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Mais voilà qu'au dernier siècle, une conspiration, où il est permis de voir le chef-d'oeuvre de la tactique infernale, réussit à séparer les rameaux du tronc, et à renverser la divine base sur laquelle reposait, depuis quatorze siècles, la société chrétienne. C'est ce qui distingue la Révolution française de toutes celles qui l'avaient précédée, et ce qui en Ésdt par excellence la révolution. Elle ne s'est pas attaquée seulement au couronnement politique de la société, ni à ces institutions sociales qui forment comme le corps de l'édifice; mais à la base religieuse, qui donne leur consistance à tous les pouvoirs politiques et à toutes les institutions sociales. Cette sécularisation de l'ordre civil, que le despotisme des empereurs d'Al-
lemagne et des rois de France avait essayée, la démocratie révolutionnaire l'a consommée ; sous le nom de liberté des cultes, elle a établi entre la société et la religion une séparation complète. Jésus-Christ a donc été mis hors la loi ; les pouvoirs humains, en refusant de demeurer soumis à son autorité divine, ont renoncé à l'appui dont ils lui étaient redevables. I^es droits de Dieu ont été dès lors, aux yeux des pouvoirs publics, comme non avenus, et les droits de l'homme n'ont plus eu de sanction supérieure à l'homme. La société a cessé d'être chrétienne ; et, dès ce moment, elle a dû renoncer à la stabilité que ses lois et ses institutions empruntaient aux dogmes chrétiens.