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I. — L'origine darwiniste de l'homme au point de vue

géologique.

Les restes certains et authentiques les plus anciens de l'homme primitif et antédiluvien sont les crânes et les squelettes découverts dans le cimetière de Solutré dans le Maçonnais, par M. de Ferry, en 1865, et dans la grotte du Cro- Magnon dans la Dordogne par M. Lartel, en 1868.

Quelques darwinistes avaient invoqué jusque-là, à Tappui de Torigine simienne de l'homme, le crâne d*Engis trouvé en Belgique et le crâne du Néanderthal, trouvé près de Dusseldorf. L'un et l'autre ne sont que des morceaux très-incomplets. Dans le premier, la base entière manque, ainsi que les os de la face, de sorte qu'il est impossible de mesurer l'angle facial. L'anthropologiste le plus accrédité de nos jours, M. Pruner-Bey, n'y voit qu'un crâne de femme appartenant à la race celtique, et par conséquent relativement très-moderne. — Le crâne du Néanderthal aussi n'est qu'un fragment ; et de plus, aucun débris d'animal, aucun silex taillé caractérisant l'époque ne fut trouvé près de ce crâne. Il n'y a

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On le voit donc, les darwinistes étaient mal fondés à revendiquer, à l'appui de leur théorie, ces premières découverte» de l'anthropologie primitive. Mais les découvertes subséqucîritcs devaient renverser, d'une façon plus éclatante, leur thé<irie. De la grotte de Cro-Magnon, M. Lartet, outre quelquoH parties de squelettes, tira trois crânes. Près de ces crAnos on trouva de notables restes de mammouth, preuve (|U(î CM squelettes appartiennent à la première période de l'époque (|ua ternaire. Ces crânes diffèrent peu du type actuel. M. Hroca, dans les Mémoires de la Société d'anthropologie, fait rcîinarqucr qu'ils présentent une réunion remarquable de caractères do supériorité et de caractères d'infériorité. « Le

grand volume du cerveau, dit-il, le développement de la région frontale, la belle forme elliptique delà partie antérieure du profil du crâne, la disposition orthognathe de la région faciale supérieure, d'où résulte une ouverture, considérable de l'angle facial de Camper, sont d'incontestables caractères de supériorité, qu'on n'est habitué à rencontrer que chez les races civilisées. D'un autre côté, la grande largeur de la face, le prognathisme alvéolaire, l'énorme développement de la branche de la mâchoire, l'étendue et la rudesse des surfaces d'insertion des muscles, fait naître immédiatement l'idée d'une race violente et brutale. » D'après M. Pruner-Bey, ces crânes sont analogues à ceux des Laponà, des Finnois et des Esquimaux de nos jours. Cet éminent anthropologiste donne le nom de race mongoloïde primitive à ces premiers habitants de la France.

Les squelettes du cimetière de Solutré mènent à la même conclusion. Une cinquantaine de squelettes ont été, jusqu'à présent, extraits de ce vaste ossuaire. Les nombreux restes de rennes, quelques restes d'aurochs et de mammouth indiquent qu'il faut faire remonter l'âge de ces sépultures à l'époque du renne, vers la fin de Tépoque géologique dite quaternaire. M. Pruner-Bcy, dans ^onmémoive Le Maçonnais préhisto^ rique (Mâcon, 1869), en étudiant ces crânes, les rapporte tous au même type mongoloïde, tel à peu près que nous le trouvons encore aujourd'hui chez les Lapons, les Finnois, les Groënlandais, les Esthoniens, les Esquimaux et même les Tarlares. C'est encore au même type, toujours d'après le même savant, qu'il faut rapporter les deux crânes trouvés par M. Dupont dans la caverne de Furfooz en Belgique, aussi bien que le crâne de vieillard trouvé par M. Brun dans la grotte de Bruniguel (Tarn et- Garonne). En mesurant l'angle facial de celui-ci, on remarque qu'il ne diffère pas de celui de l'homme qui habite aujourd'hui les mêmes climats. La fa-

mcuse mâchoire humaine découverte déjà en 1863 par Boucher de Perthes au moulin Quignon près d'Abbevilie, de l'aveu de presque tous les anthropologues, ressemble à celle d'un homme de nos jours. La même remarque pourrait se faire pour d'autres débris de crânes humains paraissant remonter à une époque fort ancienne ; tels sont la mâchoire trouvée par M. Dupont dans la grotte de La Maulette près de Dinant Belgique); ^ un frontal et un pariétal humain extrait en 1866 du lehm de la vallée du Rhin, à Eguisheim, près Colmar, par le docteur Faudel ; — un crâne rencontré près d'Arezzo par le professeur Bocchi, de Florence.

C'est donc contre eux-mêmes que les darwinistes et les matérialistes contemporains ont invoqué l'anatomie de l'homme primitif, et ce qu'il faut conclure, comme le dit si bien M. Figuier dans son livre remarquable, L* Homme primitif, dont sont tirés plusieurs des détails qui précèdent, c c'est que les plus anciens crânes humains connus ne différent pas d'une façon notable du type actuel. »

Mais ce qui achève de renverser la théorie darwinienne appliquée à l'homme, c'est la présence dans ces cavernes des nombreux produits de l'induslrie humaine à cette époque reculée, et les monuments d'un culte des morts. Et, en effet, les premières traces de l'existence de l'homme primitif, ce furent les nombreux instruments fabriqués par une main intelligente. Les fouilles d'Abbevillc et de Saint-Acheul avaient mis au jour une quantité innombrable de haches en silex, de pointes de lance, de flèches, de couteaux, des casse têtes, des racloirs, le tout en silex travaillé avec une certaine habileté. A Aurignac, à Cro-Magnon. à Solutré et en bien d'autres endroits, c'étaient des os d'animaux portant la trace d'instruments tranchants, brises dans le sens de la longueur comme pour en extraire de la moelle ; puis ce sont des coquilles percées d'un trou pour former des colliers et des bracelets ;

quelques dessins grossiers, représentatioa de la tète humaine ou de quelque animal, gravés sur ces silex ; puis, plus tard, à répoque des hommes de Solutré et d'autres cavernes de la même époque, le bois du renne tend à supplanter le silex, comme matière des outils et des instruments de l'homme primitif. Ce sont, en effet, des flèches, des aiguilles, des poinçons, des manches de poignard, des harpons, des colliers et des bracelets en bois de renne sculptés, portant très-souvent des dessins extrêmement curieux, soit de fantaisie, soit représentant des animaux de cette époque ou même des figurines humaines. L'intelligence industrieuse et inventive de l'homme éclate donc de toutes parts, aussi clairement que dans les œuvres du génie et de l'industrie modernes • Quel est le singe, s'écrie avec raison M. L. Figuier, qui fabrique avec des silex des haches et des flèches I » Qu'on ajoute à tout cela les traces de l'usage du feu, des os calcinés, des foyers grossiers à demi-conservés..., et qu'on prouve enfin, qu'à un moment quelconque de son existence, l'humanité, quelque sauvage et incivilisée qu'on la suppose, était dépourvue de la raison qui combine et invente.

La manière dont cet homme primitif ensevelissait ses morts n'est pas moins remarquable. Tous ces objets ci-dessus, ces haches, ces instruments, ces objets de parures, étaient déposés avec le cadavre sous le caveau sépulcral ; ces amas d'os, brisés pour en extraire la moelle, ces autres os calcinés, ce foyer devant le lieu de sépulture, ne sont ce point les indices d'un repas funéraire, qui réunissait, devant la tombe même, à peine refermée, les parents et les amis du défunt ? Ces amas d'os de mammouth et de renne, retrouvés à côté des squelettes humains, sont les restes des quartiers de viande, déposés dans la tombe en guise de provisions de voyage ; cette grotte servant de tombeau et si bien close par une dalle qui en scelle pour ainsi dire l'entrée, ou cette voûte fermée par de

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Ur;*v» (Ullfs an-desBOS du foyer, chauffé pour receyoir le cadavre comaie dans nu large cercueil de pierres, tout cela dispose aTec uo soia pieux» n*iQdique-t-il pas combien ce sauva^re sent que tout n'est pas fini avec la yie du corps ? Comment les sépultures dWurignac, de Gro Magnon, de So- Intrê et autres, nous offriraient-elles tous ces détails, toutes CCS armes» toutes ces provisions, si, pour l'homme primitif, celui qu'il ensevelissait ainsi, ne devait plus se réveiller, ou s'il ne devait pas accomplir quelque grand voyage aux terres inconnues?

De cette foi à l'immortalité, à la croyance en Dieu, il n'y a pas loin, et cette induction est corroborée par la présence, dans les sépulcres, de certains objets aux formes étrans^ et mystérieuses, coquilles, pierres brillantes, fragments de minerais divers^ percés au milieu, et autres objets analogues qui semblent avoir été avec raison considérés comme des amulettes et des marques superstitieuses, comme des symboles de croyances religieuses, et par conséquent un hommage rendu à la divinité. Certes, ce n'était point là un singe perfectionné, grâce à la sélection naturelle de M. Darrwin.

n. — Origine de Thommc au point de vue

anatomique (').

Au sujet de cette question si passionnément agitée par quelques disciples de Darwin, M. de Quatrefages, dans son Rapport sur les progrès de V anthropologie, publié en 1838, en résumant plusieurs travaux contemporains, établit les points suivants :

1 . L'origine simienne de rhomme a été professée, entre autres, par M. Abolit et Théophile Gauthier, ainsi que par M. Duruy, ancien ministre de l'instruction publique.

1 . L*homme est un animal marcheur ; tous les singes sont des animaux grimpeurs. Aussi dans les deux groupes tout l'appareil locomoteur porte l'empreinte de ces destinations fort différentes. Ce résultat important ressort d'une foule de recherches de détail, et démontre que le type singe, en se perfectionnant, ne perd en rien ce caractère fondamental et reste toujours parfaitement distinct du type humain. Celui-ci ne peut donc dériver de celui-là.

2. C'est un fait incontestable que les trois singes anthropomorphes orang, gorille, chimpanzé, tout en présentant les mêmes caractères généraux et essentiels des grimpeurs, ne sont pas les membres d'une même famille, mais les termes correspondants supérieurs de trois séries distinctes. La doctrine darwinienne, adaptée au fait de l'apparition de l'homme, en ne tenant même compte que des caractères morphologiques extérieurs, conduirait donc à dire que l'homme, chez qui tout révèle le marcheur, ne peut appartenir à aucune de ces trois séries, mais ne peut être que le terme supérieur d'une quatrième série disthicte dont les représentants ont disparu ou échappé jusqu'à ce jour. Si, pour se soustraire à cette conclusion, les darwinistes disaient qu'arrivé au degré d'organisation accusé par les anthropomorphes, l'organisme a subi une impulsion nouvelle et s'est trouvé modifié pour la marche, ce serait une hypothèse de plus, et Ton ne pourrait plus invoquer la gradation organique, présentée par l'ensemble des quadrumanes et qui fait la base de la théorie de Darwin.

3. Le développement des appareils sensitif et végétatif, des systèmes de locomotion et de reproduction, suit un ordre inverse dans rhommc et dans le singe 11 en est de même pour les phénomènes du développement individuel. Ainsi, chez le singe, les dents molaires vont en augmentant de volume de la première à la dernière ; chez l'homme, c'est le contraire.

— L'angle sphéaoïdal de Virchow diminue chez l'homme à partir de la naissance, et s'agrandit chez le singe. — Pour le cerveau lui-même, on a fait grand bruit de Tanalogie qui existe dans l'arrangement des plis cérébraux entre l'homme et les anthropomorphes adultes. Mais chez le singe les plis ou sutures antérieures du frontal se forment d'abord avant celles du lobe moyen ou de la région postérieure du crâne. Chez l'homme, les sutures du front se forment en dernier lieu. Son Aront s'élargit à mesure qu'il grandit ; chez le binge il se rétrécit. Il est évident que lorsque deux êtres suivent ainsi dans leur développement une marche inverse, le plus élevé ne peut descendre de l'autre par voie d'évolution. L'embryogénie vient donc ajouter son témoignage à celui de Fanatomie et de la morphologie.

Par conséquent, il faut considérer comme absolument vrai ce que dit Gratiolet : Le cerveau du singe n*est pas un cerveau d'homme frappé d*arrêt de développement ^ ni le cerveau de l'homme un cerveau de singe développé. — Ce que dit.Bert : En se perfectionnant , les singes ne se rap^ procheni pas de l'homme^ et en se dégradant ^ Vhomme ne se rapproche pas du singe, — Ce que dit M. Bruner-Bey : Pas de passage possible entre l'homme et le singe, sinon à la condition d'intervertir les lois du développement.

4. Les arguments des darwinistes se réduisent à des exagérations de ressemblance morphologiques, à des inductions tirées de quelques faits exceptionnels qu'on généralise, à quelques coïncidences dans lesquelles on suppose des relations de cause à effet, puis enfin à un appel aux possibilités d'où l'on tire une conclusion plus ou moins affirmative. Ainsi :

A. L'analogie de la main osseuse de rhomme et de certains singes n'est pas un argument ; car la musculature du pouce de rhomme établit une différence profonde et accuse une adaptation à des usages très-différents .

B. L'articulation de l'épaule qui permet aux anthropomorphes des mouvements de rotation ne constitue pas une véritable ressemblance ; car déjà la forme seule des os montre que les mouvements ne sauraient être les mêmes ; la musculature surtout présente des différences tranchées, accusant encore des adaptations spéciales.

C. La voûte du crâne qui ojiez quelques races humaines (néo-calédonien-australien) s'infléchit vers les deux côtés et se relève vers la ligne médiane, n'est point un acheminement vers les crêtes osseuses de certains anthropomorphes. Chez ces derniers, les crêtes osseuses se détachent des parois du crâne et ne font nullement partie de la voûte.

D. De ce que l'orang serait brachycéphale, comme le malais dont il est compatriote, tandis que le gorille et le chimpanzé sont dolichocéphales comme le nègre, il n'y a pas de raison pour regarder le premier comme le père des populations malaises, et les seconds comme les ancêtres des races africaines. Car les faits seraient-ils exacts, il ne s'en suit point que la conséquence serait démontrée. Mais cette coïncidence n'existe pas. L'orang, originaire de Bornéo, y vit au milieu, non des Malais, mais des Dayaks qui sont dolichocéphales. Et la dolichocéphalie des gorilles n'est pas générale, puisque sur trois femelles de ce singe, deux sont brachycéphales

E. Les ressemblances des microcéphales avec le cerveau simien n'indiquent pas une conformation intermédiaire, normale à une époque antérieure, mais qui, aujourd'hui, ne se réalise que par un arrêt de développement. Car Gratiolet a démontré que ces ressemblances sont purement illusoires. Chez les microcéphales, le cerveau humain se simplifie, mais le plan initial n'est pas changé. Le cerveau humain diffère d'autant plus du simien qu'il est moins développé, et un arrêt de développement ne pourrait qu'exagérer cette différence na-

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turelle. Il n'y a donc aucun rapprochement à faire entre le cerveau humain amoindri et le cerveau animal, quelque développé qu'il soit.

« Donc, conclut M. de Quatrefagcs, la théorie de l'origine simienne de l'homme n'est qu'une pure hypothèse, ou mieux, un simple jeu d'esprit en faveur duquel on n'a pu invoquer encore aucun fait sérieux, et dont, au contraire, tout démontre le peu de fondement, i

L'Académie des sciences semble avoir ratifié ce jugement, en refusant, au mois de juin de cette année 1872, d'admettre M. Darwin au nombre de ses correspondants, après avoir discuté pendant quatre jours ses titres scientifiques. Un Danois, M Lowe, lui fut préféré à la presque unanimité.

m. — Âatres signes distinctifs des deux organismes .

Dépression du crâne simien à mesure que l'âge avance, à cause de l'ossification prématurée de la partie antérieure de ce crâne.

Mâchoire s'allongeant en museau, et retrait de l'os maxillaire inférieur, tandis que chez l'homme, il forme la saillie du menton.

Séparation entre les dents canines et les dents incisives, tandis qu'elle n'existe chez l'homme d'aucun âge et d'aucune race.

Quant au volume, le crâne de l'homme le plus dégradé et du dernier sauvage présente proportionnellement une capacité double de celle qui caractérise le crâne de gorille le plus vaste.

Les organes de la vie de relation que Buffon prétendait identiques, présentent des différences assez remarquables. Ainsi, entre autres, le singe possède dans le larynx, des

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espèces de poches où Tair s'engouffre et d'où il ne peut sortir qu'avec un murmure sourd qui s'opposerait à toute articulation.

Les bras du singe sont plus gros et plus longs que les jambes, la paume de la main relativement moins large, le pouce moins avancé, les doigts sans un mouvement indépendant.

Son pied n'est pas conformé pour la marche. Il n'a pas de talon, ne pose à terre que par son tranchant, ce qui, avec la structure de la colonne vertébrale à laquelle la tête ne tient que par derrière et non par sa base, ne lui permet pas de prendre une position verticale, et l'oblige de se servir de ses mains pour la marche.

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