‹ Les doctrines positivistes en FranceChapitre 2 sur 107 · M. Garo · texte numérisé non relu

M. Garo

qui était en péril de nos jours, c'était la grande et sainte notion de Dieu, un de nos contemporains les plus illustres \ a pu dire avec non moins de vérité, que ce qu'il importait le plus de défendre aujourd'hui contre les persévérantes agressions du sophisme, c'était l'esprit humain, c'était la raison elle-même.

De là vient que certaines semences de doute et d'athéisme sont répandues dans l'atmosphère du monde des intelligences, comme cette poussière impalpable qui se mêle à l'air que nous respirons. Ceux mêmes qui ne vivent pas sous leur influence directe, ne laissent pas d'en subir la funeste atteinte. Tel qu'un poison subtil qui porte le trouble dans nos organes, alors même qu'il ne donne pas la mort, ainsi la contagion sophistique pénètre, dans des proportions plus ou moins redoutables, jusque dans les derniers replis du monde moral, pour flétrir, énerver et paralyser tout ce qu'elle ne peut dessécher dans son fond. En face de ces solitudes du néant qu'une audacieuse dialectique nous montre comme la suprême révélation

Page 1