LdTTBé, Hàvbt, déjà cités
&S4 LfiS DOCTRINES POSITIVISTES
pour nier la possibilité du surnaturel ou du miracle, il ne faut rien moins que nier Dieu.
Étranges raisonneurs, en vérité, que ces théoriciens versatiles qui tantôt prétendent qu'il n'y a pas de Dieu, pour prouver que le surnaturel est impossible *; tantôt s'en vont disant que le surnaturel est incompatible avec les lois de la nature, pour établir qu'il n'y a pas de Dieu '. Que dire du désarroi d'une pensée qui ne sait plus où se prendre ? Pour nous, on ne s'attend pas sans doute que nous reprenions ici la démonstration de l'existence de Dieu. Mais au moins, qu'on cesse d'agiter contre Dieu le vain prétexte de je ne sais quelle contradiction radicale, établie, dit-on, entre toute intervention surnaturelle et les lois constantes de la nature. Non, l'intervention surnaturelle n'est pas le renversement, mais le corollaire logique des lois de l'ordre. A ceux qui s'obstineraient à le nier, à ceux-là nous dirions : Allez donc jusqu'au bout de vos prémisses. Soutenez, au nom de vos principes, que l'intervention des lois de la vie est le renversement des lois physiques et chimiques de la nature inanimée ; que l'intervention des lois de l'animalité entraîne le renversement des lois du monde végétal ; que Tintervention de l'intelligence et de la liberté aboutit au renversement des lois de l'instinct et de la nécessité ; que
{.YLk\^, Revue deiDeuiX-Mondes Littrô. Conservation, etc. 2. LiTTBÉ, Préf. de Strauss, p XXX. Rbnan, Vie de Jésus. Introduction.
rintervention de rhumanité est la ruine des lois de la nature ; que l'action universelle et constante des lois de l'ordre dans le monde n'est que la violation constante de ces lois. Mais rassurons-nous. Il n'est donné à personne de renverser les lois fondamentales sur lesquelles repose l'ordre du monde ; et si pour ensevelir le surnaturel, il faut creuser un tel tombeau, il y a toute apparence qu'il n'est pas près de mourir.
Concluons donc que les lois de la nature n'ont jamais été et ne seront jamais les complices du déisme ou de l'athéisme. Ceux que nous combattons le savent si bien, que M. Renan, dans sa Vie de Jésus, a cru devoir modifier sa première thèse. Dans sa lettre à M. Guéroult, il avait déclaré qu'il n'y a ni Providence, ni miracle, « parce qu'il n'y a pas d'être libre supérieur à l'homme^ auquel on puisse attribuer une part appréciable dans la conduite, soit matérielle, soit morale, de l'univers. » De même, dans la préface de sa Vie de Jésus, il déclare « que les Évangiles sont en partie légendaires, puisqu'ils sont pleins de miracles et de surnaturel. » Mais voici qu'il va changer sa thèse et après avoir nié le principe pour nier le fait, il va nier le fait pour nier le principe : « Nous ne disons pas, écrit-il, nous ne disons pas: le miracle est impossible; nous disons: Il n'y a pas eu jusqu'ici de miracle constaté. » * Ce n'est donc plus (( au nom de telle ou telle philosophie, »