‹ Les doctrines positivistes en FranceChapitre 57 sur 107 · O^gmisatian d9r Infumms Thierchên · texte numérisé non relu

O^gmisatian d9r Infumms Thierchên

2. Mémoires sur les corpuscules organisés qui existerai dans l'aimosphére. Examen de la doctrine des générations spontanées, 1S62.

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déments de la théorie des générations spontanées ^. (( Encore une illusion qui s'en ya I » s'écria un chimiste distingué, grand partisan des générations spontanées, après qu'il eut étudié en détail les beaux travaux de M. Pasteur« cr Ces expériences sont décisives et sans

1. M. Pouchet avait contesté Texistencc des germes d'infusoires^ paroe qu'en analysant la poussière déposée sur les meubles des appartements, il avait trouvé, disait-iJ, peu ou point de ces germes. M. Pasteur démontra que ces germes sont disséminés dans Tair libre et non pas dans la poussière en repos. Il recueillit ces germes en faisant passer un courant d'air sur du coton-poudre. Il fit dissoudre cette substance dans un mélange d'alcool et d'étber. De Ja sorte, toutes les poussières recueillies se retrou- Taient dans la solution et retombaient lentement au fond de la liqueur, a Ces manipulations fort simples, dit-il lui-même, m'ont permis de reconnaître qu'il y a constamment dans l'air un nombre variable de corpuscules dont la forme et la structure annoncent qu'ils sont organisés. Les uns sont parfaitement spbériques, les autres ovoïdes. Leurs contours sont plus ou moins nettement accusés. Beaucoup sont tout à fait translucides, mais il y en a aussi d'opaques avec granulation à Tintérieur... Ces corpuscules sont évidemment organisés, ressemblant de tout point aux germes des organismes inférieurs >. v

Ces germes sont féconds. On peut les semer dans des infusions où l'on a, par l'ébullition, détruit tous les germes ; infusions que l'on conserve dans une atmosphère artificielle qui a traversé un lube de platine chauffé au rouge, et qui, par conséquent, ne peut plus contenir aucun organisme vivant. L'on y voit apparaître aussitôt une grande quantité de monades, de bactériums, de vibriont et d'autres infusoires. Là où les germes font défaut, nulle production de ce genre. Preuve évidente que les microxoaires, comme tous les autres animaux, naisseut des germes organisés, et que la vie n'est engendrée que par la vie.

M. Pouchet prétendait avoir tué tous les germes en chauffant ses infusions jusqu'à ébuilition, et en brûlant l'air dans lequel il

réplique, dit à son tour M. Flourens ; il n'y a pas à revenir sur les travaux de M. Pasteur. »

L'Académie des sciences, saisie de la question et prononçant en dernier ressort, a pleinement ratifié le jugement de son illustre secrétaire perpétuel. La science a donc porté [son arrêt. La solution du problème est

les plaçait ensuite. Malgré ces précautions, il avait obtenu des infusoires. Ils étaient donc, disait-il, le produit d'une génération spontanée. — Non, lui répondit M. Pasteur» votre opération a été défectueuse. Vous avez employé la cuve à mercure. En Tintroduisant dans vos ballons, vous y avez fait entrer, sans vous en douter, des germes adhérents au mercure. En voulez -vous la preuve ? Variez votre mode d'opérations. Laissez la cuve de mercure, et il ne se produira point de génération. Prenez au contraire une seule goutte de mercure dans la cuve d'un lalioratoire ; mettez-la dans le liquide le plus pur, et, malgré la calcination de l'air, malgré rébullilion du liquide, vous obtiendrez des infusoires. Ce qui les produit, ce n*est donc pas Tinfusion elle-même, ce senties germes adhérents au mercure qui y ont été introduits.

Enfin, M. Pasteur obtient ou supprime à volonté la production d'infusoires, en introduisant on en supprimant, tour à tour, les germes recueillis sur du colon-poudre ou de l'amiante. Qu'on mette, par exemple, une liqueur très-fermentescible dans un ballon ; qu'on donne au col du ballon diverses courbures ; qu'on chauffe le liquide jusqu'à ébuUilion ; qu'on laisse l'extrémité du col ouverte sans autre précaution. Eh bien, malgré le contact de l'air extérieur, le liquide reste indéfiniment sans altération. Aucune génération ne se produit. D'où vient cela? Uniquement de ce que la courbure du col empêche les germes disséminés dans l'air de pénétrer jusqu'au liquide. En veut-on la preuve ? Qu'on détache, d'un trait de lime, le col du ballon; qu'on laisse ce col ouvert de façon à laisser tomber dans l'infusion les germes tenus en suspens dans l'atmosphère. Aussitôt le liquide s'altère, et Ton obtient immédiatement des productions organisées. Qu'on répète autant de fois qu'on le voudra, ce double procédé, et l'on obtiendra toujours les mêmes résultats. Preuves, contre-épreuves, rien ne manque aux expériences de M. Pasteur. Toutes établissent que

complète et décisive, et la thèse des générations spontanées a succombé sous des coups dont elle ne se relèvera plus.

Indépendamment de la génération des infusoires,

les germes des infusoires sont disséminés dans l'air ; que ces germes déterminent la fermentation des liquides; que sans germes il n'y a ni fermentation, ni génération d'êtres organisés; que loin d'être le résultat de la fermentation des substances inorganiques, les infusoires en sont le principe et l'agent le plus actif; et que la vérité, dans cette question, est précisément l'inverse de la thèse soutenue par les hétérogénistcs >.

Mais, reprenaient M. Pouchet et ses partisans, MM. Joly et Musset, s'il en est ainsi, comment expliquer qu'un si petit nombre de germes répandus dans l'air puisse produire une si prodigieuse quantité d'infusoires ? — Il n'est pas nécessaire, répondait M. Pasteur, que ces germes soient aussi abondants. Ehrenberg a prouvé que les infusoires se reproduisent avec une rapidité surprenante, et il suffît d'un germe ou deux pour qu'une population nombreuse envahisse rapidement le liquide au milieu duquel ces germes sont tombés. L'air n'est donc point saturé de corps organisés. Loin de là, il en est quelquefois dépourvu. « Ici il y a des germes ; à côté il n'y en a pas; plus loin il y en a de différents. Il y en a peu ou beaucoup, suivant les localités. »

Celte réponse, M. Pasteur l'appuya d'une expérience décisive. Soixante ballons purgés d'air et contenant des matières altérables, préalablement bouillies, furent transportés, les uns sur le Jura, les autres sur le Montanvert, régions où l'air est d'une remarquable pureté. Ouverts pour recevoir l'air, puis immédiatement refermés, ces ballons furent rapportés à Paris. Restées en repos pendant des mois, les matières qu'ils renfermaient se peuplaient les unes d'êtres organisés, parce qu'elles avaient reçu des germes; d'autres restaient inaUérées, parce qu'elles n'en avaient pas reçu. Voici donc des infusions fermentescibles, restées pendant des mois en contact avec Vair pur sans 8*altérer, sans produire un seul infusoire! L'expérience, on le voit, tranchait la question ; MM. Pou-

1. PàSTioB. Mémoiru *ur lc$ fermentatiom alcoaliqueê, i8«0. Reckerche$ sur W niréfmetùm,iHU

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les hétérogéniiies s'appuyaient sur celle des %>ers intestinaux. Gel argument vient de leur dtre enlevé sans retour. Déjà au xvii« siècle, Vallisnieri avait découvert

chet, Joly et Musset le sentirent. Ils reprirent rexpérience avec huit ballons seulement, sur les glaciers de la Maladetta dans les Pyrénées. Après quelques jours, ils examinèrent au microscope les substances putrescibles contenues dans les ballons^ et dôcou* vrirent dans toutes des microzoaires.

En face de ces résultats contradictoires, il fallait un juge en dernier ressort. L'Académie des sciences nomma une commission composée de MM. Flourens, Dumas, Brongniart, Milne-Edwards et Balard. Il s'agissait de reprendre et de vérifier Texpérience de M. Pasteur. La commission fit connaître à ce savant, ainsi qu*à MM, Pouchet, Joly et Musset, de quelle façon elle entendait sa mission. Ces derniers, on ne sait pourquoi, récusèrent d*avance le verdict que porterait l'aréopage de la science. La commission n'en continua pas moins ses travaux. Elle refit Texpérience sur une grande échelle, opéra avec soixante ballons, s'entoura de toutes les précautions imaginables, et attendit le résultat. Aujourd'hui ce résultat est connu. Après cinq mois d'attente, la matière fermentescible, renfermée dans un grand nombre de ballons, toujwrs en contact avec l'air recueilli dans divers endroits, est restée sans altération et sans génération d'aucune sorte. Donc la matière inorganique ne produit pas, d'elle-même, des êtres organisés. 11 n'y a donc point de génération d'infusoires, quand l'air, qui est en contact avec l'infusion, ne contient pas de germes. Les matières altérables ne s'altèrent donc qu'à la condition de contenir de ces germes. Ce sont donc les germes seuls, disposés dans certaines substances inorganiques putrescibles, et non pas ces substances elles-mêmes qui produisent les infusoires, et la thèse de M. Pasteur, vérifiée par la plus haute autorité scientifique du monde, reste désormais une loi de la science.

MM. Pouchet et Joly ayant contesté une seconde fois la valeur des expériences de M. Pasteur, l'Académie des sciences, confirmant son premier jugement, a prononcé au mois de janvier 187^ que ces expériences réunissaient toutes les conditions voulues, et répondaient complètement aux exigences les plus rigoureuses de la science.

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dans les intestinaux des organes de la génération et des œufs. Dans un Mémoire couronné en 1856 par l'Institut de France, M. Van Beneden, professeur à l'Université de Louvain, dévoilait tous les mystères de ces singulières existences. Il étudie l'anatomie, les fonctions, le mode de génération des trémaMdes et des asM'des, groupes de vers intestinaux. Il décrit avec précision leurs œufs, leurs organes de reproduction, et, chose merveilleuse ! la complication de ces organes y est portée plus loin que dans les "animaux supérieurs. Enfin, il poursuit et analyse, dans les moindres détails, les métamorphoses et les migrations de ces étranges parasites *. Ainsi le mystère s'évanouit, et la génération de ces êtres est ramenée à la loi universelle et normale, qui préside à la production de tous les êtres vivants de la nature.

Cette loi de la génération par sexes, tous les travaux des zoologistes modernes concourent à la mettre dans sa plus grande évidence.

M. Ehrenberg, que M. Janet appelle à juste titre le Christophe Colomb du monde microscopique, a décou-

1 .« Tout ver parasite passe par trois phases : la première est celle de l'œuf pondu dans Tinteslin du Carnivore et rejeté par celui-ci ; la seconde, celle de l'embryon : l'œuf est avalé par Therbivore avec l'herbe qu'il broute, et il éclot dans son estomac ; la troiième est celle de l'adulte ; celle-ci a lieu dans le corps du Carnivore qui se nourrit d'herbivores. • (Janet, le Matérialisme contemporain en Allemagne : ouvrage non moins remarquable par sa dialectique vigoureuse que par l'érudition scientifique de Tauleur.)

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vert les sexes dans les hydres d'eau, M. Siebold dans les méduses, M. Siebenkuhn dans les éponges ; Yan Beneden, nous venons de le voir, dans les vers intestinaux ; Balbiani dans les infusoires *.

Disons donc avec un des représentants les plus autorisés de la science contemporaine, M. de Quatrefages : « Médiatement ou immédiatement, tout animal remonte à un père et à une mère (appareil mâle ou femelle) ; et la même observation s'applique aux végétaux, V existence des sexes, dont la nature inorganique ne présente pas même la trace, se montre donc comme un cdLVSLCihve disUnoUf des êtres or ganiséSy comme une de ces lois primordiales imposées dès l'origine des choses, et dont il faut renoncer à chercher la raison '.»

Disons avec M. Flourens : n La vie ne naît que de la vie. Tout être vivant vient d'un parent. Les individus périssent, mais la vie ne périt pas. Avant de périr, ils l'ont transmise. La vie de chaque espèce est comme une chaîne dont tous les anneaux viennent et, si je puis ainsi dire, sortent les uns des autres. Qu'un anneau manque, et l'espèce est perdue. Pour chaque espèce, la vie n'a commencé qu'une fois. Toutes les espèces où une rupture s'est produite, où le fil continu de la vie s'est rompu, sont aujourd'hui des espèces perdues, et ces espèces ne renaissent plus ^. »

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