LiTTRÉ, Conservation etc., p
EN FRANCE. il
ainsi dire, en un être unique, la divinité qu'il concevait '• primitivement comme répandue dans tout Tunivers, et donne ainsi naissance au monothéisme. Parmi les ^l diverses formes de cette conception religieuse,le catho- "*^. licisme marque la plus parfaite, et son avènement a ^ inauguré un progrès important de la civilisation. Mais -^ comme il ne répond plus à notre conception scienti- . fîque du monde et à Tétat mental des générations *■ actuelles, il est visible qu'il a achevé son temps et doit F faire place à Tétat positif.
Chaque phase de l'état théologique caractérise un état social en harmonie avec les croyances régnantes. Au fétichisme correspond l'état sauvage ; au polythéisme la civilisation grcco-latinCy au monothéisme le régime cathoUco-féodaL Chaque phase marque un progrès sur celle qui précède. Chacune est un acheminement à celle qui suit, a L'humanité, suivant M.Taine, est un théorème qui marche, » et l'état positif sera la conclusion finale de toutes les prémisses de l'histoire.
L'état métaphysique ne peut donc offrir qu'une période de transition. Son rôle est essentiellement critique et sa fonction purement révolutionnaire. Sous l'action lente de son analyse , il décompose les croyances théologiques aussi bien que le principe des institutions sociales, et prépare ainsi la Révolution qui met fin au régime théologique et féodal du moyen âge et dont r«iction se fait Sentir encore sous nos yeux. Nous sommes, à l'heure qu'il est, dans cette période de
transition. Le passé théologique et féodal s'évanouit de plus en plus. La critique des méthaphysiciens continue son œuvre de désagrégation et la science modifiant toujours plus profondément la conception du monde, prépare peu à peu Tavènement du régime positif.
Ce régime une fois établi, plus de théologie, ni de métaphysique, plus de croyance ni philosophique, ni religieuse au monde surnaturel et divin. L'état politique sera en parfait équilibre avec Tétat mental et le socialisme achèvera d'établir l'harmonie des institutions politiques avec la science.
La recherche des causes premières et finales une fois supprimée, toutes les notions théologiques et métaphysiques éliminées comme autant de vaines fictions de l'esprit, et le programme du savoir humain se bornant rigoureusement aux faits de Texpérience sensible, quel sera l'objet et le rôle de la philosophie ? Elle est, dit M. Littré, « une classification systématique des sciences et l'exposition des principes les plus généraux que renferme chaque science ^ » Cessant d'avoir une existence à part et un objet déterminé, « elle est, dans Yerisemblc des sciences qui donnent la connaissance de Y ensemble des choses *, » et dans cet ensemble « rien n'est omis, rien, si ce n'est ce qui est inaccessible à l'esprit de l'homme, la re-