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CHAPITRE 11 LA LUTTE PHAGOCYTAtRE

I ceiie

fection doit être considérée comme un mode rliculier d'agression. Dès qu'un microbe pénètre dans l'organisme, celui-ci réagit par l'aclion bactéricide de ses tissus qui peut détruire ou atTaiblir l'agent pathogfine. Le microbe doit encore lutter contre les leucocytes du sang qui font d'incessantes patrouilles, renforcent les cellules fixes et eitercent un rôle phagocytaire. Alors l'action locale du microbe est légère. Le microbe sst-il plus virulent; i) pullule, sécrète des toxines, produit des lésions locales, réveillant un mode de défense, la phagocytose. Ces toxines imprègnent les cellules de l'organisme dont la réaction entraine la production de substances bactéricides et anlitoxiques. Ces modifications humorales augmentent la résistance dos cellules, atténuent ou détruisent les microbes qui sont attaqués par les phagocytes qu'attirent les propriétés chimio-tac tiques positives (les produits microbiens et des déchets cellulaires. Alors s'engage entre les cellules et les microbes la lutte dont MetchnikolT a si bien décrit les diverses phases qui se succèdent au cours de l'inflammation, (cet ensemble de phénomènes réactionnels par lei quels l'organisme répond à l'agression microbienne). Les phagocytes sont les éléments les plus actifs d< cette lutte dans laquelle ils interviennent avec des diven.

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a48 LÊB DOCTRINES MEDICALES ^M

La Pha((oc]rtose. — Lorsqu'on examine au microa- I

cope le sang ou les humeurs d'un individu ou d'ao I ËDimal spontanément ou expérimentalement infecté 1 par des microbes, oo constate très souvent, presque I toujours, que des microbes sont logés dans V'ial^i rieur de certains éléments cellulaires. ^Ê

Comment peut-on expliquer cette introduction? ^^| l'hématozoaire du paludisme s'introduit dans \a glo-^^| bule rouge, dans la grande majorité des cas, c'est li^Ê cellule qui généralement englobe les microbes^f (comme, par exemple, ceux du pus de la tuberculoselH de la lèpre, de l'actinomycose, etc.). ^M

Le rAle actif appartient k la cellule, et c'est cetfi^H fonction cellulaire si importante que l'on nooim^H phagocytose. ^M

Les Phagocytes. — n On désigne sous le nom de g

phagocytes certaines cellules mobiles ou fixes, qui a jouissent du pouvoir de saisir activement, d'englobet^l et de digérer (lorsqu'elles sont assimilables) les llne^| particules inorganiques, organiques et organisée^H (cellules mortes et même vivantes). Ce pouvoir es^H en rapport avec l'absence totale ou partielle de paro^| limitante, la mobilité totale ou partielle, et la sécrétio^H des sucs digestifs intraprotoplasmiques.» (Nicoile.) ^H

La phagocytose est une réaction de l'organisme^ contre l'invasion microbienne, c'est une mesure de défense dont l'exécution est confiée aux phagocytes.

La propriété qu'ont certaines cellules de l'organisme d'englober les corps étrangers animés ou inanimés avait été reconnue par divers auteurs avant'J Metchnikoff. Mais c'est à cet auteur et k ses élèves q qu'appartient l'honneur d'avoir montré toute l'impoi^ j tance de ce fait qui domine actuellemeot l'ensemble 1 des doctrines médicales.

Le système phagocytaire des animaux supérieurs et'j ) rbomme comprend Iroia gtoûça^ à'6%ftïila : les |

éléments mobiles, les éléments fixes et les amas d'éléments fixes {organes phagocytaires).

Les éléments mobiles se confondent à pen près ; avec les globules blancs du sang. Si certains de ces éléments ne sont pas à proprement parler des phagocytes, leur rôle dans la sécrétion des corps qui I possèdent une action indéniable dans la défense do 1 l'organisme, ne permet pas de les séparer des autres 1 leucocytes.

Leurs variétés. — On trouve des globules blancs libres dans le sang et dans la lymphe. Dans le sang, il en existe cinq espèces distinctes :

1° Les lymphocytes, petites cellules dont le diamètre est à peu près égal à celui des globules rouges du sang et dont le corps est occupé à peu près uniquement par un noyau ; chez l'homme on compte envi- j ron 3 lymphocytes sur 100 globules blancs. Les lym- I pliocyles sont les grands balayeurs de l'organisme. Ce ' sont des macrophages qui absorbent les détritus orga- ] niques dont ils achèvent la digestion au moyen de sécrétions intra-cellul aires, de compléments cytolytiques ;

2° Les mononucléaires, éléments volumineux possédant un seul noyau et un protoplasma abondant (SCi Yo environ chez l'homme). Les tissus lymphoïdes produisent les deux premières variétés de leucocytes, tandis que les suivauls, qui appartiennent à la série médullaire, sont fournis par les tissus à texture royéloïde ;

3° Les polytuicléairei, à noyau divisé en plusieurs lobes qui semblent séparés les uns des autres, mais Bont en réalité unis par de (lus tractus de substance nucléaire ; leur protoplasma est asseï abondant et doué d'une motililé très active. Ils existent dans la proportion de 60 % environ. Ce sont les éléments de la défense mobile qui absorbent des corps de petit

volume; ce sont des microphages qui exercent tout leur rAle dans la phagocytose, l'arme de défenBS^

par excellence. Non contents d'englober le microbe, ils l'attaquent encore avec des substances bactéricides, des alexines, produits de sécrétion ou de désintégration de ces cellules ;

4° Les éoHnopkilei, comprenant deux masses nucléaires arrondies apparemment séparées et dont le protoplasma est bourré de grosses granulations rérringérantes, caractérisées par leur affinité élective^ pour les matière)^ colorantes dites acides, comi i'éosine (1 %) !

5° Les basophiles, caractérisés par l'existence deux noyaux peu distincts et d'une grande quantil de grai ilations vnlumineuses, qui se colorent coi trairement aux précédentes, par les colorants basiques (0,5 & 1 %)■

La lymphe centient, comme éléments caractérii tiques, des grosses cellules à un seul noyau, entoi d'un corps protoplasmique énorme par rapport autres cellules libres. On rencontre dans la lymphe des leucocytes du sang, mais ils sont alors en état de dégénérescence et englobés eux-mêmes par les grosses cellules lymphatiques. En revanche, eelles-eî n'existent jamais dans le sang, si ce n'est à l'état pathologique.

Les globules blancs ont une double origine : les polynucléaires, les éosinophiles, les basophiles naissent dans la moelle osseuse ; les lymphocytes et les mononucléaires ont leur origine dans la rate et les ganglions lymphatiques.

Les éléments fixes de la phagocytose sont repi sentes par un grand nombre de cellules endothélia! L'endothélium des vaisseaux capillaires sanguins lymphatiques, celui qui tapisse les alvéoles pi ~ naires, l'endothélium péritonéal contiennent de noi breuses cellules mononucléaires, douées de mouTÎ aienlB amiboldes et agissant activement dans

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phagocylose. Dans le foie, ces élémenls sont très abondants, leurs mouvements amiboïdes très accentués et leur fixité est moindre ; ils sont appelés cellules de Kupffer. Certaines cellules flses du tissu conjûnctif sont également phagocylaires- La phagocylose est môme exercée par des éléments hautement différenciés comme les cellules nerveuses, qui englobent les bacilles de la lèpre. La rate, les gangliona, la moelle osseuse occupent une place à part dans la défense phagocytaire de l'organisme. Outre leur rôle de formation des diverses variétés leucocytaires, ils possèdent encore par leurs cellules propres fixes une action phagocytaire particulièrement élevée et d'une importance prépondérante.

Les phagocytes possèdent comme caractères physiologiques généraux : leur mobilité, leurs sensibiliCés, leurs propnétêi digeslives, leurs sécrétions.

Leur mobilité. — Tous les phagocytes libres, sauf hs lymphocytes, sont doués de mouvements amiboïdes; leur protoplasma se déforme et s'étire, formant des prolongements qui servent, soit à la progression de la cellule, soit à l'englobement des corpuscules voisins. Les phagocytes fixes émettent des prolongements analogues, qui servent seulement à capter les corps étrangers, la cellule restant fixée par un point plus ou moins étendu de son contour.

Leuk sensibilité. — Les mouvements des phagocytes sont déterminés par diverses excitations. L'ox ygène, par exemple, se montre un puissant excitant, car les leucocytes se dirigent toujours vers les endroits les plus aérés, à la recherche de ce corps. La cha|eur leur est également nécessaire et la mobilité disparait en dehors de certaines limites thermiques. La sensibilité tactile des leucocytes est également démontrée par leur étalement â la surface des corps avec lesquels ^■i les met en contact.

Chihiotaxis. — Mais le mode de sensibilité le plus iatéressEtnt chez les leucocytes est la sensibilité cfaimique, que Pfeiffer a appelée ckimiolaxie. Certaioes substaDces attirent les globules blancs, d'autres les

repoussent. Les solutions salines faibles attirent les leucocytes, tandis que les mêmes solutions concentrées, l'alcool, l'éther, le cbloroFornie, l'acide lactique, etc., repoussent les globules blancs. Les solutions salines faibles et les cultures diluées déterminent une chinniotaxie positive, les solutions et cultures concentrées et certains corps chimiques produisent une chimiotaxie négative.

Le phagocyte apprécie donc la nature et la composition du milieu qui l'entoure et se trouve influencé par les produits solubles sécrétés par les microbes dans les cultures, comme par les substances chimiques en solution. Mais cette sensibilité n'est pas absolument fixe et irréductible. Si, en effet, après avoir attiré les phagocytes avec une solution saline faible, on augmente progressivement et lentement la concentration du milieu, les cellules ne s'éloignent plus de solutions suflisamment fortes pour les repousser énergiquement à un premier contact. Il en est de même avec les produits microbiens toxiques; après avoir subi un premier contact avec une toxine diluée qui les a fortement attirés, les phagocytes supportent mieux un milieu plus saturé et ne sont^ pas éloignés par une toxine plus énergique.

Leurs prophiétés digestives. — Les propriétés diget^^ tives des phagocytes ont été entrevues de longue^ date. Hœckel (1862), Recklinghausen. Cohnheim (1867)i, Laughans, etc., ont vu des poudres inertes ou des^ débris cellulaires altérés être résorbés par les cellules 1 lymphatiques. Mais ce sont surtout les travaux dft'J Metiîhnikoff, inaugurés dès 1865, sur la digestion»] intracellulaire dans la série animale, qui ont conduit' '

l LUTTE PHAGOCYTAI

ce savantàl'Inturprëtalioti lumineuse des phénomènes de défense organique.

Chez les animiiux uni-cullulaires, les amibes, par I exemple, les partioules aliinentiiircs absorbées s'entourent d'une vacuole occupée par un liquide à réautiou acide et disparaissent peu à peu, comme dissoutes j dans le protoplasma qui les entoure. Chez les ani- | maux supérieurs, les cellules mésodermiques et ] notamment celles qui sont difl'érenciées en vue de la j phagocytose, conservent la Taculté de sécréter des I diaslases variées.

Les phénomènes digestifs d'ordre phagocytaire sont I parfois extrêmement actifs, à l'état de vie normale, f Dans les transformations larvaires des insectes, sont des cellules phagocytaires, les amibocytes, qui | font disparaître les divers tissus, à l'exccplioa dos cellules de nouvelle formation. Les muscles de la queue des têtards de batraciens sont également détruits très rapidement, après digestion, par des cellules amiboïdes d'origine conjonctive.

Chez les animaux supérieurs, les grandes cellules t mononucléaires du foie et de la rate absorbent constamment et digèrent les globules rouges et blancs du sang, vieillis et dégénérés.

A l'état pathologique les phénomènes sont analogues. Après englobement des parasites nocifs, le protoplasraa aniasse autour du microbe un acide sécrété, par le noyau, l'acide nuck^ique, do composition assez ' analogue sem6!e-t-il à l'acide urique, et conservé en réserve dans la cellule. Le microbe ainsi attaqué devient granuleux et disparait peu â peu comme fondu dans le corps cellulaire du phagocyte.

Ce processus n'est d'ailleurs pas unique. Dans certains cas, la sécrétion des phagocytes est alcaline et détermine autour du microbe des s trates ccncentriqucs de phosphate de chaux qui l'ensenenl et l'anai-

Les sécrétions des Phagocytes. — En dehors des Termeats digestifs qu'ils utilisent dansées phénomènes de digestion intra-celtulaire, les leucocytes sécrètent QOrmalement de nombreuses diastases ou substances analogues. Citons d'abord la plasmase, la thrombose, les oxydases et le ferment glycolytique ijui^— ont un rôle physiologique normal et constant.

Ce sont des substances analogues aus diastases ê d'origine leucocytaire qui donnent aux sérums et an exsudats des animaux certaines propriétés éaclérici ' M, Nicthall a démontré, le premier, que le sang dâl briné de certains verlëbrés est microbicide vis-à-i de la bactéridie charbonneuse et que cette actifi antiseptique disparait par chauffage à 55°. Bûcbaer^j la suite de nombreux travaux sur le pouvoir bactél cide des sérums vis-à-vis des divers organismes, adi tout d'abord que ce pouvoir dû à des subslano^ qu'il nomme aleannes appartient au plasma lui-mëm M, Denys ayant établi que les leucocytes constituais]^ la source unique des alexines, M. Buchner se rallia 1 celte manière de voir, mais soutint que les principes microbicides sont excrétés par les globules blancs vivants. M. Metchnikoff a prouvé, au contraire, que seule la destruction des leucocytes permet l'issue des substances bactéricides. Les substances de nature inconnue (encore nommées lysines ou cytases) sont très voisines certainement des diastases. (Nicolle.) Elles sont détruites par le chauffage à 55° et résistent aux basses températures, elles sont relenuea par les filtres ; la perle des sels dialysablcs qui les accompagnent, les rend inactives. Elles sont précipitées par l'alcool et le précipité redissous dans l'eau additionnée des seis physiologiques, fournit une action bactéricide égale au produit original.

L'action débute k 2' et passe par un optimum, avant d'arriver à la température qui détruit î'alexine.

Les lysi nés peuvent tuer les microbes sans modiflei

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leurs formes ou bien après les avoir altérées. Elles se iixent sur les cellules qu'elles Luent el leur action s'épuise ainsi par spoliations successives; cette fixation se fait même, si les cellules attaquables étaient mortes avant d'être soumiseij au contact des alesines.

Les lysines ne sont pas excrétées par les globules vivants. Chez Tanimal sain, il n'y a pas de lysines libres au sein des humeurs.

Les alexines agissent non seulement sur les microbes, mais sur les cellules animales. C'est ainsi que le sérum d'un animal peut dissoudre les globules du sang des animaux d'autres espèces, par exemple : le sérum du cobaye dissout fortement les hématies de l'homme et de la poule, et le sérum du lapin dissout moyennement tes hématies du cobaye, faiblement les hématies de la poule, de l'homme et du rat.

En dehors des lysines et indépendamment d'elles, les sérums normaux contiennent des substances dites agglutinantes qui ont, comme l'indique leur nom, la propriété de rassembler en amas les cellules éparses au sein des liquides. (NicoUe.) Certaines agglaiinea agissent sur les microbes, ainsi le sérum du cheval agglomère les vibrions cholériques ; d'autres ont une action sur les hématies, par exemple : le sérum du lapin agglutine les hématies de l'homme, du cobaye, de la poule et du rat.

Le chauffage à 55°, qui détruit les alexines, respecte les agglutinines ; mais comme les alexines, les agglutinines se fixent sur les éléments qu'elles réunissent en amas et s'épuisent par leur action môme.

Les sécrétions sont dues aux phagocytes, aux leucocytes. On ne sait encore s'il existe des substani:es analogues produites par les phagocytes libjres.

La phagocytose rend compte, dans ses ligues principales, de la lutte qui met aux prises ces éléments j>r<)tecteurs et les éléments nocifs envahisseurs contre lesquels ils doivent assurer la défense de l'organisme.

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