‹ Les Doctrines médicales: leur évolutionChapitre 4 sur 45 · RIVALITÉ QE L'ÉCOLE DE CNIDE ET DE L'ÉCOLE DE COS · texte numérisé non relu

RIVALITÉ QE L'ÉCOLE DE CNIDE ET DE L'ÉCOLE DE COS

Les démêlés de l'École de Cnide et de l'École de Cos, synthétisés par Hippocrate, sont restés célèbres. Hippocrate, dans le livre « Uégime des maladies aigués n, reproche à l'École de Cnide l'abus des médicaments, et, en particulier, des yomitifs, des purgatifs, du petitlait. <c Ceux qui ont composé le livre des Sentences cnidiennes, dît le Père de la médecine, ont écrit exactement ce qu'éprouvent les malades dans chacune des affections et quelle issue que quelques-unes ont prises... Mais ce que le médecin doit apprendre, sans que le malade le lui dise, est omis en grande partie. Car, sans doute, le dénombrementne serait pas facile, si, pour caractère du partage d'une maladie en espèces, on recherchait eu quoi un cas diffère d'un autre et si, à chaque affirmation qui. d'après le principe, ne paraîtrait pas identique, on imposait le nom qui ne fut pas le même. »

Doctrine de l'Ëcole de Cnide. — La philosophie y

était négligée, l'observation mioutieuse occupait la place prépondérante, et, comme l'a dit Daremberg, c'est dans les écrits des Cnidiens qu'il faut chercher les organes et les malades, tandis que c'est dans les écrits de Coa qu'on trouve Torganisrae et la maladie. Ce sont les deux grandes idées doctrinales qui reviennent sans cesse à travers les siècles, après de long! détours et avec des fortunes diverses.'

Une des principales théories de l'École de Cnide

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était la « fluxion. » Les maladies tieiidriiioDt ù tics . ùux, ordinairemeal de pituite, quelquefois do bile, plus rarement de sang. Les Cnidiene ne coordonnaieul pas les faits pour arriver à des types plus ou moins définis et à des données générales ; ils se contenLnient d'ëtudier trop minutieusenient les détails des maladies, puisqu'ils décrivaient 7 maladies de la bile, iS maladies de vessie, 4 stranguries, 3 tétanos, 4 ictères, 3 phtisies. Voici un de leurs principes thérapeutiques : u Quand on a affaire à une maladie que l'on ne connail pas, on prescrit un évacuant qui ne soit pas énergique ; si l'état s'améliore, l'indication est trouvée, il faut insister sur l'atténuation ; mais si l'état empire, c'est le contraire; il convient de rendre le ptilegme abondant. » Leurs moyens de diagnostic étaient plus complets que ceuic des Hippocraliques; ils connaissaient le bruit de frottement et de cuir neuf dans la pleurésie, le bruit du vinaigre qui bout dans l'hydrothorax, etc.

Leur pratique chirurgicale était assez étendue, Les Cnidiens incisaient les reins atteints de suppuration d'origine calculeuse, trépanaient une côte pour évacuer les épaocbements pleuraux, enlevaient les polypes, recouraient k la trépanation pour certaines affections du cerveau, s'occupaient soigneusement des maladies des femmes et des accouchements.

Ainsi que l'ont montré Littré et Daremhcrg, plusieurs livres cnidiens, et, en particulier, la deuxième livre « Des Maladies », puis de nombreuses sentences cnidiennes se trouvent interpolées dans les Aphoritmss de la collection hippocratique dont certaines contradictions peuvent s'expliquer ainsi.

C'est à la source hippocratique et enidienne que puise la médecine grecque qui transmet ses doctrines à l'École d'Alexandrie, Dans cette période intermédiaire, s'illustre Polype, contemporain d'Arislote et gendre d'Hippocrate, qui cherchait à dégager la m^de-

cine de la philosophie : « C'est par la mfdecine seule, disait-il, qu'on arrive à quelque connaissance sur la nature (humaine}, mais à la condition d'embrasser la médecine dans sa véritable généralité. » Dracon, Tressale, DiociÈs de Caryste, surnommé le jeune Hippocrate, et Praxagore de Cos, le dernier des Ascliîpiatlos, établissent la transition avec l'École d'Alexandrie.

Les aui:cesscurs d'Hippocrate altérèrent la doctrine de l'Ecole de Cos ; ils négligèrent l'étude du général, s'attachèrent au détail, multiplièrent le nombre des maladies et, à l'exemple des Cnidiens, transformèrent même les symptômes en espèces morbides.

L'Ecole de Cnide survécut aux attaques d'Hippocrate auquel Ctésias riposta. Un des représentants de cette Ecole, Chrysippe, fut le maître d'Erasistrate qui, avec Hérophile, fonda l'Ecole d'Alexandrie oii l'influence cnidienne devint considérable. La doctrine cnidienne, qui s'occupait surtout des détails des maladies et qui considérait comme des affections distinctes divers états pathologiques de même nature, séduisait davantage et paraissait moins aride, plus pratique et plus accessible que les dogmes de Cos. Les tendances polypharmaques des Cnidiens furent encore exagérées .par les Alexandrins.

Dans cette période intermédiaire, les théories humorales hippocratiques et cnidiennes sont moins tranchées et tendent à se modifier. Ou se préoccupe moins des qualités élémentaires des humeurs que de leur défaut de proportion et de leurs mouvements désordonnés. La théorie cnidienne des fluxions tend à prédominer. C'est ainsi que l'Ecole d'Alexandrie adopte avec Hérophile le dogmatisme kippocratique ou raisonnement appuyé sur l'observation, puise avec Erasistrate aux sources midiennes^ admet plus tard le , pneumatisme déjà indiqué dans la « maladie sacrée a \ et enfin, lasse de ces multiples doctrines, tom' I dans Vempir'

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