I. LnTRÊ. Préface du cours de Philosophie pasùive, p. IX
QuaBt à la sociologie, elle se résume dans la loi de riiistoire dont M. Comte prétend avoir fait la découverte et qu'il salue comme le point de départ d'une rénovation complète de la science. «Cette loi, ditril, consiste en ce que chacune de nos conceptions principales, chaque branche de nos connaissances passe successivement par trois états théoriques différents : l'état théologique ou fictif, l'état métaphysique ou abstraitj l'état scientifique onpositif.n
<( De là trois sortes de systèmes généraux de philosophie, ou de conceptions sur l'ensemble des phénomènes, qui s'excluent mutuellement. )>
« La première est le point de départ nécessaire de l'intelligence humaine ; la troisième son état fixe ou définitif ; la seconde est uniquement destinée à servir de transition. )i
« Dans l'état théologique ou religieux, l'esprit humain, dirigeant essentiellement ses recherches vers la nature intime des êtres, vers les causes premières et
finales de tous les effets qui le frappent ; en un mot, vers les connaissances absolues, se représente les phénomènes comme produits par l'action directe et continue d'agents surnaturels plus ou moins nombreux dont l'intervention arbitraire explique toutes les anomalies apparentes de l'univers, o
Dans l'état métaphysique (ou philosophique), « les agents surnaturels sont remplacés par des forces abstraites, véritables entités, inhérentes aux divers
êtres du monde, et conçues comme capables d'engendrer, par elles-mêmes, tous les phénomènes observés *. ))
« Enfin dans l'état positif y l'homme reconnaissant sa vraie position au sein de l'ordre dont il fait partie, comprend que l'ensemble des phénomènes est déterminé par les propriétés des choses d'où résultent des lois immuables ^. »
Ainsi, rétat théologique marque le point de départ ; l'état positif, le point d'arrêt; l'état métaphysique, la période de transition ; loi fatale et inflexible à laquelle rien n'échappe et qui assure, quoi qu'il advienne, dans un avenir donné, le triomphe du positivisme.
Dans l'état théologique^ l'esprit humain a eut besoin, par une hypothèse instinctive et nécessaire, de faire tout à son image, et d'importer les idées dans les choses, en attendant que, par une lente réaction, l'expérience importât les choses dans les idées ^. » Il conçoit d'abord tous les corps extérieurs comme animés d'une vie analogue à la nôtre et voilà le fétichisme. Ensuite il réserve à quelques êtres privilégiés le caractère divin qu'il attribuait d'abord à l'ensemble des êtres individuels et de là le polythéisme. Généralisant encore, et s'élevant à l'idée de l'unité, à mesure qu'il saisit mieux l'ordre de l'univers, il concentre, pour