‹ Les Doctrines médicales: leur évolutionChapitre 9 sur 45 · LES COMPILATEURS. — L'ÉCOLE DE SALERNE, LA MÉDECINE ARABE, ETC · texte numérisé non relu

LES COMPILATEURS. — L'ÉCOLE DE SALERNE, LA MÉDECINE ARABE, ETC

Les Compilateurs. — Les doctrines de Galien furent reproduites par la pléiade des compilateurs tels qu'ORiBASE, le médecin, l'ami de l'empereur Julien, et l'auteur d'une vaste encyclopédie en 72 livres; AÉTius, qui écrivit les Téirabiles vers le vi® siècle; Paul d'Égine, qui, suivant son expression, recueille la fleur des écrits de ses prédécesseurs, et l'iatrosophiste Alexandre de Tralles, qui brilla à Rome sous le règne de Justinien.

Galien et Celse sont, pour nous, la clef de voûte de l'histoire de la médecine. Celse a bien résumé la médecine et la chirurgie des Hippocratistes et des Alexandrins. Pline nous a surtout transmis les secrets de la médecine populaire et a écrit un remarquable traité d'histoire naturelle.

Depuis Galien jusqu'à la fin du v« siècle, Rome, Alexandrie et Athènes étaient encore des foyers médicaux dans lesquels les anciennes doctrines persistaient

tes DOCTUFNES DÉI

et élaienl résumées dans des Encyclopédies, des Compilations, des Fleurs et des Abrégés. Dans cette période eonservalrice, l'expérience personnelle étail aussi prise pour guide. C'est ainsi que Paul d'Egine, vers la Qn du vi° siècle, pratiqua la bronchotomie, qu'Antyllus trouva une méthode de traitement de l'anévrysme.

L'École de Salerue. — Les religieux des cloîtres et des monastères continuèrent l'œuvre des compilateurs. La célèbre abbaye du Mont-Cassin, fondée au vi° siècle, conserva les précieux manuscrits des périodes hippocratique et galéoique. Elle fut éclipsée par VJScole de Salerue qui, dès 820, avait des hôpitaux, et dont les quatre éléments principaux sont personnifiés par ses quatre fondateurs : un arabe (Adéla), un juif (Hélénusi, un grec (Pontus) et un lalin (Salertinus).

Au commencement du xin" siècle, une ordonnance royale y prescrit la dissection d'un cadavre, qui fut encore autorisée le 7 mars 130S. A Salerne, qui reçut le nom de Ciuitas Hippocratica, on commente Hippocrate, on enseigne les doctrines de Galien et d'Aristote. Dans une première période, le méthodisme est en honneur, puis l'humorisme règne dans le xi° et les deux premiers tiers du xii' siècle.

Vers li60, Maître Bernard fut le précurseur de l'opothérapie en traitant ses malades avec de la chair d'animaux soumis pendant leur vie <t l'absorption de ^ médicaments. Musandinus abuse de la saignée. La

^^^^ médecine salernitaiue fut gréco-latine et continua la ^^^H période conservatrice. Le titre de Docteur apparaît ^^^H vers le xW siècle, mais, vers 830, la pratique hospita- ^^^^^ Hère existait déjà à Salerne. Son École fournit aussi ^^^^B des sages-femmes jurées, des femmes médecins, des ^^^^^ médecins militaires, des spécialistes pour les hernies ^^^^B et les maladies des yeux.

ta Médecine arabe. — L'Arabîsme apparaît au XI' siècle, se consolide au xn" et triomphe au siii*. Léon l'Aphicain unit la médecine à la philosophie. Les Arabes conlinueut la médecine conservatrice et commentent Bippocrale, Arîstote et Galien. Rhazës (860) décrit la variole, Avicenne (980-1037) publie son Canon qui, pendant six siècles, resta l'ouvrage cla>fsique, Ayenzohar (xii° siècle), jura de ne jamais prescrire de poison et lit saigner son fils, qui n'était Âgé que de trois ans. AverrtioËs, le commentateur d"Arislote, prenait pour guide l'expérience et le jugement et conseillait d'appliquer les vérités générales à chaque cas particulier. Albucazis aurait connu la ligature des artères. Les Arabes servirent d'intermédiaires au Moyen-Age. Leur médecine resta grecque. Son fruit le plus clair a été la reconstitution de l'Antiquité.

La médecine arabe nous a. transmis non seulement les traductions des ouvrages grecs en diverses langues (syriaque et autres), mais aussi les traités grecs originaux conquis dans les guerres des Khalifes contre l'Empire byzantin. Tandis que le Khalifat d'Orient s'occupait surtout de théologie et de grammaire, celui d'Occident créa les Écoles florissantes de Grenade, de StSville, où brillèrent Avenzohar et Averrohès, do Cordoue, où s'illustra Albucazis. L'alliance de la médecine et de la philosophie chez les Arabes est établie par le livre de Léon l'Africain. Ce furent des médecins juifs venant des Écoles arabes d'Espagne qui introduisirent la médecine à Montpellier.

Ecoles Italiennes. ^ Elles se fondèrent à Ravenne, Naples, Padoue, Bologne.

L'Ecole de Bologne qui, au xii* siècle, comptait des professeurs célèbres, suivait les doctrines galéniques, tandis que celle de Padoue admettait les idées averrhoïs tiques.

LES DOCTRINES «ÊDICALE3

Ecoles de Montpellier et de Paris. — Ed S(@, Cliarleinagne, sous l'iDSpiratiou d'Alcuin, créa l'easeîgnement des écoles et des monaslèreE, dans lequel oa professait la médeciQe, connue alors sous le nom de physique et considérée comme une branche de la philosophie.

La médecine prit son essor dans les Ecoles de Montpellier et de Paris, qui puisent leurs premiers principes aux sources gréco-latioes.

Fondée par des médecins arabes et juifs venus d'Espagne, ]'£cole de Montpellier était déjà connue en 1137. Elle s'inspira des doctrines hippocratique et galénique et emprunta k la médecine arabe. C'est en 1376 que la première dissection d'un cadavre humain fut faile à Montpellier.

Un acte datant de 1213 fait déjà mention de professeurs en médecine à Paris. En résumé, le xii° siècle est à moitié salernîtain et à moitié arabe; le xiii° siècle subit la prépondérance des Arabes, et le xjv° leur règne absolu qui persiste en partie dans les deux premiers tiers du siècle suivant. Le xv° siècle prépare la réforme et bénéficie de la dispersion des savants après la prise de ConsLantinople par Mahomet II, en 1453, date du commencement des temps modernes ainsi que de la découverte de l'imprimerie.

C'est le régne du raisonnement scolastiquo. « La xcolastiqiie, dit Claude Bernard, veut toujours un point de dép^ Rxe et indubitable et, ne pouvant le trouver ni dans les choses extérieures, ni dans la raison, elle l'emprunte à une source quelconque telle qu'utte révélation, une tradition, une autorité conventionnelle ou arbitraire. Le scolaslique ou le systématique, ce qui est la même chose, ne doute jamais de sou point de départ auquel il veut tout ramener; il a l'esprit i. et intolérant et n'accepte pas la contra- . Au contraire, l'expériraentateur qui (avec le jphilosophique et le raisonnement eiipérimenta!

IcOLXe DE IIOtni>EI.L[BIl BT DE PARIS

HBt l'inTorse du raisonneinenl8Colaelique),ne i- ■posséder la certitude absolue sur rien. an-i\

p-iser les phénomèDes qui l'entourent et à élendre

iDtssaace sur la nature, n

[Les akkimisles du Moyen-Age contribuèrent à

l'émancipation, et Paracelse fut un des premiers à secouer violemment le joug des doctrines anciennes. Une série de documents prouve que ces alchimistes ne méritent pas le dédain qui est attaché à leurs théories. C'étaient des chercheurs et des philosophes, qui n'admettaient pas aveuglément la tradition et avaient recours à l'expérience et a l'observation pour juger le gaUnmne et la scolaatique. Ils essayaient de vfjÏT par eus-mCmes et n'accordaient pas une confiance irraisonnée à la parole du maître. La thérapeutique leur doit quelques remèdes empruntés à la chimie naissante, ou plutôt à l'alchimie. Les doctrines alchimiques basées sur des notions trop élémentaires et trop hâtivement généralisées, sombrèrent et inspirèrent l'Ecole iatro-chimique qui régna au xvn° siècle et fut remplacée au xvin' siècle par l'iatro-mécanisme. Mais ce forent surtout les progrès de l'anatomie et de la physiologie, les méthodes philosophiques de Bacon et de Descartes qui sapèrent, éhranlèrent et renversèrent le galfnisme et la scolaslique dont le joug

jinique écrasa le Moyen-Age.

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