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CHAPITRE I LES ORGANES DE PROTECTION OE L'ORGANISME

Exposé aux incessantes attaques des infininienl petits el aux elTets des multiples intoxications, affaibli par les troubles variés delà nutrition, l'organisme emploie, dans la lutte continuelle qu'il livre aux éléments morbides, une série de modes de défense qui se prêtent tous un mutuel appui. L'étude de la résistance de l'organisme aux nombreux assauts des éléments morbigènea a été poussée à fond au cours de ces dernières années, La connaissance des péripéties de cette lutte et des épisodes, des combats que livre la résistance organique contre l'assaut microbien, sont une des conquêtes de la microbiologie actuelle.

Quels sont donc les modes de défense de l'organisme?

11 commence à éliminer par la peau, les reins, l'intestin, les microbes assaillants. De plus, les orga- ■ nés sains se laissent difficilement pénétrer et transverser par les élémeuts pathogènes.

Viennent-ils à produire des lûsioos locales, ils sont

rejetés par les diverses manirestations morbides telles que phlegmons, abcès, ulcères, inflammaliOD, etc.

L'organisme bénéficie encore de la concurrence vilale qui existe soit entre les cellules animales et le^ microbes, soit entre les micre-organismes euï-mômos. La lutte pour l'existence est aussi la règle pour les inllniment petits. L'antagonisme, l'état de lutte qui existe entre les diverses bactéries, limite leurs progrès, atténue leurs ravages, et s'oppose dans une certaine mesure à la propagation des maladies înfeclicuses. La victoire de l'organisme est encore favorîsée par ratlénualion de la virulence microbienae, BOUS l'influence des agents physiques de destruction.

Du reste, la gravité de l'atteinte dépend de la qualité, de la quantité, de la voie d'introduction, de la porte d'entrée des microbes pathogènes. C'est ainsi que le charbon symptomatique tue, s'il est inoculé sous la peau, et n'est plus mortel, s'il est injecté dans les veines, dans la trachée ou la queue des animaux.

Le terrain organique, la résistance individuelle, le degré d'immunité, etc., n'ont que trop souvent le dessous, el les assaillants microbiens franchissent les premiers obstacles.

Lorsque les microbes ont pénétré dans l'organisme, trois éventualités peuvent se produire, Tantôt le microbe peu virulent est détruit par les leucocytes 5 tantôt 'le microbe cède en partie dans la lutte engagée, et ne détermine qu'une lésion locale; tantôt le microbe est très virulent, il repousse les leucocytes et les cellules, par suite du pouvoir chiomiotacLiquc négatif de ses sécrétions, et il envahit l'organisme; l'infection est alors générale.

La lutte continuera. La phagocytose, les organes de protection et d'élimination, l'élaboration d'humeurs nuisibles à la pullulation microbienne, leur étal (bactéricide et antitoxique), les modifications de l'alcali-

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nîlé du sang soutiendront l'organJErne et conduiront )a maladie  son déclin. La lièvre elle-même, tes excrétions, les sécrétions, certains phénomènes réaclionnels, etc., aideront encore à la défense de l'organisme, qui sortira victorieux, â moins qu'en continuant à pulluler, le microbe ne pousse l'intoxication jusqu'à la mort.

Ce rôle important de défense de l'organisme est surtout dévolu : ], SlUi organes lympkoides, II, au san^, ni, au foie.

I. Les ^nn^f l'on j /yrfi/i/iailJ^Mes gênent ou empêchent la marche des microbes; leurs cettutes prolifèrent et engagent la lutte avec l'élément pathogène qui est assez souvent arrêté par cette forteresse ganglionnaire.

Les séreuses, le grand épiploon sont encore des organes de protection assez efUcace.

II. Après avoir franchi la barrière lymphatique, les microbes pénètrent dans le sang, milieu inhospitalier pour eux, se réfugieuL dans les vaisseaux capillaires des organes, dans la rate, les glandes hjinphoides, la moelle de* o*. le foie où le phagocytisme continue & s'exercer.

C'est à ce niveau que survient la lutte entre les cellules organiques, qui produisent des substances bactéricides, antitoxiques ou englobent les microbes, et l'agent pathogène, qui cherche â se multiplier et qui sécrète des substances toxiques destinées à lui assurer la victoire.

Le triomphe de l'organisme est encore favorisé par le rôle protecteur du foie. Le foie a la propriété d'arrêter les bactéries qui lui arrivent et de les détruire. AJnsi une quantité de bacilles charbonneux. Ri fois supérieure à celle qui tue par les veines périphériques, est complètement annihilée par te foie. Cet organe ne neutralise plus que huit doses mortelles de staphylocoque et n'exerce plus d'influence protectrice sur le streptocoque. L'action du foie est plus considérable

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Bur les microbes que sur les poisons; elle est plus marquée dans tes inFectioas que dans les înloxications. Quant au poumon, il ne neutralise guère qu'une dose mortelle. Le rein protège plus efficacement l'économie et retient certains micro-organismes.

Ces données ont une grande importance au point de vue clinique. L'atteinte antérieure du foie, des reins diminue ultérieurement l'efficacité de leur rôle protecteur, et met l'organisme en état d'infériorité.

Aussi a-t-on raison de dire que ta meilleure condition pour guérir d'une maladie infectieuse ou d'une intoxication est de posséder des organes restés indemnes de toute lésion antérieure.

Assez souvent même, les altérations de ces organes de protection sont minimes, et pour ainsi dire larvées ; elles demeurent ignorées à l'état de sanlé.

Vienne une infection ou une intoxication, l'insuffisance liépatique et rénale se manifeatera et l'organisme engagera ou plutdt subira la lutte dans des conditions défavorables.

La maladie est la pierre de touche du fonctionnement des organes. En pattiotogie, rien ne se perd et une alîectiou ancleunc et oubliée peut avoir des conséquences factieuses sur l'issue d'une maladie nouvelle, par suite de rinsuftisance du rûte protecteur du foie et de l'élimination rénale.

A l'état palliû logique, comme à l'état sain, du reste, tes organes s'influencent, se suppléent réciproquement. Beaucoup de maladies, l'artério-sclérose, cet aboutissant lointain des infections et des intoxications, effleure ou lèse la plupart des organes. Dans presque toutes les autopsies, on remarque des altérations simultanées du foie, des reins, du cœur, ce trépied vital. L'insuffisance de l'un accroît celle de l'autre, et la victoire momentanément incertaine finit par échapper à un organisme peu ou mal protégé.

C'est cette atteinte disséminée des organes prote

LES OROANES DE PSOTEfïTIOIf DE L ORQAMSMB

teiirs qui explique leur insuffisance fonclionnelle et la gravité <tu pronostic dans des cas où la lésion locale ne présentait au premier abord qu'une gravité relative dont un organisme antérieurement sain aurait triomphé. C'est dans ces circonstances-là que le clinicien doit soutenir le cœur, favoriser l'élimination des toxines, augmenter le râle des émoncloires et môme soustraire une certaine quantité de eubsLanccs toxiques par la saignée qui donne de si bons résultats dans l'urémie, le coma diabétique, l'éclampsie, etc.

Pour avoir un élément d'appréciation de l'état de résistance organique, l'on s'assurera du degré de fonctionnement du foie et des reins au moyen des mélhodes de diagnostic clinique telles que l'épreuve de l'ingestion de sucre et de la perméabilité rénale.

Un autre mode de défense est fourni par X'kypersécrélion de mucus au niveau des muqueuses irritées. B Les excitants anormaux qui, dit Pawlow, apparaissent comme des agents pathogènes, sont en même temps des excitants spécifiques des appareils de défense de l'organisme, de ces appareils dont la fonction est de combattre précisément les facteurs morbides. C'est ainsi que la marche normale et compliquée de la vie, avec ses phénomènes d'adaptation, se poursuit constamment gictce A l'excitabilité spécifique de tels ou tels appareils. •>

L'équilibre de l'organisme est la résultante de la fonction glandulaire.

La protection de l'organisme est également assurée par les glandes qui empruntent au sang des matériaux, soit pour en débarrasser l'organisme, en les rejetant au dehors, soit pour élaborer des substances ou des éléments anatomiques nécessaires k l'entretien de la vie.

Le globule blanc du sang ou leucocyte n'élabore-til pas à la façon d'une cellule glandulaire la diastase llb ri- ferment, l'amylase, les oxydases, les cystases,

Is kj-nase, ainsi qae les sabslances qni, produites sous rîDcitatiOD phsgocytaire , ont pour but de dérendre l'organisnie et de lui conrérer l'immunité. Entrelien et défense, tel est le double rôle des glandes, dont l'utilité fonctionnelle est encore accrue par la synergie glandulaire.

Les glandes agissent aussi par leurs sécrétions internes qui ont été bien étudiées par Browp-Séquard et qui serrent à l'entretien, à l'équilibre, au développement et à la défense de l'organisnae. Ce réle glandulaire est assuré par la collaboration fonctionnelle des organes similaires. C'est ainsi que la glande thyroïde a une influence sur la production du diabète, d'après la théorie de Loraud, ainsi que sur la nutrition du système nerveux. (Lancereaux.) La suppression de la sécrétion interne de la glande thyroïde e suivie de crétinisme, de modiûcations dans la nutnl tion générale, de l'augmentation de toxilé du séruq sanguin. Il est donc probable que la glande thyroTM sécrète une substance favorable à la nutrition surtout au développement de l'individu. La prote Uon el la défense de l'organisme sont encore inDuen cécs par les sécrétions glandulaires augmentant g diminuant la tension sanguine. Bien plus, les glandi ont une sécrétion antagoniste qui fait qu'une : mentalion de substance hypertensive provoque < sécrétions hypotensives. L'action que ces sécrétio) internes exercent sur les troubles circulatoires c considérable : elle produit des elTets vaso-constrî leurs ou vaso-dilatateurs. C'est l'assistance mutuel ol la suppléance de ces diverses glandes qui réfal blissent l'équilibre de l'organisme, et elles sont obGg ' Dues par l'hypertrophie compensatrice et l'hyperfoiH bonnement des organes glandulaires en jeu.

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