VII. — A.iiouiie autre base Indépendante de l'bomme
ne lui a été •ubetltiiée*
A cette heure, l'une des plus critiques que la société humaine ait jamais traversées, elle se trouva en présence d'une inévitable alternative, et elle eut à choisir entre deux partis. 'Ou bien à la place de cette base divine, que la royauté de Jésus-Christ lui avait jusque-là fournie, ses recon-
structeurs lui fourniraient une autre base également supérieure à la volonté de l'homme ; ou bien les droits et les pouvoirs sociaux se présenteraient, désormais, comme des créations purement humaines.
En présence d'une pareille alternative, on ne pouvait longtemps hésiter. Créer un autre ordre divin, pour remplacer l'ordre chrétien renversé, était une entreprise trop évidemment contradictoire, pour qu'on pût sérieusement la tenter. On mit bien le nom de Dieu en tête de la déclaration des droits de l'homme; mais ce Dieu était celui du Déisme, qui ne s'occupe pas des afiaires humaines ; aussi eut-on hâte de proclamer qu'il n'y avait, dans la société humaine, aucun pouvoir dont la société elle-même ne fût le principe (1). La secte qui venait d'opérer cette révolution n'eut rien de plus à cœur que le renversement de la royauté eflFective de Dieu. Elle fit surtout consister son triomphe à ne laisser subsister, audessus de l'homme, aucune autorité supérieure à
(1) Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peuvent exercer d'autorité qui n'en émane expressément. (Déclaration des droits de l'homme, aii. 3.)
a6 LE PROBLEME
lemagne et des rois de France avait essayée, la démocratie révolutionnaire l'a consommée ; sous le nom de liberté des cultes, elle a établi entre la société et la religion une séparation complète. Jésus-Christ a donc été mis hors la loi ; les pouvoirs humains, en refusant de demeurer soumis à son autorité divine, ont renoncé à l'appui dont ils lui étaient redevables. I.es droits de Dieu ont été dès lors, aux yeux des pouvoirs publics, comme non avenus, et les droits de l'homme n'ont plus eu de sanction supérieure à l'homme. La société a cessé d'être chrétienne ; et, dès ce moment, elle a dû renoncer à la stabilité que ses lois et ses institutions empruntaient aux dogmes chrétiens.