‹ Les doctrines romaines sur le libéralisme envisagées dans leurs rapports avec le dogme chrétienChapitre 7 sur 69 · VI OPPORTUNITÉ ET OBJET PRÉCIS · texte numérisé non relu

VI OPPORTUNITÉ ET OBJET PRÉCIS

font profession de croire à l'enseignement traditionnel, et d'accepter en théorie l'autorité de l'Eglise. Mais dans l'enseignement de la tradition ils font deux parts : l'une qu'ils croient essentielle et qu'ils consentent à conserver ; l'autre qu'ils jugent accidentelle et qu'ils n'hésitent pas à répudier. De même dans les actes pour lesquels l'E glise exerce son autorité, ils établissent une distinction : ceux par lesquels l'Eglise condamne les erreurs anciennes, ils les acceptent ; ceux par lesquels elle proscrit certaines erreurs modernes, ils les repoussent. Au contraire, ils invitent l'Eglise à embrasser, comme des vérités utiles, ces erreurs qu'elle a condamnées à cent reprises comme pernicieuses par l'organe de ses suprêmes Pasteurs. Ils l'adjurent de reconnaître, au moins tacitement, qu'elle s'est trompée sur la véritable interprétation de l'Evangile, et que les sociétés qui ont fait divorce avec elle ont mieux compris qu'elle la pensée de son divin Fondateur.

Tant que les Papes ont été seuls à repousser de semblables prétentions, leurs fauteurs appuyaient leur désobéissance sur la doctrine gallicane de la faillibilité du Pape ; et ils exaltaient alors les droits des conciles. Mais voilà que le concile se

DE LA PRESENTE DISCUSSION vu

rassemble, et rien n'autorise à espérer qu'il sera plus favorable que les Papes aux témérités des novateurs. Que faire alors? Protester d'avance contre la sentence du concile ; et, par des brochures anonymes ou par des manifestes bruyants, condamner les doctrines romaines comme contraires au véritable enseignement de Jésus^Ghrist. Tel est donc, en résumé, le programme de la gauche : élévation des idées libérales à la dignité de principes ; abandon et condamnation des traditions catholiques contraires à ces idées ; répndiation de l'autorité du Pape et de l'autorité même du concile, si le Pape et le concile refusât de sanctionner ces idées.

IV* — lie tiers iMirtl.

Entre le gros de l'armée catholique inviolablement fidèle aux vieilles doctrines et cette minime portion novatrice, déjà plus qu'à moitié passée à l'ennemi, il y a un parti mitoyen qui, tout en repoussant par loyauté les séditieuses tendances de la gauche, croit devoir, par prudence, repousser

Page 1