‹ Les doctrines positivistes en FranceChapitre 69 sur 107 · ET LES PRINCIPBS DE L'ART · texte numérisé non relu

ET LES PRINCIPBS DE L'ART

dans Teffort douloureux qui lui est indispensable, soit pour concevoir la beauté véritable, soit pour la produire au dehors, par les procédés d'une technique difficile, dans l'œuvre d'art qu'il a choisie. Il fait donc appel à tout ce qu'il y a de plus élevé, de plus profond, de plus brillant et de plus énergique dans l'âme humaine, et mieux que tout le reste, l'excellence de sa nature prouve la noblesse de son origine ei la grandeur de la mission qu'il doit remplir dans le monde» Si tel est l'art et le génie artistique, doit-il se borner, comme le prétendent quelques-uns, à imiter la nature? Ce qui revient à demander si l'art doit se réduire au rôle d'un copiste, d'un appareil mécanique, ou d'une simple photographie. Poser cette question, c'est la résoudre. Sans doute, Tart doit étudier la nature, étudier le modèle vivant, puisque la nature seule lui fournit les éléments sensibles ou les formes expressives dont il dispose, et que le Beau réel, disons mieux» les idées divines elles-mêmes, trouvent une manifestation magnifique et souvent sublime dans l'art de la nature. Mais la nature est finie ; ses œuvres sont donc imparfaites et finies. Par l'action des lois du monde, par l'influence des causes perturbatrices, et plus souvent encore, par l'abus de la liberté humaine, les types réalisés dans les objets peuvent s'altérer, se défigurer, se dégrader et ne plus offrir qu'une image lointaine, une copie défectueuse et infidèle du type idéal et divin. Le désordre partielltrouve donc sa place dans le mouvez

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ment do Tordre général ; le laid elle hideux se rencontrent à côté du beau et du sublime, et bien que ces contrastes puissent avoir leur raison [d'être dansTensemble, ils ne laissent pas d'offrir des anomalies et des dégradations profondes dans le détail. Se borner, par conséquent, à imiter la nature, à ne copier que le réel, reproduire le réel, quel qu'il soit, uniquement parce qu'il est dans la nature, ne faire, en un mot, que du réalisme dans l'art, ce n'est plus lui donner pour objet la réalisation du Beau, c'est le condamner à ne plus être que l'instrument humilié des caprices les plus contraires de la réalité. C'est déposer dans son sein le germe d'une anarchie profonde et d'une décadence sans remède.

En effet, si le Beau idéal et parfait, aperçu par l'intelligence dans la source éternelle de toute beauté, n'est pas fixé constamment devant nos regards, pour élever, ennoblir et transfigurer le Beau réel; bien plus, si l'idéal artistique lui-même n'est pas soutenu, dirigé, tout au moins maintenu dans certaines limites par Tidéal moral, alors il arrive inévitablement à l'artiste, dans le domaine de son art, ce qui arrive à tout homme dans la conduite de la vie, quand cessant d'être guidé par Tidéal, il ne suit que les impulsions de l'habitude, des circonstances ou de l'instinct. Tout ce qui tend à nous élever tombe et s'évanouit. Le niveau des objets marque le terme de la perfection. L'idéal seul étant inépuisable et parfait, avec lui disparait tout ce

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