‹ Les documents secrets des archives du Ministere des affaires etrangeres de RussieChapitre 39 sur 58 · Traité entre la France et la Russie · texte numérisé non relu

Traité entre la France et la Russie

PENDANT son séjour à Pétrograd en janvier 191 7, M. Doumergue, premier plénipotentiaire français à la Conférence des Alliés, fit connaître le désir de la France de se procurer des garanties à la fin de la guerre actuelle, non seulement par la reprise de l'Alsace-Lorraine et par une position particulière dans la vallée de la Sarre, mais aussi par l'établissement d'une séparation politique entre l'Allemagne et ses provinces trans-rhénanes par l'organisation de ces dernières sur des bases particulières, de façon que le Rhin soit à l'avenir une frontière stratégique solide contre une invasion allemande. M. Doumergue exprima le désir que le Gouvernement russe ne se refuse pas à donner son agrément à ces projets.

Le ministre des affaires étrangères N. N. Pokrovski télégraphia à ce sujet à l'ambassadeur à Paris (^) qu'il consentait à satisfaire le désir de notre alliée, mais qu'il considérait comme son

(1) Le 20 (?) janvier [2 (?) février] 1917. Il réclamait en oulre notre consentement à la suppression de la servitude pesant sur les îles d'Aland. (Pravda, 10/28 nov. 1917).

devoir de rappeler le point de vue exprimé encore en février igi6 par S. D. Sazonov : (( donnant à l'Angleterre et à la France pleine liberté de fixer les frontières occidentales de l'Allemagne, la Russie demande qu'à son tour ses Alliés lui laissent une égale liberté au sujet de ses frontières avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie » (^).

Le Cabinet de Paris accepta ce point de vue ; après quoi il fut procédé à l'échange des deux documents diplomatiques suivants :

1° Par une note du i/i4 février 19 17, N. ]N. Pokrovski informa AI. Paléologue du consentement de la Russie au sujet des projets français relatifs à la détermination des frontières occidentales de FAllemagne.

2"" Le 26 tévrier/ii mars 1917, M. Izvolski, ambassadeur à Paris, communiqua le texte d'une note du ministre des affaires étrangères

(1) 2/j février/8 mars 1916. Dans ce télégramme, envoyé en vue de la Conférence des Alliés, Sazonov, après avoir protesté contre tout changement dans les conventions conclues au sujet des buts de guerre, réclamait en outre : 1° que la question polonaise soit exclue des règlements internationaux ; 2° que l'on s'efforce de détourner la Suède de faire la guerre à la Russie et que l'on attire la Norvège du côté des Alliés pour le cas 011 l'on ne réussirait pas à éviter la guerre avec la Suède; 3° que l'on cesse de solliciter inutilement la Roumanie ; 4° que la question de l'exclusion des Allemands du marché chinois soit réservée à une conférence à laquelle le Japon prendrait part. (Pravda, 10/23 nov. 1917.)

français reconnaissant à la Russie la pleine liberté de fixer ses frontières occidentales.

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