VII. — A.uouiie autpe base Indépendante de l'bomme
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A cette heure, l'une des plus critiques que la société humaine ait jamais traversées, elle se trouva en présence d'une inévitable alternative, et elle eut à choisir entre deux partis. 'Ou bien à la place de cette base divine, que la royauté de Jésus-Christ lui avait jusque-là fournie, ses recon-
structeurs lui fourniraient une autre base également supérieure à la volonté de l'homme ; ou bien les droits et les pouvoirs sociaux se présenteraient, désormais, comme des créations purement humaines.
En présence d'une pareille alternative, on ne pouvait longtemps hésiter. Gréer un autre ordre divin, pour remplacer l'ordre chrétien renversé, était une entreprise trop évidemment contradictoire, pour qu'on pût sérieusement la tenter. On mit bien le nom de Dieu en tête de la déclaration des droits de l'homme ; mais ce Dieu était celui du Déisme, qui ne s'occupe pas des affaires humaines ; aussi eut-on hâte de proclamer qu'il n'y avait, dans la société humaine, aucun pouvoir dont la société elle-même ne fût le principe (1). La secte qui venait d'opérer cette révolution n'eut rien de plus à cœur que le renversement de la royauté effective de Dieu. Elle fit surtout consister son triomphe à ne laisser subsister, audessus de l'homme, aucune autorité supérieure à
(1) Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peuvent exercer d'autorité qui n'en émane expressément. (Déclaration des droits de l'homme, ai*t. 3.)
rhomme. Qu'était-ce que cela, sinon livrer tous les droits à la merci des passions qu'ils contrarient, subordonner les lois aux multitudes aveugles qu'elles doivent gouverner, soumettre les pouvoirs aux caprices des sujets qu'ils doivent conduire; priver en un mot la société de toute base, et la livrer sans défense aux deux ennemis, qui ont conspiré pour sa ruine : au despotisme qui l'écrase et à l'anarchie qui la dissout.
Voilà ce que déjà la simple constatation des faits nous démontre. Bientôt une considération plus approfondie de la nature des choses nous révélera, comme une nécessité inévitable, ce qui déjà nous apparaît comme une incontestable réalité.