Rbvub des deux Monde». Avenir des sciences naturelles
bien lumineux. Ici cependant se présentent quelques difficultés. Pourquoi toutes les molécules susceptibles d'organisation n'ont-elles pas éprouvé le môme besoin de se créer des organes ? Pourquoi celles qui sont tourmentées du besoin de se créer des organes laissent-elles tomber leurs organismes en ruine? Pourquoi se hâtent-elles de redevenir inorganiques ? Pourquoi ne créent-elles plus de houvelles espèces vivantes? Pourquoi ne vont-elles pas au moins jusqu'à ressusciter les espèces éteintes? Le besoin de conserver un organe est-il donc moins fort que celui de le créer ? Qu'en pense M. Renan ?
Ce n'est pas tout. Si le besoin crée les organes, je ne vois pas à quoi serviront désormais la chirurgie et la médecine. Vous avez perdu les deux jambes dans une bataille. Patience ; le besoin de marcher les a créées ; le besoin de marcher vous les rendra. Vous êtes borgne ou aveugle : consolez-vous ; le besoin de voir a formé es premiers yeux; il saura bien vous donner des yeux nouveaux. Vous ne vivez que d'un poumon et vous vous désespérez. Ayez confiance, le besoin de respirer à l'aise vous rendra le précieux ajlpareil qu'il a construit. Ainsi en sera-t-il de tous les cas semblables. La recette de M. Renan pourvoira à tout. Le patient gardera son argent et le pharmacien ses drogues. En attendant, nous recommandons la panacée de M. Renan à nos facultés de médecine. La thérapeutique se trouvera simplifiée. MM. Lamark et Renan auront bien
mérité de' Tart d'Hippocrate, et un jour, sans aucun doute, Thumanité souffrante leur élèvera des statues.
Rangeons de suite dans la catégorie des mème^ inepties et des mêmes non-sens, les locutions suivantes qui se rencontrent, à chaque page, dans les ouvrages de ces docteurs: Uart de la nature^ le plan de la nature, la conscience de V univers, V intelligence universelle, la nature a prévu^ la nature a compris, la nature a combiné, la nature a discerné^ la nature a choisi, la nature a vouluy etc. etc. La vérité est, que la nature inorganique h laquelle ils décernent la gloire d'avoir créé le mécanisme du monde sidéral et planétaire, n'a ni intelligence, ni pensée, ni conscience d'aucune sorte; qu'elle ne sait ni combiner, ni choisir ; qu'elle serait très-embarrassée de concevoir un plan, de prévoir un résultat, de discerner des moyens, de vouloir une fin. La vérité est que la nature végétale n'en sait p^s plus long que la nature inorganique qui ne sait rien. La vérité est que la nature animale inférieure n'est pas beaucoup plus avancée que la nature végétale. La vérité est, enfin, que tous ces phénomènes de l'intelligence n'existent qu'à l'état d'ébauche imparfaite, même dans les animaux les plus parfaits,et que ces locutions n'ont un sens authentique et réel que lorsqu'elles s'appliquent à rintelligence raisonnable et à la volonté libre, c'est-à-dire à l'esprit humain ou à la raison de Dieu.
Hors de là, c'est un monstrueux abus de langage
de prêter les attributs de la pensée et les opérations de la liberté à ce qui est radicalement dépourvu de toute pensée et de toute liberté. Veulent-ils ainsi en imposer aux esprits faibles qu'ils endoctrinent, et voiler, sous ces formules d'emprunt, l'indigence de leur système? Ou bien leur est-il impossible de renier Dieu sans outrager en môme temps leur langue, et la logique du langage proteste-t-elle, à leur insu, contre le sophisme de leur doctrine? Quoiqu'il en soit, une chose est certaine, c'est que ce mensonge phraséologigue est tout le ressort, toute la nouveauté, toute l'originalité de ce futur dogme de l'humanité. Démasquez ce mensonge, écartez ce verbiage soppistique, corrigez ces fautes de français, appelez les choses par leur nom, qne reste- t-il ? Ni plus ni moins que Tatomisme matérialiste et athée d'Épicure. L'athéisme, moins sa brutale franchise, tel est donc, nous l'avons déjà dit, le fond doctrinal du positivisme français, du matérialisme anglais, du panthéisme allemand, et c'est ce masque hypocrite qu'ils appellent triomphalement le progrès de la science !
Oui, c'est là ce qu'ils prétendent être la science . Pour nous, nous disons que ce n'en est que la moquerie, et nous allons le prouver.