LiTTRÉ. Conservation f etc., p
La classification des sciences repose sar un principe simple et Trai, à savoir : le degré de complexité que présentent les idées, les faits ou les lois, et la relation de chaque science avec la science qui précède et celle qui suit. Elle comprend ainsi dans un ordre ascendant :
i® La mathématique j ainsi que l'appelle H. Comte, science abstraite de la quantité et de qui relèvent les lois de rétendue et du mouvement.
2* L'astronomie qui applique les lois abstraites de la géométrie et de la mécanique aux mouvements concrets des astres, en mesure la distance, la masse et le volume, et soumet au calcul les orbites qu'ils parcourent et les forces qui les meuvent.
3* La physique emprunte aux mathématiques leurs formules, à l'astronomie la loi de la gravitation dont la pesanteur terrestre n'est qu'un cas particulier, et les lois de la pesanteur, ainsi que de l'électricité, du magnétisme, du calorique, de la lumière et des vibrations sonores, en se bornant aux faits qui modifient l'état des corps, et en réservant à la chimie ceux qui en altèrent la composition.
4** La chimie qui pénètre plus avant dans la nature intime des corps, étudie leur constitution moléculaire et détermine, non plus comme la physique, les actions générales qui leur sont communes à tous, mais les actions et les combinaisons particulières qui résultent de la composition élémentaire de leurs molécules.
5"* La biologie qui recherche toutes les formes que revêt la vie depuis le dernier végétal jusqu'à Thomme, et examine, au dessus des lois physiques et chimiques auxquelles sont soumis les êtres animés, les lois particulières qui leur sont propres et qu'on appelle les lois de la vie.
6^ La sociologie qui s'attache à l'étude du plus élevé des êtres vivants, de l'homme, surtout de l'homme collectif ou de l'humanité, suit l'évolution des sociétés, en distingue les phases nécessaires et assigne la loi de ces transformations.
La philosophie positiviste voit dans ces ^i'rr sciences la totalité du savoir humain. En les superposant les unes aux autres, elle arrive au seuil des sciences morales, mais n'y entre pas. Elle reste dans la série physique et ne voit dans l'homme que le degré supérieur de l'animalité. La biologie n'est elle-même qu'une annexe de la chimie, et la vie, aussi bien que tout le reste, « est constituée par la matière et les forces immanentes à la matière ; deux termes au delà desquels la science positive ne connaît rien ^ » La psychologie ,est remplacée par la physiologie. A la méthode psychologique M. Comte substitue l'observation phrénologique. La métaphysique et la théologie n'ont pas de place dans la science, et le monde de la matière marque les bornes du savoir humain.