‹ Les doctrines romaines sur le libéralisme envisagées dans leurs rapports avec le dogme chrétienChapitre 28 sur 69 · VII. — A.iiouiie aatpe base Indépendante de l'bomine · texte numérisé non relu

VII. — A.iiouiie aatpe base Indépendante de l'bomine

ne lui a été •ubetltiiée*

A cette heure, l'une des plus critiques que la société humaine ait jamais traversées, elle se trouva en présence d'une inévitable alternative, et elle eut à choisir entre deux partis. 'Ou bien à la place de cette base divine, que la royauté de Jésus-Christ lui avait jusque-là fournie, ses recon-

structeurs lui fourniraient une autre base également supérieure à la volonté de l'homme ; ou bien les droits et les pouvoirs sociaux se présenteraient, désormais, comme des créations purement humaines.

En présence d'une pareille alternative, on ne pouvait longtemps hésiter. Gréer un autre ordre divin, pour remplacer l'ordre chrétien renversé, était une entreprise trop évidemment contradictoire, pour qu'on pût sérieusement la tenter. On mit bien le nom de Dieu en tête de la déclaration des droits de l'homme ; mais ce Dieu était celui du Déisme, qui ne s'occupe pas des aôaires humaines ; aussi eut-on hâte de proclamer qu'il n'y avait, dans la société humaine, aucun pouvoir dont la société elle-même ne fût le principe (1). La secte qui venait d'opérer cette révolution n'eut rien de plus à cœur que le renversement de la royauté effective de Dieu. Elle fit surtout consister son triomphe à ne laisser subsister, audessus de l'homme, aucune autorité supérieure à

(1) Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peuvent exercer d'autorité qui n'en émane expressément. (Déclaration des droits de l'homme, aii. 3.)

structeurs lui fourniraient une autre base également supérieure à la volonté de Thomme ; ou bien les droits et les pouvoirs sociaux se présenteraient, désormais, comme des créations purement humaines.

En présence d'une pareille alternative, on ne pouvait longtemps hésiter. Créer un autre ordre divin, pour remplacer Tordre chrétien renversé, était une entreprise trop évidemment contradictoire, pour qu'on pût sérieusement la tenter. On mit bien le nom de Dieu en tête de la déclaration des droits de l'homme ; mais ce Dieu était celui du Déisme, qui ne s'occupe pas des affaires humaines ; aussi eut-on hâte de proclamer qu'il n'y avait, dans la société humaine, aucun pouvoir lont la société elle-même ne fût le principe (1). .a secte qui venait d'opérer cette révolution 'ont rien de plus à cœur que le renversement td- la royauté effective de Dieu. Elle fit surtout nsister son triomphe à ne laisser subsister, aussus de l'homme, aucune autorité supérieure à

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€ prit de révolte les anime. Et de l'autre, dans € ces mêmes temps d'anarchie, et chez ces mêmes « peuples, le pouvoir social accroît sans cesse ses € prérogatives; il devient plus centralisé, plus € entreprenant, plus absolu, plus étendu. Les ci- % toyens tombent à chaque instant sous le contrôle « de l'administration publique; ils sont entraînés, € insensiblement et comme à leur insu, à lui sa- « crifier tous les jours quelques nouvelles parties € de leur indépendance individuelle ; et ces mêmes € honmies, qui, de temps à autre, renversent un € trône et foulent aux pieds des rois> se plient de « plus en plus sans résistance aux moindres vo- « lontés d'un commis. »

Depuis le jour où M. de Tocque ville écrivait ces lignes, les pouvoirs civils n'ont assurément renoncé à aucune de leurs prétentions; et, tout en continuant à mettre chaque jour en question leur existence, les peuples ne se sont pas montrés moins empressés à accroître sans cesse et sans mesure leurs attributions. Intérêts des provinces et des communes, éducation, bienfaisance, beaux-arts, industrie, tout est directement ou indirectement sous la main de l'État. On dirait, pour me servir de l'expression de M. de Tocque-

ville, que le pouvoir en veut arriver jusqu'à nous délivrer entièrement du trouble de penser et de la peine de vivre.

L'anarchie et la servitude, c'est-à-dire les deux plus mortelles maladies des sociétés, tels sont pour la société moderne les résultats les plus nets de ses progrès tant vantés. A d'autres époques, les peuples oscillèrent entre ces deux extrémités funestes, et passèrent violemment de l'une à l'autre ; mais au moins le despotisme les délivrait de l'anarchie, et l'anarchie les affranchissait du despotisme. Mais nous, nous avons trouvé l'art de réunir ensemble deux fléaux qui semblent s'exclure, de rendre le pouvoir moins stable sans le rendre moins oppressif; de lui ôter tout ce qui lui permettrait de sauvegarder nos droits, sans diminuer en rien l'écrasant fardeau qu'il fait peser sur nos libertés.

IV*— La grand problème del* société modenàe.

De ces faits évidents et indiscutables naît le problème, que, sans la moindre exagération, nous pouvons nommer le grand problème de la société

que la monarchie limitée de Guillaume d'Orange ne renoncèrent à être des États chrétiens, et ne renièrent laroyauté sociale de l'Homme-Dieu. Donc, en dépit de toutes les inconséquences d'application, ce grand principe avait été, durant quatorze siècles, unanimement reconnu par les peuples de l'Europe ; il leur avait servi de lien, au milieu même de leurs rivalités et de leurs luttes, et il les avait réunis en un grand corps qui se nommait la chrétienté.

Les bouleversements les plus profonds n'avaient pu atteindre cette base commune de tous les droits sociaux; aussi, lorsque l'un de ces droits était méconnu et renversé, les autres n'en restaient pas moins debout. La loi de Jésus-GJirist était universellement reconnue comme la règle et la sanction des lois civiles ; tous les pouvoirs faisaient profession de relever de son pouvoir ; le père dans sa famille, le magistrat sur son tribunal, le monarque sur son trône, commandaient au nom de Jésus-Christ ; et les enfants, les citoyens, les sujets, étaient persuadés qu'ils ne pouvaient leur désobéir sans désobéir à Jésus-Christ luimême* Tous les droits humains étaient, par là même, revêtus d'une §;anction divine; toutes les

sociétés particulières étaient autant de rameaux vivants, se rattachant à la grande société chrétienne, comme au tronc qui leur communiquait sa sève féconde, et les faisait participer 4 soo immuable solidité .

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