BT LES PRINCIPES DE L'ART
essaierait de créer cette logique étemelle des arts qu*oo appelle la science du Beau.
Or cet idéal que peut-il être sinon l'idée divine ellemême dans laquelle seule nous voyons briller ce caractère d'universalité, d'éternité et de perfection qui forme l'essence de l'idéal. C'est donc en Dieu, c'est dans l'entendement ou le Verbe de Dieu, que réside comme dans sa substance propre, l'idéal du Beau. Là subsistent éternellement et l'idée que Dieu possède de ses infinies perfections, et les idées prototypes des existences innombrables que Dieu réalise, sous les conditions de l'espace et de la durée, dans le vaste poëme de la création. Bien plus, ce monde des idées divines exprimant, d'une part, la plénitude de la Puissance, de l'Intelligence, de l'Amour infinis, d'autre part, les degrés divers auxquels les perfections divines sont communicables aux êtres finis, il s'ensuit qu'il est la forme ou la manifestation intelligible de l'Être absolu lui-même, et par conséquent, la Beauté étemelle et substantielle, principe, source et raison suprême de toute beauté.
Ainsi s'expliquent et le caractère religieux du Beau, et l'enthousiasme qu'il fait naître dans les âmes, et le transport en quelque sorte surnaturel par lequel il les ravit , par delà les bomes des sens et de la matière, dans le monde de l'invisible et de l'infini. Toute beauté créée est un reflet de la beauté divine, un rayon de sa lumière, une révélation de sa vie
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et de sa grandeur. Toute beauté, pour qui sait la corn* prendre, est Texpression sensible et symbolique du monde intelligible^ un intermédiaire entre la terre et le ciel, un lien mystérieux qui nousattacbe plus étroitement à Dieu.
Contempler le Beau réel et le Beau idéal, les saisir dans toute leur délicatesse et leur puissance, les aimer comme on aime ce qui est sacré et divin, et puis les réaliser, sous des formes concrètes, dans des œuvres aussi parfaites que possible, c'est bien là ce que poursuit cette cbose merveilleuse qu'on appelle VAr^ ou le génie artistique. Par là l'homme imite l'action divine. Il devient créateur comme Dieu, et de même que l'éternel Géomètre , pour nous servir de l'expression de Platon, a réalisé ses idées dans Fart de la nature, de même le génie artistique manifeste ses idées et ses conceptions dans les œuvres de l'Art. Faut-il s'étonner dès lors, s'il réclame le concours harmonieux des plus hautes facultés : Tintelligence ou le sens du Beau, pour saisir Tidéal, soit en lui-même, soit dans ses diverses manifestations, pour s'imprégner de sa lumière, et fixer devant les autres facultés le modèle divin qu'elles auront à reproduire ; l'imagination, pour créer le corps de l'idée ou la forme sensible de l'idéal, qu'il s'agisse de l'exprimer par le marbre ou la couleur, par le son ou la parole ; la sensibilité, pour lui communiquer ce souffle de vie qui seul en fait une véritable création; enfin la volonté pour soutenir le génie