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L ÉCOLE POSITIVISTE ET SES CHEFS

signalé le règne de Tanarchie dans la capitale, prouvent avec une évidence terrible et tragique, jusqu'à

quel point le souflle des plus extrêmes négations a

envahi les masses populaires elle-mômes.

Ce n'est donc pas un fantôme, hélas, que nous avons à combattre, et la vogue bruyante des chefs de la doctrine, ainsi que des écrits qui la propagent, ne laisse aucun doute sur l'étendue du mal que nous signalons.

Nous avons déjà fait connaître le fondateur de l'école, M. Comte, et le vulgarisateur le plus actif de sa doctrine, M. Littré. Mais notre travail serait imcomplet, si nous passions sous silence ceux des écrivains de notre temps qui ont pris une attitude résolue dans la lutte des systèmes, et arboré hautement, à rencontre du spiritualisme des anciennes écoles, le drapeau des doctrines positivistes. La fortune des hommes décide souvent du sort des systèmes. Les idées révèlent leurs auteurs. En revanche, les auteurs nous donnent, en plus d'une circonstance, la clef de leurs théories, et c'est sur le terrain des personnes, c'est en tenant compte des liens qui les unissent, des nuances qui les distinguent, des divergences qui les séparent, que nous arriverons à une connaissance claire et nette de la situation.

Ici nous rencontrons tout d'abord M. Taine, ancien élève de l'école normale, actuellement professeur à l'école des Beaux-Arts, et auteur d'un grand nombre d'ouvrages où ils professe, avec un verve âpre et rail-

leuse, le naturalisme le plus formel, le fatalisme le plus absolu, l'athéisme le moins déguisé. Son ton

habituel à quelque chose d'agressif, de provocateur, je ne sais quoi de hautain , de dédaigneux, qui enchérit encore, s'il est possible, sur le radicalisme des doctrines. Il ne professe pas au môme degré que M. Littré, l'horreur de la métaphysique. Seulement pour qui sait voir, la métaphysique qu'il ose entreprendre de développer, ressemble, de tous points, à celle que M. Littré indique sans oser l'avouer. Pour l'un comme pour l'autre, les forces immanentes de la matière sont l'explication suprême du problème des existences. M. Littré étend quelques voiles sur son langage. M. Taine ne connaît plus ces vains scrupules. A la hardiesse du système,il sait joindre lamoquerie du style, ou, pour parler plus exactement, V impertinence voulue et calculée du langage. Esprit vigoureux, mais sans frein, d'une tension d'idées et de forme, exagérée jusqu'à la fatigue, et qui s'imagine qu'on peut tout dire et tout oser, quand on ne s'attaque qu'à Dieu et aux croyances éternelles du genre humain *.

Le positivisme compte également parmi ses adeptes M. de Sainte-Beuve, mort il y a peu d'années, et dont les critiques littéraires resteront parmi les œuvres

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