‹ Les doctrines positivistes en France (volume 2)Chapitre 35 sur 135 · LE POSITIVISME ET LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LE POSITIVISME ET LA SCIENCE

Cosmologie de l'Ecole positiviste. — Est-ce une religion ? — Estce une philosophie? — Théorie cosmogonique de M. Liilré. — de M. About. — de M. Taine. — de M. Renan. — Atomisme. — Les atomes et le monde astrononique. — Problème de la mi^canique céleste. — Les alomes et In problème de la vie et de Tintelligence. — Gomment les atomes doivent servir à expliquer tous les phénomènes du monde organique, intellectuel et moral. — Système d'Epicure. — Système de Lamark. — Système de Darwin.

Nous avons constaté, dans les chapitres précédents, le bilan négatif du positivisme. Nous avons vu la logique, ou pour parler plus exactement, Tinvariable sophistique de son principe, de sa méthode, de son résultat doctrinal, c'est-à-dire, de son scepticisme philosophique et religieux. Ces points établis, reste à examiner le côté positif du système et à déterminer la valeur scientifique des théories qu'il met à la place de nos dogmes. Quelles sont ces théories ? Quels titres font-elles valoir? De quel poids ces titres pèsentils dans la balance de la science? Questions importantes que nous allons aborder de front, et dont Tana-

lyse approfon die fixera définitivement, nous l'espérons, les convictions du lecteur.

Ecoutons d'abord M. Littré, exposant, en disciple fidèle de M. Comte, la doctrine de son maître :

« M. Comte, dit-il, distingue six sciences pures : les mathématiques , l'astronomie , la physique , la chimie, la biologie, la science sociale. Des mathématiques relèvent les lois de l'étendue et du mouvement. A l'astronomie appartiennent la distance, la grosseur, la forme du soleil et des corps planétaires, les orbites qu'ils parcourent et les forces qui les meuvent. La physique étudie tous les phénomènes dûs à la pesanteur, à l'électricité, au magnétisme, au calorique, à la lumière, aux vibrations sonores. La chimie pénètre dans la constitution moléculaire des substances^ reconnaît les éléments indécomposables, ou du moins indécomposés , et détermine les conditions qui président aux combinaisons définies. La biologie recherche toutes les formes que revêt la vie depuis le dernier végétal jusqu'à l'homuie, embrasse la hiérarchie de ces êtres de plus en plus compliqués et élevés, se familiarise avec les modes qui règlent la manifestation des phénomènes vitaux, travaille à préciser le rapport constant qui existe entre la structure anatomique et la fonction, constate des facultés de plus en plus hautes dans les animaux supérieurs, et, combinant la considération de l'organe et des facultés, elle dispute l'étude de l'homme intellectuel et

^wral à la métaphysique. Enfln, la science sociale suit l'évolution des sociétés, en distingue les phases nécessaires et assigne la loi de ces changements ; plus générale et plus vraie que la doctrine de Bossuet ou celle de Condorcet, elle rend compte du fétichisme, du polythéisme, du monothéisme et de Tère de révolution , démontre l'instabilité nécessaire de ces états transitoires et prévoit dès lors Vavénement complet des idées positives. Ce résumé succinct comprend l'ensemble du savoir humain. Rien n'est omis, rieii, si ce n'est ce qui est inaccessible à l'esprit de l'homme, la recherche des causes premières et des cames finales k »

Veut-on savoir quel est est le caractère distinctif

de cette philosophie ? « C'est que chaque série de phénomènes apparaît régie par des lois immuables. Ces lois, il est impossible d'aller au-delà ; mais il est pos-" sible d'y arriver. Toute recherche qui prétend les dépasser se perd dans le vague ; toute recherche qui les étudie dans leur action et leurs combinaisons est fixe, déterminée, et, partant, positive '. »

Qu'est-ce donc que la philosophie ? « Elle est, dit M. Littré, dans l'ensemble des sciences qui donnent la connaissance de Vensemble des choses. « Elle est « une classification systématique des sciences et Vex-

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