AVANT-PROPOS
Nous nous sommes inspirés, au cours de cette étude, des enseignements de M. Mercier sur la psychologie et la critéreologie. Sans doute, fidèle aux traditions de lesprit philosophique, nous navons accepté ces enseignements qu'après en avoir l'ait Tobjet de nos réflexions personnelles. Cependant, nous nous plaisons à le reconnaître, ils ont été pour nous de puissants auxiliaires dans la critique du PosHivisme coidanporain. Parmi les questions, sur lesquelles nous avons consulté les remarquables écrits de M. Mercier, signalons celles qui concei*neni l'extériorisât ion spontanée de nos sensations — Tinduction scientifique — la distinction entre Tobjectivité idéale ei lobjectivité réelle des jugements — la théoi'ie des idées innées — enfin et principalement Iç subjectivisme de Kant.
LespHt et les tendances géné)*ales dune époque se retrouvent dans sa j^hilosophie. Le moyeyi-âge^ époque de foi et de christianisme, eut une philosop)hie religieuse et œihodoxe ; le besoin d^indépendance qui se fit sentir eyisuite engendra la philosophie 7*ationaliste ; Vépoque modei^ne, époque des grayides découvertes scienti/lqiœs^ vit naître la philosophie positiviste. Sans doxUe, celle-ci n*est pas toute la philosophie >nodeme mais son iyifluence sur ratmosphère intellectuelle que nous respirons est incontestable.
Le rationalisme avait nié Vordre révélé, le positivisme fit un pas de plus en niant l'ordre idéal. Il eut le cidte de la science expérimentale comme la
jihîhsopfue du moyen-dge avait eu le culte de la religion révélée, et le rationalisme celui de la raison humaine.
Le positivisme n*est donc pas un système sorti tout dune pièce des spéculations d'un pensew\ il répond à une fou7mure spéciale de Vesprit mode^vie.
Les p7*ogrès 7'éalisés dans le domavie des* connaissances j)Ositives dune part, les extravagances de ce7iains spiritual istes, en quête de conceptions 07'iginaleSf dauf7'e pa7i, contribuè7^ent dans une la7*ge 7nesu7'e à la diffusion des idées positivistes.
T(mdis que la science faisait toucher du doigt les 7*csulfats de ses f7'avauœ, la 7nétaphysiqtie se disc7'éditait en échaffauchnit des systèmes faits de subtilités a7'bit7'ai7'es et sophistiques.
La vérité est qii elles 0)U besoin Vime de Tauti^eet se soutie7inent mutiiellonent .
En négligeaiit robse7'vation des faits, le meta- 2)hysicien s*éga7'e aisément da7is les 7*ève7nes spéculatives de tidéalisme ; )nais ceUiV qui )nép7*isent la >nétaphysique, qu'ils soie^it positivistes conscients ou inconscioits, oublient que sa}is elle la scieticc se 7*éduit à une noinejiclatiwe de faits. Nous niontre-
rons que Vinductiùn scientifique ne se justifie que par des p^ncipes ynétaphysiqites.
Nous ne ferons pas une histoU'e détaillée du positivisme. Notre but sera surtout de inettre en évidence ses idées fondatnentales pour les critiquer ensuite et en considéra* les ajjplicatiœis au domaine scientifique,
Cest donc le point de vue logique qui nous guida^a avant tout da^is cette étiuie.