CHAPITRE IV LES AUTO-INTOXICATIQNS
f I. Auto-intoxication à l'état normal. — La désassi- ËilatioD, les fermentations gastro-inlestina[eE,(loiincDt | naissance à des substances toxiques qui sont élimî-r nées en partie par la bile et avec le contenu intestinal 4 ou, après leur résorption, par les émonctoires naturels I de la peau, du poumon et des reins. La régularité du fonctionnement de la nutrition cellulaire est réglée par le système nerveux el par les sécrétions internes des divers organes (foie, pancréas, glande thyroïde, capsules surrénales, etc.).
U'organisme, a dit Bouchard, est un réceptacle et un laboratoire de poisons. Ainsi un extrait aqueux de 20 grammes de foie lue un kilogramme d'animal; le même eiïet est obtenu avec 90 grummes de muscles. L'urine est le rendez-vous des substances toxiques provenant de ralimentation, des fermentations gastrointestinales, de la déssassimîlation. La dose mortelle pour un kilogramme d'animal constitue l'uroioxie et le coefficient urotoxique, est obtenu eu divisant par le poids de l'individu le nombre des urotoxies émises en vingt-qualre heures. Son chiffre est de 0,461. L'urine contient dix substances toxiques dont l'action de chacune est diurétique, narcotique, sialogène, convulsivanle, myosique, hypothermi santé, tbermo-J gène, sidérante du cœur, etc. Après une 1( course, la toxicité urinaire peut quadrupler.
II. A l'état pathologique. — L'organisme vivant est toujours en inslaiice, en imminence d'intoxication même â l'état normal, mais surtout pendant les maladies qui apportent, en outre, les to.^ines des microbes pathogènes, des putréfactions gastro-intestinales accrues et une dénutrition cellulaire viciée. Leur élimination se fait surtout par le foie et les reins.
Les principales auto-intoxications pathologiques sont d'origine tantôt dtgeslive, tantAt képalique (ictôre grave, infectieux, toxique ou dystroptiique) ; tantôt pulmonaire ou cutanée, tantôt rénale (urémie, etc.). Elles surviennent également dans les affections nerveuses, dans les infections où elles ont pour source : soit l'agent pathogène, soit les fermentations gastro-intestinales accrues, soit la désassimilation cellulaire exagérée ou pervertie. La dépuration de l'organisme est dévolue au foie, aux reins, à la glande thyroïde, aux capsules surrénales, à la peau. La toxicité urinaire peut doubler et même décupler devant la défervescence de la pneumonie ou dans la deuxième semaine de la fièvre typhoïde. Les principales auto-inloxications définies sont la lacHcémie, la diacéturie, Vacétonémie, Voxalurie, l'intoxication par l'acide urigue, ['ammoniaque, les albumotes, les substances volatilet qui se produisent dans le tube digestif.
Dans l'évolution morbide, l'infection, l'intoxication, l'auto-intoxication, les réactions nerveuses, les lésions cellulaires et les altérations humorales autogènes jouent un certain rôle. Les adultérations liquidiennes sont aussi souvent causes qu'effets des lésions 8olidiennes.
« Nous gommes dans un temps où il fait bon de vivre quand on s'intéresse aux choses de la médecine « est une phrase de Bouchard, qui est justifiée ^r ses travaux sur les maladies par auto-intoxication
nvec déductions d'anlisâpsie iiiLcstinale, par ses éludes Eurta geoèso des maladies humofales, sur le pouTnir bactéricide du sang, sur les états antîLoxiquos des humeurs animales, sur les coefficients de toxicité de poisons endogènes, exogènes ou médicamenteux, sur les urotoxies et les ptomaïnes, fonctions des cellules microbiennes.
C'est à Bouchard qu'appartient la synthèse des aulo-intoxications, la plus personnelle de ses œuvres, la plus vaste, la plus compréhensive des récentes doctrines médicales (Gharrin), ainsi que l'étude globule des troubles du ralentissement de la nutrition, paresse métabolique dont il a élargi le champ et complété les détails avec ses recherches sur la eryoscopie, les diastasee, etc.
Bouchard a eu pour préoccupation constante do démêler les processus pathogéniques et de faire la part dans l'évolution morbide de ce qui est dû aux intoxications, aux infections, aux réactions nerveuses, aux lésions cellulaires et aux altérations humorales autogènes. Cette doctrine, caractérisée par l'unité de direction dans les recherches, a élé appliquée, dit Gaucher, dans toutes les parties du domaine de la pathologie. Bouchard a ainsi préparé l'avènement scientifique de l'humorisme nouveau et a rajeuni le vilaiisme.
Les travaux de Bouchard, dit Landouzy, ont eu la patiente observation de l'homme comme point de départ; la recherche du comment de la maladie pour objectif; l'étude de la nature médicatrice pour inspiration, l'atténuation de la maladie, le soulagement du malade pour conclusion, pour moralité. En somme, l'étude des troubles de la nutrition, des aitlo-intoxications est surtout l'œuvre de Bouchard et de ses élèves, Charrin, Roger, etc.