Les Anglais au Siam. (N° 3o
/. Loris-Metikov, ministre de Russie au Siam, à Kazakov, chef de la section d^ Extrême-Orient {11 /2ù septembre 1917).
I. — [Ne peut comprendre pourquoi on lui a télégraphié de se tenir à l'écart des compétitions entre Anglais et Français au Siam, en particulier dans la question de la réquisition
des navires allemands. Il l'a toujours fait. Des complications anglo-françaises au Siam sont toujours possibles. La politique très asiatique des Siamois y contribue. Le ministre français, M. Lefèvre-Pontalis, qui s'occupe de politique siamoise depuis environ 27 ans, m'a assuré plus d'une fois que le ministre des affaires étrangères reçoit une pension du gouvernement anglais.]
[Quoiqu'en 1894, l'Angleterre ait refusé de devenir suzeraine du Siam, elle s'est ravisée, et grâce à son énergie, ce pays est dans ses mains. Jusqu'à l'entrée du Siam dans la guerre, on disait ouvertement que son sort est fixé, qu'il deviendra en entier une colonie anglaise ou sera partagé entre TAngleterre et la France. On comprend par suite la con-trariélé causée aux Anglais par la résolution du roi de Siam, sur mon conseil, d'entrer dans la ligue des Puissances défendant la liberté et l'indépendance des petits Etats. Ils y virent avec raison Tintention du Siam d'échapper à leur trop puissante tutelle. Ils sefTorcèrent de l'empêcher par tous les moyens, en particulier en représentant aux Siamois que leurs soldats ne supporteraient pas les climats froids. Mais les Siamois, se sentant sur le terrain de l'indépendance,
répondirent avec ardeur à l'appel de leur roi d'aller sur le théâtre de la guerre. Les Anglais en furent fort étonnés et on leur entendit souvent dire que les Siamois s'enorgueillissaient. Les Anglais profitèrent de la déclaration de guerre à l'Allemagne pour accaparer toutes les places tenues par des Allemands. Ils voulurent aussi accaparer tous leurs navires, mais la France et le Japon s'y opposèrent.]
2. — [A reçu la liste des étrangers employés par le gouvernement siamois. 11 y a ii3 Anglais (occupant tous les postes ayant do l'importance économique); 27 Danois (dans la marine et la police) ; 20 Italiens (dans les services artistiques de la Cour) ; 20 Français (dans l'administration de la justice et dans les services de Bankok), etc. Il n'y a pas un Japonais : ils avaient été appelés avec enthousiasme après la guerre russo-japonaise, mais leur caractère envahissant a fait que leurs contrats n'ont pas été renouvelés.]