‹ Les doctrines positivistes en France (volume 2)Chapitre 57 sur 135 · Md · texte numérisé non relu

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2. De linstinel et de VinleUigenee des animatLS. A l'appui de ces lois, M. Floucens cite des faits sans nombre qn'il a observés la fèxÈgmn liÉi-lièaiè«

sur robservation, démontrées par la science, se trouvent encore confirmées par l'histoire. Jamais les partisans du métamorphisme des espèces n'ont pu citer un seul fait à l'appui de leur système. En revanche, tous les faits s'unissent pour en montrer l'inanité. Qu'on examine les momies d'hommes ou d'animaux rapportés de l'Egypte. L'ibis du temps des Pharaons est absolument le même que celui de nos jours. Depuis des milliers d'années, l'espèce humaine n'a pas varié. Même observation pour les momies de bœufs, de chiens, de crocodiles. Dans son histoire naturelle, Aristote décrit tout le règne animal, depuis les orties de mer jusqu'aux animaux supérieurs. Eh bien, de la lecture d'Aristote il ressort ce fait : que nourseulement aucune espèce n'a changé ; mais que tout le règne animal est resté le même.

L'évidence des faits a emporté la conviction des savants, et Vimmutabilité des espèces est posée en axiome de la science.

On voit dès lors Terreur de M. Darwin. Il a confondu les races qui sont indéfiniment variables , avec les espèces qui sont essentiellement fixes et immuables. Il a affirmé des caractères essentiels et primitifs, ce qui n'est vrai que des caractères accidentels et secondaires. C'est le paralogisme, qu'on appelle en bonne logique Verreur de la substance et de Vaccidert,t. Il suffit à faire apprécier la valeur de la théorie.

En face de cette fixité, de cette immutabilité absolue

ET LE I^ROBLÈME DE tA YIÉ. 3^1

des espèces, que signifient les lois immanentes de M. Littré, la force contraignante de M. Taine, la force plastique et l'action des milieux de Lamark, l'élection naturelle et la concurrence vitale de M. Darwin ? Que signifie le besoin de marche et de progrès que MM. About et Renan ont découvert dans les atomes ? Rien, ou le contraire de ce qu'on leur fait signifier. Les lois imma/nentes des espèces les condamnent précisément à rester toujours les mêmes ; la force qui les régit, les contraint bon gré, mal gré, à ne jamais franchir le cercle immuable qui les enserre; V action des milieux^ dont on raconte tant de merveilles, se borne à modifier les caractères accidentels des races, et ne peut rien, absolument rien sur les caractères constitutifs des espèces; \ élection naturelle qui dirige les individus, s'arrête strictement à la limite de l'espèce, et quand il plaît à l'homme de la fausser, de l'égarer, de la corrompre, elle est absolument impuissante à produire des espèces nouvelles. Enfin, quel que soit le besoin de marche et de progrès qu'on prête aux atomes, toujours est-il qu'aux yeux de la science, ils n'ont jamais réussi à franchir l'abîme qui sépare un genre d'un autre genre, une espèce d'une autre espèce. Qu'est-ce donc que tout ce prétendu métamorphisme des espèces vivantes, sinon une chimère de pure fantaisie, imaginée pour le besoin d un athéisme réduit aux abois, chimère démentie par les faits, réprouvée

par les savants, et condamnée, quoi qu'on fasse, h

2ii LKS DOCTRINES POSItlVISTES

rentrer dans l'oubli d*où elle n'aurait jamais dû sortir. Et c'est ainsi, entendons-le bien, que l'athéisme est le dernier mot de la science I

Eh bien non ; Dieu a voulu, pour l'éternelle confusion de ses contempteurs, que les lois et les découvertes scientifiques nous fournissent la démonstration la plus saisissante de son existence. Que nous disent, en effet, ces lois et ces découvertes ?

Elles proclament qu'il y eut un temps où notre globe n'était qu'une masse inorganique et inanimée ; un temps où la vie était impossible sur ce globe ; un temps par conséquent, où nul être vivant n'existait sur notre terre.

Elles proclament, en second lieu, que toutes ces innombrables espèces qui, en ce moment, vivent et s'agitent sous nos regards, forment, selon le mot de M. Flourens, autant de chaînes distinctes, fixes et immuables, qui ne peuvent ni dériver les unes des autres, ni se transformer les unes dans les autres.

Elles proclament enfin qu'il n'y a pas de générations spontanées, « que la vie ne vient que de la vie » ; en d'autres termes, que les espèces vivantes, ou les innombrables chaînes de la vie, ne dérivent, ni ne peuvent dériver d'aucun élément de la matière, d'aucune force inorganique de la nature.

Ainsi donc la vie n'a pas toujours existé, et maintenant elle existe. Notre terre n'était qu'une masse inorganique, et maintenant elle est peuplée d'espèces

ET LE FROBliME DE LA TIB. J93

▼itanies. Or, nulle espèce vivante ne peut dériter d'une autre espèce ; nulle espèce vivante ne peut naître des forces inorganiques de la nature. Donc, ou bien tontes les espèces vivantes sont des effets sans cause, ce qui est impossible, ou bien elles ont été créées par une cause toute-puissante, supérieure à tontes les forces de la nature inorganique, par consé* quent par une cause qui n'est pas cette nature, par une cause virante, supérieure à tous les éléments de la matière inanimée ; et cette cause vivante, distincte de toutes les substances de la nature, et supérieure à ce^ substances, c'est Dieu.

En d'autres termes, il y a en un premier couple de chaque espèce vivante, ou bien il n'y a pas d'espèces. Il y a eu un premier anneau de chaque chaîne distincte de la vie, ou bien il n'y a pas de chaîne. Or, aucune force de la nature inorganique n'a pu produire spontanément le premier couple de chaque espèce ; aucune n'a pu former le premier anneau de chaque chaîne. Le premier couple de chaque espèce a donc été créé par une Puissance surnaturelley c'est-àdire supérieure à toutes les forces, à toutes les substances de la nature ^ Le premier anneau de chaque chaîne se rencontre donc entre les mains de Dieu.

Cet argument, nous ne craignons pas de le dire, a

I . Nons employons ici le moi surnaturel, non dans son acception ihéologiqae, mais dans le sens qde lai donnent nos «dver-« saires qui en font invariablement le synonyme de Dieu.

2ii ij:s itocTitiNi> l'osiTivrsTKs

toute la force et toute révidence (ruii Ihéorèino de géométrie. Il s'appuie sur tant de raisons démonstratives, que les concessions mêmes que nous ferions à nos adversaires, ne réussiraient pas à en diminuer la portée, à en ébranler la solidité.

Fût-il convenu que les infasoires naissent spontanément, il serait toujours vrai que la génération spontanée ne produit pas les espèces supérieures ; il serait toujours vrai que ces espèces étant immuables, elles ne peuvent dériver des espèces inférieures ; qu'elles ne se maintiennent et ne se propagent que par l'union des sexes; que cette loi de génération est une loi constante de l'espèce ; que, par conséquent, les premiers représentants de chacune de ces espèces ne sont pas nés spontanément, et qu'ainsi il faut admettre de deux choses l'une : ou bien que ces espèces sont des effets sans cause, ce qui est absurde, ou bien qu'elles ont été créées primitivement par la toute-puissance de Dieu.

Fût-il accordé que les espèces supérieures sont nées spontanément des éléments bruts de la matière, toujours est-il que l'espèce humaine étant immuable comme toutes les autres espèces, elle n'a pu dériver des singes ou des champignons; toujours est-il que le premier couple humain n'a pu être le résultat d'une métamorphose, et par conséquent, quelle que fût son origine, il a dû être produit tel quel, d'un premier jet et tout d'une pièce ; toujours est-il qu'à l'état d'em-

bryon ou d'enfant, sans père, sans mère, sans secours, exposé à toutes les injures des éléments, il n'aurait pu subsister, je ne dis pas une année, mais pas même une semaine, pas môme un jour, pas même une heure ; toujours est-il que pour vivre, pour subvenir à ses besoins, pour se défendre, pour se perpétuer, il a dû naître à Fétat d'homme adulte, complètement développé; toujours est-il que les hétérogénistes les plus décidés n'ont osé pousser l'extravagance jusqu'à prétendre qu'un beau jour, sans antécédents, sans transition, sans métamorphose ou transformation d'aucune sorte, le premier couple humain est sorti soudainement, de toutes pièces, à 4'état d'homme adulte, du sein des éléments primitifs de la matière; toujours est-il donc qu'il faut nier l'humanité elle-même ou admettre avec une invincible évidence qu'elle est sortie des mains de Dieu.

Nous allons plus loin et nous disons : même en admettant que les conditions physiques de notre globe ont été profondément modifiées par les révolutions qui ont agité et bouleversé sa surface, même en admettant qu'à travers les diverses périodes géologiques, l'action variable des milieux a dû changer et altérer notablement les conditions de la vie, il n'en reste pas moins vrai que Vessence constitutive des êtres et des existences reste une et immuable; il n'en est pas moins vrai que l'action des milieux ne peut modifier que les formes, les habitudes et les caractères acci-

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dentals des êtres, et qu'elle ne peut rien, absolument rien sur les caractères constitutifs de leur essence.

Qu'on dise et qu'on suppose tout ce que Ton voudra, il restera éternellement vrai que les lois fondamentales de la vie et de la génération sont des lois universelles et constantes; il restera éternellement vrai que les contraires ne peuvent engendrer les contraires, que les effets ne peuvent être supérieurs à leurs causes, et qu'aucune hypothèse ne saurait, sans une déraison monstrueuse, « faire venir le mouvement de rinertie, la sensibilité de Tinsensibilité, la vie de U mort ^))

Vous nous parlez de l'action créatrice des milieux^ des conditions primordiales de notre globe ; de la puissance ^eneVafnce de la matière, etc., etc. Mais, de grâce, sur quoi reposent ces hypothèses? Où sont les raisons de votre système? J'entends bien vos phrases. Mais je cherche en vain vos preuves. La matière, dites-vous, avait jadis une vertu créatrice. Qu'en savez-vous ? Quelle analyse vous a livré les propriétés génératrices de la matière ? L'atome a-t-il cessé d'ôtre l'atome? Les lois essentielles de la matière ne sontelles plus des lois ? Si la matière a été primitivement féconde, pourquoi a-t-elle cessé de T'ôtre ? Et si elle ne lest plus, ni jamais, ni nulle part, de quel droit affirmez-vous qu'elle l'a été? Vous invoquez Vin-

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