ces doses infimes de médicaments. Le violent réquisitoire de Trousseau contre cette doctrine est resté classique, et les découvertes récentes sont en opposition avec les idées d'EIahnemann,

L'homéopathie reste toujours en lutte avec la médecine traditionnelle, l'allopathie, qui soutient que les contraires sont guéris par les contraires.

Les Doctrines médicales de l'École de Paris. — I. La lutte contre le système de Broussaia est continuée par Andhal, au nom de l'anatomie pathologique. Il s'attaque à l'inflammation, « cette vieille monnaie 8ane empreinte qui doit être mise hors do cours. » L'irritation, dit-il, diffère beaucoup plus par ses degrés que par ses modes. Dans toute fièvre, il y a intoxication. Ses recherches sur le sang ramenèrent & l'humorisme la science médicale. Pour mieux combattre la dictature de Broussais, Andral formait un faisceau de toutes les vérités médicales traditionnelles. On est, dit-il, éclectique par nécessité, comme i'eet tout médecin au lit du malade. Il adoptait en cela les vues de Leibnitz, qui disait ; h J'ai tro uvé q ue la plupart des sectes ont raison dans une çii,t\.\fe 4a

ce qu'elles avancent, niaisj^on pas tant en ce qu'eues ni^nt, Jo me Datte d'avoir pénétré l'harmonie des dilTérenls règnes et d'avoir vu que les deux partis ont pourvu qu'ils ne se choquent point. » Il poursuivait le but de Victor Cousin (1792-1867), qui disait en 1816 : « Ce serait un spectacle intéressant et instructif de montrer les vices des Ecoles modernes el de réunir leurs divers mérites dans le centre d'un vaste éclectisme qui les contiendrait et les compléterait toutes, H

II. Dans la première moitié du xix° siècle, Vanatomie pathologique, inaugurée par Bicbat, complétée par Laënnec, etc., régna en maîtresse, et les médecins ne virent dans la maladie que les lésions produites par les causes les plus variées. C'est en se basant sur les altérations des organes que l'Ecole Organicienne, éminemment aolidisley établissait une distinction, une classiricalion entre les maladies. Etant donnée une maladie, il s'agissait de déterminer, pendant la vie, ses caractères anatomîques.

L'organicisme adoptait les doctrines de Cabanis (1757-1808), disciple de Condillac et de Locke, qui soutenait le sensualisme et admettait que le moral n'est que le physique considéré sous un point de vue différent. Le cerveau, d'après Cabanis, digè re donc en gnelque sorte les impressions et fait organjguement la sécrétion de la pensée. « Le but de l'organi- ~i cisme,~~dît ItosTAN, est de prouver qu'il n'existe pas, qu'il ne saurait exister de principe vital, de forces ) vitales, de propriétés vitales indépendantes de la 1 matière organisée, séparables de cette matière, et pouvant exister sans elle, hors d'elle, surajoutées à i elle et chargées d'accomplir les actes phénoménaux de la vie, » -=

CependantCHOVEiLHiER(1791-1874) qui, pendant quarante ans, fit d'importantes études anatomo-palhologiques, ne croit pas que les altérations des orgiil

orgîiq^^

DOCTHINES MÉDICALES DE l'ÉCOLE DE PARIS 90

coDstituont la maladie; ce ne sont que les effets du I travail morbide, une sorte do symptôme interne. La science du cadavre, dît-il, n'est pas la science de la vie. Vouloir expliquer tous les phénomènes morbides par des lésions naturelles des organes, me parait une prétention aussi exagérée que de trouver dans des conditions matérielles des mêmes organes, lorsqu'ils sont sains, des raisons suffisantes de leur action.

L'Animisme de Récamier.— Animiste comme Slahl, Récamier (177t-lSô2) considère l'àme comme causa unique et raison des faits intellectuels et des phénomènes de la vie organique.

Partisan de l'aiiomehippocralique: Consensus «nui, conapiralio vna, consentia, omnia, Récamier basait sa doctrine sur le consensus organique et sa pratique sur l'appréciation exacte de ces phénomènes de synergie ou de dissociation vitale et sur la connaissance des moyens qui peuvent les mettre en jeu. Il divise les fonctions vitales en communes et spéciales. Leur harmonie et leur consensus sont assurés par le tact géné-

L'Aniinîsme de Chauffard. ~- C'est un vitalîsme scientilique et moderne, sans superposition d'entité métaphysique surnaturelle. L'&me, principe d« l'être \ animé, se confond organiquement avec lui. C'est la j vie, et la vie c'est l'organisme évoluant.

Cbauppahd (1823-1879) a uni ce que les anciens phi- ' lOBophes, y compris Slahl, séparaient, c'est-à-dîro l'activité de la matière et l'activité de l'àme. « La pensée, l'action et la fonction, dit-il, s'enlacent dans une invincible union. *< C'est la formule de Bossuet. » L'&me et le corps forment un tout naturel. • Chauffard accorde à l'Ame deux modes d'action : l'un qui s'exerce sur les phénomènes physiologiques qu'elle régit '<■ par des impressions sans conscience, par dei

l DOCTHiNES MÉDICALI

déterminatioiiB insUnctivee, guivant des lois primoi>v diales. » a 1) n'y a pas, dit Chauffard {!), dans l'orgo-^ nisme, de phénomènes mécaniques de la vie, des phénomènes mécaniques de la matière que la v anime d'activités nouvelles inconnues au monde phy-9 sique. » D'après Triaire, le vilalisme rajeuni au con-B trôle physiologique, éclaire et féconde les uns par Ii autres les vrais principes de la tradition médicale etfl les relient aus études modernes.

Une mention spéciale doit être réservée à Bhk- " TONNEAU, de Tours (1778-1862), le maître du grand clinicien Trousseau. Ses remarquables études sur la OotkiÉnenlêrile (1818) et la Diphlérite (1821) le coo-duiseut à la notion de la spéciliclté des maladies. C'esM un précurseur de la doctrine paslorieane. ■

En résumé, la première moitié du xix° siècle fui] féconde ; elle a non seulement fondé Vanatomie pathologique, inauguré la clinique, restauré la thérapeutique, mais elle a encore créé la physiologie expérimentale avec MAOENDib:, la pathologie expêrimentalçim avec EsQUiHOL et la toxicologie avec Orfila. H

Puis le microscopt entre en jeu et la découverte ^9 la cellule substitue à la doctrine des propriétés vitaleU la physiologie cellulaire (Muller), Vhîstogénèse, la pathologie cellulaire (Virchow). Mais, à cette époque, le microscope ne justiHa pas les espérances qu'il avait laissé concevoir; il fit considérer comme spéci-^ lîqueset pathoguomoniques les cellules cancéreuse et tuberculeuses, réunit des affections distincteiî (tuberculose, leucémie, fièvre typhoïde) et sépara dai processus semblables.

Physiologie cellulaire. — Nous voici au règne dd la cellule.

En 1839, ScHEiLDEN et Schwann découvrent la cel Iule, Bhown en fait connaître le noyau, Schtitze assi^

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